‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 7 sur 183 · I. MELIK-MOEZZ-AIBEK · texte numérisé non relu

I. MELIK-MOEZZ-AIBEK

envoyés en avant. Il laissa dans le château de la montagne Melik-Aschraf-Mousâ. Les troupes égyptiennes restèrent campées à Sâléhieh, jusqu’au lundi, septième jour du mois. Cependant Melik-Nâser, à la tète de son armée, s’était avancé jusqu’à Kera (18), bourg situé dans les environs d’Abbaseh. Les deux partis se trouvèrent alors à peu de distance l’un de l’autre. Tout le monde était persuadé que Melik-Nâser obtiendrait infailliblement la victoire sur les Bahris , attendu que ses forces étaient supérieures en nombre, et que, d’ailleurs, la plus grande partie des troupes égyptiennes penchait secrètement en sa faveur. Nâser avait auprès de sa personne un grand nombre de Mainlouks, qui avaient été attachés à son père Melik-Moëzz; c’étaient des Turcs qui inclinaient pour le parti des Mamlouks, parce qu’ils voyaient en eux des compatriotes, et parce qu’ils détes-

taient l’émir Scliems-eddin - Loulou ,

qui

était le chef de l’administration.

Au moment où Nâser vint camper à Kera \jSS) Sjjg,», près de Kbaschbi (J9)>

(18) Il est fait mention du bourg de Kera dans un passage de la Vie de Bibars , par Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 57 v°. Mémoire sur les Nabatéens , pag. 27), et dans Y Histoire du prétendu Hasan-ben-Ibrahim (man. arab. non catalogué, fol. 1 16 r°). Notre historien, dans plusieurs endroits , nomme ce même lieu. On lit également dans le Rdmel d’Ebn-Athir (tom. VII, pag. 2o5) :

— J ! j «Kera est un lieu voisin d’Abbaseh et deSédir. «

(ig) Le manuscrit que j’ai sous les yeux offre ces mots : ^ Lj^s. J’avais supposé qu’il fallait lire et traduire près du puits. En effet, le mot qui fait au pluriel

ou »L~cs.î, désigne un puits creusé dans le sable. Il se trouve dans un poème manuscrit d’Amrou’lkaïs (man. d’Asselin, fol 11 v°), et le commentateur l’explique par Dans des

SL

vers du poète Zohaïr (ibid. fol 68 r°), le pluriel est rendu par Meïdani ( Pro -

verb. 6018) parlant du mot , l’explique ainsi <Lj Jb “ Un puits creusé

« dans le sable , et qui est peu profond. » Nous lisons dans la Géographie d’Edrisi (man. d’Asselin , fol. 79 v°) : jb-Lsè ^1*^.1 «L’eau que l’on y consomme provient de puits creusés

«dans le sable.» Dans l’ouvrage intitulé Kiiab-alîktifa (man. arab 653, fol. 49 r°) , on trouve ces mots : <u~olsülj L» «Tout l’espace compris entre Adhib et Kadesieh est

«rempli de puits creusés dans le sable.» Plus loin ( ibid. ) on lit : s ~jÀ*JÎ *L*cs.Ij LJ y «Nous

«allâmes camper près des puits d’Adhib. » Au rapport d’Imad-eddin-Isfahani (man. arab. 7x4, fol. 291 r°), les Francs, après s’être emparés de la ville de Daroum, au midi de la Palestine, établirent leur camp sur le bord d’une source appelée Hisi J Jliü »L>. Plus loin, l’auteur ajoute

(fol. 292 v°) : «Ils passèrent près de la source de Hisi. » L’auteur du Lexique

géographique arabe (manuscrit, pag. 18) , parlant de la ville et de la province d’Arabie qui portent le

au milieu des sables, Moëzz-Aïbek partit de Sâléhieh, à la tête des troupes égyptiennes, et vint se placer vis-à-vis de son ennemi, au lieu nommé Sernout byu-.

nom de Ahsâ, î, s’exprime ainsi : « Ahsâ est le pluriel du mot L«o- (lis. Celui-ci désigne

« l’eau qui a été absorbée par une terre sablonneuse, où elle s’enfonce jusqu’à ce qu’elle rencontre des « substances dures, qui ne lui permettent pas de pénétrer plus loin. Les Arabes creusent des puits « dans le sable , et en tirent ces eaux qui se trouvent en abondance dans le désert. » Le même écrivain

fait également observer ( ibid .) que le mot nhsiah } qui est le nom d’un lieu du Yémen (Y. Ta-

beristancnses Annales , tom. 1, pag. 56), est également un pluriel du terme arabe

.. Enfin,

il fait mention (pag. ig5) de plusieurs sources nommées Hisa , qui appartenaient aux

Renou-Fezarah , et qui étaient situées dans un lieu appelé Dhou-hisâ jb. Toutes ces autorités

me semblaient confirmer pleinement ma conjecture. Toutefois , d’autres faits viennent la contredire; et il paraît qu’il faut lire ici khaschbi En effet, le Kâtnel d’Ebn-Athir (manuscrit, t. VII,

pag. 29), offre ces mots : s ji/b «Us vinrent camper au lieu nommé

«Khaschbi, situé sur la limite des sables.» Dans l’histoire de Nowaïri (26e partie; man. de

Leide, fol. 191 v°, et 200 v°) on lit : > jj.2.) Ij ; et nous lisons dans

l’histoire d’Ebn-Khallikan (man. arab. y3o, fol. 334 v°) que le vizir Safi-eddin retournant en Egypte, «ses partisans vinrent à sa rencontre jusqu’au lieu appelé Rhaschba , situé non loin d’Abbaseh »

IwCjJJ Vjjlsrlt iüyJ-1 1 j ^J| àjliJJ à.} Isr-0 ! (lisez ^JLs^l). Quant au mot Raml

qui se trouve souvent chez notre historien et ailleurs, il désigne cette vaste plaine de sable qui s’étend à l’orient de l’Égypte vers l’Arabie et la Palestine. On lit dans l’ouvrage d’Ebn-Athir (tom. VII , pag. 2) : j l~Oj «Les sables qui régnent entre la ville

« d’Alarisch et l’Égypte.» Makrizi (Kitab-assolouh , t. I, man. arab. 672, pag. 184) nous offre ces mots : « Us entrèrent en Égypte; et, après avoir pénétré dans les sables , ils arrivèrent à la ville

« de Belbeïs. » Il atteste (pag. 2o3) , aussi bien qu’Ebn-Athir (tom. VII, pag. 324), que Sâléhieh était à l’entrée des sables Quant au lieu nommé Sédir I , sur lequel M. le baron Silvestre de

Sac.y a donné jadis des détails intéressants ( Mémoire sur la version arabe des livres de Moïse, p. 71), et dont j’ai eu moi-même occasion de parler ailleurs (. Mémoires sur l’Egypte , t. I, pag. 61, 62), il se trouve plusieurs fois nommé chez les historiens arabes. Au rapport de Nowaïri {Vie de Bibars , man. d’Asselin, fol. 57 v°), Bibars arriva près de la source qui était dans la vallée de Sédir, et vint camper à Kera. Ebn-Àthir atteste ( Kâmel , tom. VII , pag. 206) que « Kera est situé près d’Abbaseh et « de Sédir. » Imad-eddin-Isfahani (ap. Kitab-arraoudataïn, man. arab 707 A, fol. 144 v°) raconte « que «Saladin étant venu camper en dehors de Belbeïs, les personnes de sa suite prirent les devants «pour gagner Sédir jj -X-J î , et s’arrêtèrent au lieu nommé MoubarrazjjAi\. » Dans des vers composés par le même historien (ibid. fol. 141 v°), on lit :

J ^ lÎt, ^ j) wX-v.*j I î t «j î ^

« Nous allâmes gagner Sédir. Là se trouvait un jardin composé de sidr (lotier) et d’arbres de Talah, « serrés les uns contre les autres. »

AN 648 (l25o).

Page 1