‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 83 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-BIBARS

a sr 663 (1264).

« témoin voulais-tu?» Le sultan ayant demandé quel motif avait pu faire rejeter la déposition de l’émir, le kadi déclara qu’il n’avait pas besoin de s’expliquer sur cet objet. L’émir Idagdi ditalors : « Kadi, continue de juger d’après les dogmes « de Schaféï, et nous allons établir un kadi pour chacune des sectes orthodoxes. » Cet avis fut goûté du sultan , qui , bientôt après, leva la séance.

Le lundi, dix-neuvième jour de ce mois, le sultan désigna le kadi Sadr-eddin- Soleïman-ben-Abi’lizz-Adhreï , \ehanefi, professeur du collège Sâlébieb; le kadi Scherf-eddin-Omar-ben-Abd-AUah . . . Sobki, le mâleki; le kadi Schems-eddin- Mohammed-ben-Ibrabim , le hanbali , pour kadi-alkodat de l’Egypte. Il leur conféra le droit de se choisir des naïb (suppléants) dans toute l’étendue de cette contrée. Ils furent adjoints au kadi-alkoclat Tadj-eddin-ben-Bint-alaaz, qui resta spécialement chargé de l’inspection des biens des orphelins, et de la décision des procès relatifs au trésor. Chacun de ces magistrats reçut un diplôme d’investiture jJüj et une robe d’honneur. A dater de cette époque, il y eut en Égypte quatre kadi-alkodat , dont chacun jugeait d’après les principes de sa secte. Chacun d’eux portait le tarhah (s3) les jours où il allait présenter ses hommages au

(23) I.e mot tarhah <kjJs, sur lequel feu M. Silvestre de Sacy a donné quelques détails ( Chresto mathie arabe , 2e édition, tom. II, pag. 267), désignait le genre de coiffure, autrement nommé taïlesan On lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi (article du Vizir a h , m. 682,

f. 246 V0), en parlant du vizir : jkjiJu «Il prenait le taïlesan

« empesé, que l’on désigne aujourd’hui par le mot de tarhah.» Ailleurs (man. 798, fol. 198 r°) : j -y — d ^ «Un scluisch (turban) noir, et un tarhah de même couleur. » Dans

l’ Histoire d’Égypte d’Ebn-kadi-Schohbah (man. 687, fol. 68 r") : . . . «Usa ^

t «A sa gauche était le kadi-alkodat d’Égypte, coiffé du tarhah. » Plus loin (f. 100 r°J :

Aa^iaJl ^ kAj . . . L^aLi « Les deux kadis d’Égypte portaient le tarhah. » Dans une Histoire d Égypte (de mon manuscrit fol. 106 r°) : <kj..L a^Î, « Le kadi se présenta,

« ayant la tête coiffée d un tarhah. » Dans une note marginale du Mirât-azzeman (le miroir du temps) d hbn-Djouzi (man. 641, fol. 268 v°) , on lit : ^klJÜI Aas-j-hit «Le tarhah est identique avec le « taïlesan. » Dans Y Histoire d’Égypte de Makrizi (tom. I, pag. 987) : i ^ Aadi^! ,kJî Is A~!

Les femmes introduisirent l’usage du voile et du tarhah. » Plus loin (pag. 1000) : aA>L^&

« Sur son turban était un tarhah noir. » Ailleurs (tom. H, fol. 47 v°) : a^L^æ. J.&

« On lui ût mettre un tarhah par dessus son turban. « Dans le Mcsqlek-alabsar (m. 583, f. 176 v°) : Aa^D i ïLkJi El «Le kadi-alkodat de la secte de Schaféï est dans l’usage

« de porter le tarhah. » Plus loin (f. 186 v°) : * ! kyh j -j — I k «Un schasch (turban) noir « et un tarhah noir. » Dans l’histoire de Nowaïri (man. 61,5, fol. 65 r°>: Aol y.j La aAc

k^b j « Il portait un kaba (manteau) noir, un turban noir, et un tarhah de même couleur. » Dans une autre partie du même ouvrage (man. d’Asselin 44^, fol. 96 r°), l’auteur, décrivant l’avénement au tronc de Melik-Saïd-Bérékeh-Khan, fils de Bibars, s’exprime en ces termes :

328 sultan. Medjd-eddin-Abd-errahman , fds du sâheb (vizir) Djelâl-eddin-Omar-ben- Adim, fut nommé aux fonctions de khatib (prédicateur) du Caire.

Le vingt-quatrième jour du mois de Dhou’lhidjah, l’émir Schems-eddin-Sonkor- Roumi fut arrêté et mis en prison. Le khalife Hâkem-bi-amr-Alîah reçut l’ordre de n’avoir de conférence avec personne. Dès ce moment, il fut séquestré, et sans relation avec qui que ce fût.

L’émir Nour-eddin-Ali-ben-Moudjalli, le hakkâri , fut nommé gouverneur d’Alep , en remplacement de Aïdekin-Schéhâbi. Une nuit, le sultan, complètement déguisé, descendit du château de la Montagne, et parcourut les rues du Caire , afin d’observer ce qui se passait. Il vit un des commandants, qui , ayant saisi une femme , l’avait lui-même dépouillée de son caleçon, sans que personne osât s’y opposer. Dès le matin , le prince fit couper les mains de plusieurs naïb (substituts) des walis, khaftr (gardiens), et propriétaires des maisons ^ du Caire.

Bientôt après , Isâ-ben-Mohannâ fut nommé par le sultan émir des arabes de la tribu de Fadl. S’étant mis aussitôt en marche , il chassa les Tatars de Birali et de Harran. Le kân Houlakou, fils de Toulou-kan, et petit-fils de Djenghiz-khan , mourut d’une attaque d’épilepsie le neuvième jour du mois de Rebi-pre-

mier, dans les environs du canton de Maragah. Il était âgé de plus de soixante ans, et en avait régné dix. Il eut pour successeur son fils Abaga. Celui-ci ayant envoyé un corps de troupes pour combattre le prince Bérékeh-khan, cette armée éprouva une défaite honteuse.

l'UajJî "2! ïo^UL} W,kJ L) jJ ! j « Il donna

« aux grands et aux principaux officiers de l’État des tarhah. Avant cette époque], ce genre de parure « n’était jamais donné par le prince qu’au kadi-alkodat. » De là s’est formé le verbe ^ykï qui signifie prendre pour coiffure le tarhah. On lit dans un passage de Nowaïri (26e partie, man. de Leyde, fol. 122 r“) : pi* "21 ’ôIjJI j ^LJLU! ! j

j « Il adopta le tarhah , et rejeta \e tailesan. L’usage voulait qu’on ne donnât le tarhah « qu’à ceux dont le mérite était connu et célèbre. « Suivant Ebn-kadi-Scliohbah (m. 64?, f. 257 r°j, il fut décidé que le kadi Hanefi, dans les marches solennelles, porterait le üo^k, comme le kadi Schaféï. Plus loin (fol. 269 v°) , on lit ka. ^k « Un tarhah de soie. »

D’après plusieurs des passages cités dans cet article, on a pu voir que le tarhah désignait « la « mousseline qui entoure le turban, et qui était arrangée d’une manière particulière. « Ce mot existe encore, aujourd’hui, avec la même signification. Nous lisons dans Y Essai sur les mœurs de l’Egypte , par M. le comte de Chabrol (pag. 41 3) : «Le tarhah est une pièce de mousseline, qui retombe « derrière la tête. » Et plus loin (p. 4*9) •’ « C’est un grand voile qui couvre la tête et les épaules. »

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