IV. MELIK-DAHER-BIBARS
AN 66l (1263).
« l’affection que j’avais pour vous. Oubliez maintenant toutes vos haines. « On fit venir l’émir Otbah ^ de la famille d’Okbah Lit (90), et autres Arabes de la tribu de Mahdi ; le sultan leur enjoignit de garder les provinces , et d’escorter lesvoyageurs versleHedjazjlS^I j ûüJI (91)- U ordonna de
abandonner son parti. On lit dans le Manhel-sâfi d’Abouimahâsen (tom. I, article de Timour) : iJls juaUs. ajÎ yj, « Il leur envoya le fils de sa sœur, qui devait feindre
«d’être en révolte contre lui.» Plus loin [ibid.) : A/ls ôj* * .
«Le premier malheur qu’éprouva Àbou-Yezid fut la révolte des latars contre lui. « Dans 1 histoire de Makrizi ( Solouk , tom. II, fol. 62 r°) : **^5® <( Ceux-ci étant révoltés. » Dans une Histoire d’ Égypte (de mon manuscrit, an. 5oi) : « Il commença par une défection. » Le
même verbe, suivi de la préposition , signifie : Embrasser le parti de quelqu’un. On lit dans le Manhel-sâfi (loc. laud.) : Jjic ^ iJI «Ceux qui s’étaient attachés à lui,
« après avoir quitté Abou-Yézid. »
(90) Au rapport de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (fol. 4 iS v°, 419 r°), Ie sultan ayant mandé l’émir Otbah, l’un des Benou-Okhah , et d’autres Arabes, de la tribu de Mahdi, dit au premier : « Émir « Otbah, hier, je te faisais du bien, et je te pardonnais tes fautes : j’agissais ainsi, à cause de la ville «de Karak. Aujourd’hui, que cette place est en mon pouvoir, oublions le passé. Maintenant, si « l’on vole à qui que ce soit seulement un fil , je te le redemanderai , et je t’en rendrai responsable. « Sache que ces contrées n’ont d’autre eau pour boire que celles des pluies qui se rassemble dans les « citernes. Quand les Arabes viennent boire à ces réservoirs, ou y abreuvent leurs chevaux , ces puits « restent à sec. Les habitants du bourg voisin se trouvent exposés au tourment de la soif, s’éloignent « de ce village , pour en chercher un autre. Le premier reste ainsi désert : telle est la cause de la dé- « population du pays. Je veux que les Arabes s’abstiennent de boire à ces citernes. Si quelqu’un d’eux « contrevient à cet ordre, il sera étranglé. » Les Arabes acceptèrent ces conditions. Le sultan choisit « des témoins qui souscrivirent l’engagement pris par l’émir Sâbek-eddin-Otbah et les autres scheïkhs «ou émirs. Il exigea d’eux des otages, et les chargea de maintenir la sûreté des routes et des cantons «jusqu’au Hedjaz.»
(91) Le verbe^.&A signifie : Protéger, escorter un voyageur durant sa route. On lit dans la Vie du
sultan Kelaoun (manuscr. de Saint-Germain, 118 bis, fol. 17.Ç v°), on lit : Jjjisrr . . .
.iiÀJ! «Les marchands doivent être escortés jusqu’à la frontière du pays.» Dans l’ouvrage
d’Ebn-Athir, ou plutôt de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (tom. VII, pag. 2) :
« Les Arabes qui maintiennent la sûreté des routes. » Dans la Vie de Bibars (manuscr, 8o3, fol. 23 v°) : “ R les astreignit à garantir la sûreté des cantons de la Syrie. »
Dans l’histoire de notre auteur ( Solouk , tom. I, pag. i65) : t ^1^*51. A la
deuxième forme, le verbe a la même signification. On lit dans le Inschâ (man. îbq'i, fol. 294 v°) : (J lj ^ ^0 j « 11 devait le protéger, lui et toutes les per-
« sonnes de sa suite, tant dans ses voyages que dans les lieux où il séjournait.» De là vient le mot khafir qui désigne , en général , un protecteur, et surtout celui qui escorte et défend les voyageurs
faire aux remparts et à la citadelle toutes les réparations nécessaires. On creusa le fossé, qui fut continué tout autour de la forteresse: ce qui n’avait pas eu lieu jus-
pendant leur route. On lit dans les Additamenta ad historiarn Arabum (pag. 25) :
« Il envoya avec moi un homme chargé de m’escorter. « Dans le Sahih de Bokhari (tom. 1, m. 242, fol. 178 v°) " La caravane se rendait à la Mecque sans escorte. »
Dans la Fie de Mahmoud par Otbi (fol. 225 r°) -.jJœ*. 'iîî " Les vents eux-
« mêmes s’y égarent, s’ils ne sont accompagnés d’un guide. >> Et on lit dans une note marginale :
\ L*ojlàJL) j « Le mot khafir désigne un guide , nommé, en persan, kalaouz. » Dans l’histoire de Makrizi [Solon/;, tom. 1 , pag. 166) : 1~4 1 iaÂsrf ^»ls! « Il plaça sur cha-
« que route des guides, chargés de protéger les voyageurs » Dans 1 ’ Histoire des Patriarches cl’ Alexandrie (tom. II, man. i/(o, pag. 102) : ’ïjlj aJ| p» ^iJI « Les Arabes qui sont les pro-
« tecteurs des monastères. » Dans la géographie d’Ebn-Haukal (m. p. 38) : jJlLjAh
« Il traversa leur pays sans avoir pris parmi eux un protecteur. » Dans Y Histoire d’Espagne de Makarri (tom. I, man. 704, fol. xi v°) : I^jLa. ^ «Nous ne trou-
« vons, dans cette circonstance , d’autre protecteur et d’autre guide que la grâce de Dieu. » Dans les poésies d’Abou’lalà (m. p. 1 3i) : * lUj'à ^ ^ « Ils n’avaient pas de guides pris dans notre
« nation. » Scharischi, dans son commentaire sur Hariri (séance XII), s’exprime en ces termes :
2Ul*J ! j ^3 JjbjJ! “ Le khafir est un protecteur qui garantit
« la sûreté des caravanes. Dans la langue vulgaire, il est nommé gafir. » C’est ainsi que dans le voyage de Burckhardt [Travels in Syria, pag. 466), on lit Le mot hhafir se trouve plusieurs fois dans le voyage de Niebuhr (tom. I, pag. 180), dans celui de Bruce [Voyage en Nubie, tom. I, pag. 274, 275, 276). Dans le Mémoire sur les finances d'Égypte de M. Estève (pag. i3), on lit : « Le « khafyr est un gardien chargé d’empêcher les vols , etc. » Et plus loin (p. 17) : «Le khafyr-eldouhar « est le gardien d’un village. » Dans le voyage de Cotovic [Itinerarium, pag. i34) , on désigne par le mot cafjararii ceux qui lèvent un droit sur les voyageurs. Le mot khifârah ïjlÂâ. signifie : i° La protection que l’on accorde soit à des personnes sédentaires, soit à des voyageurs . On lit dans le Kdmel d’Ebn-Athir (tom. V, pag. 261) : ^j=s- ïjlià. .Xxa ! « On rendit aux Benou-
«Hazen le privilège de protéger la Babylonie. » Dans la Vie de Mahmoud par Otbi (fol. 173 r°) ;
ïjL&à. ijlsé! ijjJa « Les événements le forcèrent de se vouer à escorter les «marchands dans leurs voyages. » Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (t. VI, f. 6 v°) ;
oîyiîî « Plusieurs tribus établies aux environs de l’Euphrate étaient sous sa pro-
« tection. » Dans la Vie de Bibars par Nowairi (fol. 34 r°) : ^..yJI ^
sSj l&â. àxîü)l «Il vit dans cette tour une idole gigantesque; et les Francs assuraient
« que la forteresse était sous la protection de cette statue. » De là vient cette expression qui se trouve dans l’ouvrage d’Otbi (fol. 2o5 v°) : (J&&3 « Il marcha sous la protection du devoir. »
Ce qu’une glose marginale explique ainsi : ^=^1 ‘k.iaw Vj-O'iM 2° L désigne Un impôt
qu’on lève, en récompense de la protection qu’on accorde aux habitants d’un lieu, ou à des voyageurs. On lit dans l’histoire d’Ebn-Khallikan (folio 36o v°):^ÜJI ^7^ «3 «Il