‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 81 sur 183 · V. M EL1K-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

V. M EL1K-DAHER-BIBARS

aic 663 (1264).

vaient ainsi gratifiés en eût la moindre connaissance. Dès que ces lettres furent rédigées, on en fit la lecture à ceux qu’elles concernaient; et en outre, la cession de ces propriétés fut confirmée par un acte général, conçu en ces termes : «Ren- « dons grâce à Dieu de son assistance non interrompue, de son secours puissant, « par suite desquels la religion de l’islamisme marche en triomphe, couverte de ses « vêtements les plus magnifiques (1 a), de ses conquêtes, dont les avantages, dont « l’extrême importance font sentir à tous les hommes de quelle utilité est un « maître. Que la bénédiction repose sur notre seigneur Mohammed , qui a poui - « suivi les infidèles, les a frappés ouvertement de son épée tranchante, et leur a « appris à qui étaient réservées les récompenses de l’autre monde; que les parents « et les compagnons du Prophète jouissent d’une bénédiction qui se perpétue « les matins et les soirs.

« Le plus grand des bienfaits est celui qui arrive au moment où régnait le désespoir, où une funeste apathie paralysait les efforts des vois, réduisait les « hommes à une entière inertie. Quel acte éclatant de la protection divine, que celui «qui a consolidé la religion de Mohammed, ouvert la porte à des conquêtes « imposantes, mis en déroute deux ennemis acharnés, les Tatars et les Francs , « porté la guerre dans les deux contrées, sur les deux rivages que baignent l’eau « douce et l’eau salée (i3), qui a enhardi les armées de l’islamisme à humilier les « Francs en pénétrant dans le cœur de leur pays, en attaquant jusqu’au centre « de leur territoire les places les plus fortes, en traînant vers les retraites de l’es- « clavage ceux qui ont échappé à la faim dévorante du glaive insatiable. Les uns «s occupent à enlever aux Francs leurs forteresses, à démolir leurs châteaux; «d’autres, à relever et à fortifier mieux que jamais les places de l’Orient, qui « avaient été détruites par les Tatars; d’autres, dans le Hedjâz, ont enlevé de «force des citadelles redoutables, escaladé de hautes montagnes. Ils se sont «montres a la fois destructeurs et réparateurs, terribles et indulgents. Et tout « cela , grâce à l’homme que Dieu a suscité, qu’il a armé d’une épée nue et bien «tranchante; le vent de la protection divine a emporté impétueusement son « étrier, de manière qu’il a jour et nuit marché dans le chemin de la victoire; la « fortune l’a créé roi : car l’ayant vu sur son terrain, elle a dit en faisant son

(12) Il faut lire ïUI au lieu de , que présente le manuscrit.

(13) Ces mots font allusion à un passage de l’Alcoran ( Surat XXV, v. 55). Ebn-Batoutah (man,

'bl. 36 v°), dit en parlant de la ville de Basrah : > vJUo^.

« éloge : « Ce n’est point là un homme; c’est le sultan Melik-Dâher-Rokn-eddou- « nia-ou-eddin (le pilier du monde et de la religion) Abou’lfatali-Bibars , dont « les glaives , grâce à Dieu , sont les clefs des royaumes ; ses étendards sont comme « des collines, et les lances qui les surmontent ressemblent à des feux qui doivent « diriger les hommes. C’est lui qui prend les villes, et qui les donne avec tout ce « quelles renferment ; lorsqu’il reçoit un bienfait de Dieu, il en témoigne sa recon- « naissance ; lorsqu’il a le pouvoir, il pardonne, il accorde la paix, et est secondé « de l’appui du destin; dès que la protection divine lui accorde des conquêtes , « il se bâte de les distribuer à ceux qui sont présents, afin de signaler sa noble 322 (< munificence. Il se dit : « un don appartient a celui qui se trouve auprès de nous. » <c Quand Dieu , pour le recompenser, livre en ses mains des forteresses , il « abandonne les remparts à la démolition , le sang des ennemis au glaive acéré, «leurs cous aux chaînes, et les champs labourables à ses compagnons, à ses « défenseurs. Il se réserve seulement à lui-même les récompenses que les anges «inscrivent sur leurs livres, comme appartenant à son épée; et ce que conser- « veront les replis des ouvrages historiques, qui, en mémoire des conquêtes due «à la protection de Dieu, sépareront avec triomphe du nom de ce prince.»

(vers) « C’est un héros dont les présents sont des provinces entières; qui donne «des villes, et ne tient aucun compte des villages. Nous avions entendu parler «d’hommes généreux, mais ce prince nous a fait voir, de nos yeux, le double «de ce que les autres avaient fait, et que la tradition nous avait transmis.

«Si des hommes libéraux ont fait le bien par raisonnement; lui le fait par «un mouvement spontané.»

«Ainsi donc, ce prince a réalisé tant de conquêtes , par lesquelles Dieu s’est plu «à le payer et à le récompenser avec magnificence. Or, il a des auxiliaires qui «brillent comme les étoiles, qui atteignent leur but comme les arrêts de la « Providence ; qui sont aussi unis entre eux que les grains des colliers; qui, aussi «pressés que les gouttes de pluie, s’empressent à l’envi de montrer leur obéis- «sance. Ce prince n’a pas voulu s’isoler d’eux, en se réservant d’une manière «exclusive les faveurs de la fortune; s’attribuer à lui seul un don que leurs «glaives ont recueilli, que leurs nobles pensées ont conquis. Il a cru devoir les « préférer à lui-même; leur répartir les rayons émanés de la lumière de son soleil , «et laisser à leurs enfants, et aux enfants de leurs enfants, des biens qui sub- «sisteront jusqu’à la fin des temps, qui se perpétueront dans l’éternité ; de ma- «nière que les fils puissent vivre de ses bienfaits, ainsi qu’ont vécu leurs pères;

Aîf 663 (1264). IV. MELIK-1) AHER-BIBARS. l3

«la meilleure des libéralités est celle qui embrasse tout ; la plus excellente, celle «qui demeure éternellement.»

«Un ordre auguste, qui s’étend aux fds et aux descendants, qui brille comme « les étoiles les plus éclatantes , a déterminé que ceux d’entre les émirs et les courte tisans intimes, qui sont ici désignés, et dont les noms sont relatés dans cet écrit,

« recevront, en propriété, les villes et les villages dont nous allons donner l’énu- « mération ; savoir :

« L’atabek Fâres-eddin-Aktaï-Sâléhi aura en totalité le territoire d’Atil

«L’émir Djemâl-eddin-Idagdi-Azizi , la moitié de Zeïta Ljj.

« L’émir Bedr-eddin-Baïsari-Temimi, la moitié deTour-Kerm ^ ^k.

«L’émir Scherf-eddin-Àldekiz-Karaki , le quart de Zeïta.

«L’émir Seïf-eddin-Kilidj-Bagdadi, le quart de Zeïta.

«L’émir Rokn-eddin-Beïbars-Khass-turk- Kebir-SkXéh'i , le territoire entier « d’Afrâsin

«L’émir Ala-eddin-Aïdekin-Bondokdâri , le territoire entier de Nâmeh

«L’émir lzz-eddin-Aïdemur-Halebi , la moitié de Kalansouali

«L’émir Seïf-eddin-Kelaoun-Alfi-Sâléhi, la moitié de Taïbat-alism a l.

«L’émir Izz-eddin-Igan-Rokni-Sâlébi , surnommé Semm-almaout (le

« poison mortel) la moitié de Taïbat-alism.

« L’émirDjemâl-eddin-Nedjibi, naïb-saltanah (vice-roi) de la Syrie ^LdJ ! aJoL, yjU , «tout le canton deOmm-alfabm ^!, qui fait partie du territoire de Kaisariéh. 323

«L’émir Alem-eddin-Sandjar-Halebi-Sâléhi , tout le canton de Taban ^Lï (ou «Bathân ^Uj).

«L’émir Djemâl-eddin-Akousch-Moliammedi-Sâléhi, la moitié du territoire de «Bourin •

«L’émir Fakhr-eddin-Taïbâ-Himsi, la moitié de Bourin.

« L’émir Djemâl-eddin-Idagdi-Hâdjebi-Nâseri, la moitié de Tebrin (ouTirin

«L’émir Bedr-eddin-Bilik-Aïdemuri-Sâléhi , la moitié de Tebrin.

« L’émir Nâser-eddin-Kaïmeri, la moitié deBourdj-ahmar^^s.'iJ ! (la tour rouge).

«L’émir Seïf-eddin-Belban-Zeïni-Sâléhi , l’autre moitié de Bourdj-ahmar.

«L’émir Fakhr-eddin-Othman , fds de Melik-Mougbith , le tiers de Djelmah « aJUw (ou aJU).

« L’émir Schems-eddin-Sellar-Bagdadi , un tiers de Djelmah (*4)-

(14) J’ai ajouté ce nom, d’après l’ouvrage de Nowaïri.

«L’émir Sârem-eddin-Soragan-Tatari , l’autre tiers du même lieu.

« L’émir Seïf-eddin-Anbamesch-Sadi , la moitié de Tama L^j* ( ou Bamâ Uf ou « lama U^j) (i5).

«L’émir Scliems-eddin-Aksonkor, le silah-ddr Dâheri, la moitié de Tama. «L’émir Melik-Moudaffer-Alâ-eddin , frère du prince de Sindjar , la moitié de « Dennabah.

«L’émir Bedr-eddin-Mobammed , fds de l’émir Hosam-eddin-Bérékeh-Kban , le «terrain entier de Deïr-alosfour,^<L=*Jî yy (ou Deïr-alosour yp).

«L’émir Izz-eddin-Aïbek-Afram, émir- djandar , la moitié de Schouwaïkab

«L’émir Seif-eddin-Keremoun-Aga-Tatari , la moitié du même territoire. «L’émir Bedr-eddin-Waziri , la moitié de Tars ^yy=> (ou Tabros «L’émir Rokn-eddin-Mankoures , le daouadar , l’autre moitié.

«L’émir Seif-eddin-Kaschtemur-Adjemi , tout le territoire de Alar^îi*.

«L’émir Ala-eddin, frère du daouadar , la moitié de Arar^c (ou Arara \j& y). «L’émir Seïf-eddin-Bidjak-Bagdadi, l’autre moitié.

«L’émir Seïf-eddin-Kedjic-Bagdadi , la moitié de Karoun (ou Faroun

«L’émir Alem-eddin-Sindjar-Azkesclii , l’autre moitié.

«L’émir Alem-eddin-Taroudj-Amidi , Sebabia (ou Estaba ) en entier.

«L’émir Hosam-eddin-Itmescli , fils d’Atlas-Khan , Saïda en entier, Ix.

«L’émir Alem-eddin-Kaïdagdi-Dâlieri , Yémir Medtis , Saïr-Fouka liyüî^oJL «L’émir Izz-eddin-Aïbek-Hamawi-Dâlieri, la moitié d’Artakh «L’émir Schems-eddin-Sonkor-Alfi, l’autre moitié.

«L’émir Alem-eddin-Taïbars-Dâheri, la moitié de lafkh-garbiah (l’occidentale). «L’émir Izz-eddin, l’Atabek-Fakhri , tout le territoire de Kosaïr^ailf.

«L’émir Alem-eddin-Sandjar-Saïrafi-Dâheri, tout le territoire de Akhsass ^LaâJ. «L’émir Rokn-eddin-Beïbars-Magrebi , la moitié de Fakin ^ïa.

«L’émir Scliodja-eddin-Togril-Schebli , Yémir Mihmandar, la moitié de Kafr-raï

« L’émir Ala-eddin-Kaïdagdi-Djeïschi , commandant des émirs Bahris , l’autre « moitié de Kafr-raï.

«L’émir Scherf-eddin-ben-Abi’lkâsem , la moitié de Kesfa

(i5) Je crois que cette dernière leçon est la véritable, attendu que ce nom, en langue syriaque, désigne la mer.

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