IV. MELIK-DAHER-B1B ARS
professeur pour les Schafeïs fut donné au scheïkh Taki-eddin-Mobammed-ben- Hasan; celui de lecteur de l’Alcoran , au fakih Kemâl-eddin-Mahalli; l’exposition des traditions du Prophète au scheïkh Abd-elmoumin-ben-Khalf-Dimiâti. Chacun d’eux fit une leçon ; après quoi on servit un repas. Le poète Djemâl-eddin- Abou-Hosaïn-Djezzâr, récita, à cette occasion, les vers suivants:
« C’est ainsi que des collèges sont bâtis par les soins d’un prince qui aime « l’architecture, et qui mérite au plus haut point la récompense et la louange.
« Le sultan Dâher a exécuté aujourd’hui une entreprise, qui lui a mérité de « voir ses vœux remplis, dans ce monde et dans l’autre. On voit ici la réunion « de tous les genres de beauté, qui, ailleurs, sont dispersés; tout y charme le « cœur et les yeux des hommes.
« Depuis que cet édifice s’est élevé près du tombeau du martyr (Hosaïn), lame « illustre de ce héros a été comblée de joie et de plaisir.
« Les délices éternelles du paradis étaient destinées à ce prince. Il a voulu au- « jourd’hui avancer pour lui la jouissance de ce bonheur. »
Plusieurs poètes récitèrent, en celte circonstance, des vers nombreux, et furent revêtus de robes d’honneur. Le sultan plaça dans ce collège une magnifique bibliothèque, et fit bâtir à côté une école gratuite (io3). Chaque orphelin
(io3) Le mot sebil signifie : Une fondation pieuse, un objet qui, en vue de Dieu, est livré
sans frais à l’usage du public. On lit dans l’histoire de Makrizi ( Solouh , tom. II, fol. 34 v°) :
Jî «Une école gratuite.» Dans l’Histoire d'Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 66 3, fol. 1 6 3) : ijj* ! js. x: J^JJ I « On fabriqua des coffres, pour laver les morts,
« gratuitement, sans salaire. » Dans l’histoire de Makrizi ( Solouk , tom. I, p. 1169; tom. II , f- 446 v°): h \j -\sd «Ils préparèrent gratuitement des cercueils.» Dans l’ouvrage déjà cité
d’Abou’lmahâsen (man. 663, fol. 1 5o) : ! JwWüW V <( Une école gratuite, où l’on
« montrait à lire aux orphelins. » Dans le Manhel-sâfi du même écrivain (tom. IV, m. j5o, f. 45 r°):
N J J! IL?- « Du nombre des écrivains gratuits attachés à la mosquée
« d’Ebn-Touloun. » De là vient le mot »L» signifiant : Une fontaine où l’on va chercher de
l'eau gratuitement. On lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi (man. 673 C, tom. III, f. 161) :
«O v ‘Uloî «Il fit construire une fontaine, où tout le
«monde allait boire gratuitement, et qu’il substitua au bassin.» Dans un passage d’Abou’lmahâsen (man. 663, fol. i5o v°), on lit : »L» Dansle.-Êostarc de Sadi (pag. 142, éd. de Calcutta), on
trouve ce vers :
t wvO J J ! l ■ 1 J 1 Ç Litw àf Çj t 3
« Je me souviens qu’une année le porteur d’eau du Nil n’avait pas distribué gratuitement son eau dans «l’Egypte. » Dans le commentaire qui accompagne cet ouvrage, le mot est rendu par v àS.
musulman admis dans cet établissement, devait recevoir sa nourriture journalière, et annuellement deux habits, l’un dans l’hiver, et l’autre dans l’été.
Bientôt après, les pèlerins apportèrent la nouvelle que la prière avait été faite à la Mecque, au nom du sultan; que le sadr Djemâl-eddin-Hosaiin-Mauseli , secrétaire de la chancellerie, et qui avait été envoyé dans cette ville, s’était fait livrer la clef de la Kabah , et avait adapté à cet édifice la serrure qu’il avait apportée; que, durant trois jours, l’entrée de la Kabah avait été ouverte indistinctement et gratuitement à tout le monde.
A l’audience que le sultan donna dans le château de la Montagne, on lut l’acte qui constituait comme fondation pieuse le khân élevé dans la ville de Jé-
, fondation pieuse , don. » Ce terme existe encore aujourd’hui avec la même signification. On lit dans la relation de Thevenot ( Voyage au Levant, tom. II , pag. 564) : « Sibil est un lieu où il y a de « l’eau pour chacun , pour l’amour de Dieu. » Le même écrivain (pag. 566) parle d’une sibil d’eau amère, et d’autres sibil qui se trouvent à peu de distance de Gaza (pag. 667, 5yo). Bremond ( Viaggi nell' Egitto, pag. i85, 186, 3o4) parle d’un puits nommé sibil el-beyacar, creusé par ordre d’un aga; de sibil d’eau salée, douce ou amère, (fui se trouvent dans les mêmes cantons. Jouvin (le Voyageur d'Europe, pag. 67) parle de la citerne dont il vient d 'être fait mention, et la désigne sous le nom de sibil elbiracat. Suivant le témoignage de Burckhardt (Travels in Arabia, tom. II, p. iox) : « Le sebyl « est un petit bâtiment ouvert , placé souvent auprès des fontaines, et où les voyageurs peuvent faire <■ leur prière et se reposer. « On peut voir aussi , sur ce mot , M. Jomard (Description du Caire, pag. 93) , et M. Mangin (Histoire de l’Égypte, tom. II , pag. 83).
De là s’est formé le verbe JjL, qui signifie : Abandonner gratuitement à l’usage du public. On lit dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (Kâmel, tom. VII, pag. 41) : (-y0 • • • s-^3^
«^*Xb Jlw j v « On remplit d’eau de rose un grand nombre de bassins ... et on
« livra le tout à la multitude. » Dans l 'Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714, f. 161 v°) : t ^5 « Elles s’étaient livrées elles-mêmes. » Et (ibid.) :
« Ces femmes en sortant avaient pour but de prostituer leur corps. » Plus loin (f. 265 v°) : ,3 hlZw « Nous livrâmes, de toute manière, leurs remparts à la mort. » Et
enfin (fol. 3o6 r°) : ÇfjJ • • • vJUsv*3 « Les greniers furent ouverts ... il
«enleva leurs serrures, et les abandonna au public.» Dans la Vie du sultan Kclaoun (fol. 24 v°) : gJ* Jpl « L’action de rendre les chemins libres pour le pèlerinage. » Dans la Vie de
Bibars par Nowaïri (fol. 42 r°) : v vJî^wJ! JjL* « Il ouvrit à tout le monde
«l’entrée de la maison auguste.» Et (ibid.) : v ,3 Jbbül ^
t « Il ajouta chaque année une quantité de grains , afin de rendre plus facile le voyage
«à la maison auguste. » Dans l’ouvrage intitulé Inschâ (fol. 3i4 r°) : -v-J!
^,1)1) « Je permettrai aux pèlerins de visiter la maison sacrée. »