‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 85 sur 183 · I. {deuxième partie · texte numérisé non relu

I. {deuxième partie

remis de la part de l’émir Djelal-eddin-Nedjibi, naïb (gouverneur) de Damas, Parmi ces captifs se trouvaient des femmes et des enfants; les premières furent envoyées à Damas, afin que le kadi leur procurât des mariages sortables. Ce même mois l’émir Djemâl-eddin-ben-Nahar, le mihmandar (Sâlébi) , reçut la mission de faire construire un pont sur la rivière du Jourdain Le naïb

(gouverneur) de Damas eût ordre de faire conduire tous les matériaux nécessaires pour l’exécution de ce projet (29). Dans le même temps, on termina la construction de la maison neuve, bâtie près de la porte secrète ^*J! du château de la Montagne, au-dessus du marché des chevaux; on y donna un repas aux émirs.

Au mois de Djoumada-second, lemir Akouscb-Safiri, accompagné de quarante

(29) Nowaïri (fol. 3i v°) nous donne, à ce sujet, des détails plus circonstanciés : « Au mois de « Djoumada-premier, de l’année 664 , le sultan ordonna de construire un pont sur le Jourdain. Cette «rivière, qui traverse la partie de la Syrie nommée Guur ^»LÜ! , est désignée par le nom de

« schariah ’ixijt*) Ce pont fut établi dans le voisinage de Damiah L/d-i , entre ce lieu et tjjy3- H « arriva , dans cette occasion , un événement singulier, tel que l’on n’avait jamais rien entendu de « pareil. Le sultan avait confié la direction des travaux à l’émir Djemâl-eddin-ben-Nahar, et lui avait « enjoint de faire construire cinq arches jJsL's. Les gouverneurs des cantons voisins, et entre autres « l’émir Bedr-eddin-Mohammed-ben-Rahal , gouverneur de Nabolos ( Naplouse ) , s’étaient réunis , « avaient fait apporter tous les matériaux nécessaires, et amené avec eux des ouvriers. L’ouvrage « fut exécuté d’après le plan indiqué par le sultan. Lorsque tout fut terminé, et que les travailleurs « se furent dispersés, un des piliers du pont parut ébranlé. Le sultan, vivement inquiet, adressa des « reproches à ceux qu’il avait chargés de ce soin , et leur enjoignit de réparer le mal. La chose pré- «sentait de grandes difficultés, attendu la crue des eaux et la force du courant. On resta ainsi « quelques jours, et l’on désespérait complètement de la réussite. Dans la nuit qui précéda le dix- « septième jour du mois de Rebi-premier, de l’an 666, les eaux du Jourdain se trouvèrent compléte- « ment interceptées, en sorte qu’il n’en resta pas une goutte dans le lit du fleuve. O11 se hâta de « mettre à profit cet événement, et l’on alluma un grand nombre de feux et de maschals. Les pi- « liers du pont furent réparés, consolidés, et l’on exécuta les travaux, qui jusqu’alors avaient été im- « possibles. Des hommes à cheval, envoyés pour explorer la cause de ce phénomène, reconnurent, sur «la rive occidentale du Jourdain, un kabar élevé, qui dominait ce fleuve. On entend par le mot kabar «j LS" une butte, semblable à une montagne, mais qui n’en est réellement pas une, puisque les eaux « peuvent l’entraîner comme une masse de terre. Cette butte étant tombée dans le lit de la nviere , «l’avait entièrement obstrué; et les eaux, ne trouvant plus d’écoulement, avaient contourne cette « digue, et s’étaient rejetées vers le canton de Gaur. Le courant se trouva ainsi interrompu depuis le « milieu de la nuit, jusqu’à la quatrième heure du jour. Bientôt, les eaux, reprenant leur cours, em- « portèrent cette butte , s’élevèrent à la hauteur d’une pique, et entraînèrent les outils des ouvriers.

« mais le pont étant bien consolidé n’éprouva aucune avarie. Ce monument, ajoute Nowaïri, subsiste « encore de nos jours. »

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