‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 64 sur 183 · IV. MEL1K-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

IV. MEL1K-DAHER-BIBARS

an 661 (ia63). IV. MEL1K-DAHER-BIBARS. 219

fit dresser ses tentes en dehors de la ville ; par son ordr e , on publia qu’aucun soldat n’entrât dans la place, et ne logeât dans une maison. Le jeudi, premier

oet ouvrage (pag. 1 2 et 1 3), et cjui doit être modifiée. Expliquant le mot As-5? ou 'Ài Jù , qui est le terme

turc boktchah ou bogtchah, j’ai dit qu’il signifiait probablement une caisse, une cassette. Une circonstance particulière m’avait principalement conduit à admettre cette interprétation. Je voyais, par quelques passages, que les papiers de la chancellerie étaient renfermés dans une bokcljah, et je supposais que des actes aussi précieux avaient dû être déposés dans une caisse bien fermée ; mais la chose n’est point exacte. Le mot As-*? répond au terme arabe foutah A-lsjà, et désigne une serviette. Je citerai , à cette occasion, un passage curieux, que j’emprunte à un ouvrage dont j’ai souvent invoqué le témoignage. L’auteur du Inschâ, parlant des fonctionnaires attachés à la chancellerie (f. 1 19 v° et 120 r° v°) , met aa second rang celui qui était appelé hâmil-almozarrah (porteur du mozerrah), autrement VjjJÎ (trésorier du mozarrah), et quelquefois (serviteur du mozarrah). «Ce

« dignitaire était considéré comme le substitut du dewadâr , pour ce qui concernait le mozarrah.

«11 fallait que ce fût un homme intelligent, intègre, spirituel, actif, adroit, aimant la lecture, et «assidu à son poste. » Ce mot que l’on va voir employé tout à l’heure, se retrouve aussi un

peu plus haut, où on lit : bj?. Il paraît qu’il ne diffère pas du mot que l’on rencontre

dans un passage d’Ebn- Khallikan, où il désigne une étoffe attachée avec des agrafes. On y lit

(fol. 363 r°) : U, \fj I jj Sjjijr* « On trouve une robe attachée avec des agrafes , les-

« quelles n’étaient point dérangées. » Mon opinion, à cet égard, est entièrement confirmée par un passage du Inschâ où on lit, dans une glose marginale , sur le mot (fol. 120 v°) : tjjj* I vJU&adv3 « C’est originairement le mot qui a été raccourci. « Puis, le texte offre ces mots :

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aj j 'ç\jb « Une mozarrah formée d’étoffe de soie, toute

« pure, garnie d’une doublure. Elle présente la figure d’une bourse; elle a de longueur deux coudées « et un huitième ; elle est pliée , et a en largeur une coudée un tiers. On y a adapté un cordon , « formé d’un fil tordu qui sert à réunir l’ouverture. » On voit, par ce passage, que désignait une serviette, formant, parles agrafes qui en attachaient les côtés , une sorte de portefeuille ou de bourse.

L’auteur continue en ces termes : Lsr-H Ââ.! w\~aiû v y> iâSjXe <sj

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jour du mois de Dhou’lkadali, le sultan fit son entrée dans Alexandrie, par la porte de Rescliid. Toute la population sortit à sa rencontre. Il ordonna, par un écrit, de restituer l’impôt appelé (99) JL la contribution des deux parts, et

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« Une des qualités que réclame impérieusement l’emploi du fonctionnaire susdit est le talent de « disposer les feuilles qui doivent recevoir l’écriture auguste du souverain. On étend une serviette « de soie d’Alexandrie, dont un des bouts est attaché. La chose se fait en présence du dewâdâr. On « pose d’abord les piècesqui sont sur du papier de la plus grande dimension. Par-dessus, on met celles <■ qui sont d’un moindre format, jusqu’à ce que l’on arrive à celles qui sont sur un tiers de feuille. « Puis, on range les diplômes, suivant leur format, et on les place dans la serviette. On a soin de « ne point mêler ensemble les différents genres d’actes, de peur que le sultan n’éprouve de l’embar- « ras pour mettre son apostille. Ensuite on place les marsoum carrés , et les teclkirah , puis les « feuilles de route, puis les marsoum, les petits actes appelés tauki, puis les /HitAa/.Surles premières, « le prince doit écrire son nom auguste. Puis viennent celles qui doivent porter son père , avec les « mots elle est émanée, et le mot élevé. Ensuite, celles qui offriront l’apostille son père, avec ces mots : « qu’il perpétue, qu’il augmente. Et enfin, celles qui porteront son frère. Tous ces actes sont alors « enveloppés et posés dans le mozarrah, puis portés au palais. Là, on en fait un second recen- « sement, et ils sont présentés à la signature du prince. Il écrit d’abord l’apostille son frère-, ce « qui a lieu pour les pièces placées au dernier rang. Puis vient la formule son père. Et tout se ter- » mine par les actes posés avant tous les autres dans la serviette, et qui sont écrits sur du papier « d’une dimension parfaite. Ensuite on présente les placets, qui méritent de recevoir on écrira. Après « que le sultan lésa apostillés, ils sont tous replacés dans la serviette, puis emportés etremis au dewâdâr, <1 qui les prend et les rend au porteur du mozarrah (avis.) On ne doit admettre dans cette serviette des- « tinée à renfermer les piècesqui recevront l’écriture du sultan, aucune feuille colorée, ou sale, ou déchi" « rée, ou d’un papier trop rude, de peur que le kalam qui tracera l’apostille ne glisse, ni trop mince, de « peur que l’encre ne la traverse; ni ployée, ni trouée à l’endroit où doit être l’apostille, ni trop étroite à « la place destinée à cette apostille, ni dont les dimensions, tant en longueur qu’en largeur, ne présen- « tent pas assez d’espace pour l’écriture. « Suivant ce que rapporte le même écrivain (f. 120 v°), ce fut le /? flrfi-fl/Xo</«t-Tadj-eddin-Abd-alwahhab -ben-Bint-alaaz, qui, le premier, adopta l’usage du mozarrah, et cela, sous le règne de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub. Avant lui les actes étaient apostillés tout le long du jour, soit seuls, soit deux par deux, trois par trois, quatre par quatre. L g mozarrah réunissait toutes les pièces qui avaient rapport à la chancellerie. Toutes celles du même genre étaient tenues dans une enveloppe séparée, formée par un mouchoir, ou une serviette de fil. Plus anciennement, chaque espèce d’acte était renfermée dans une bourse d’étoffe de soie jaune satinée ; et aucun

autre que le gardien de cette bourse ne pouvait réclamer l’apostille du prince.

(99) J’ai lu JL ÛjJ au lieu de . . . JLj J’ai suivi, pour cette

correction, l’autorité de Nowaïri et du prétendu Hasan-ben-Ibrahim (m. non catalogué, f. 179 r°).

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