IV. MELIK-DAHER-BIBÀRS
an 664 ( i a65).
employés de la douane Ujjp se mit en marche, pour aller lever la dîme
Ü&j chez les Arabes du Magreb. Arrivé sur leur territoire, il perçut la dîme, telle que Dieu l’a établie, et leva les autres impôts.
Le troisième jour du mois de Redjeb, le sultan , animé d’un zèle ardent pour faire la guerre aux infidèles , envoya des ordres dans tous les cantons de l’Egypte, afin de renvoyer les soldats qui se trouvaient dans leurs apanages; comme ils tardaient à venir, le sultan envoya de tous côtés ses iladj-dar c.> (3o). Les walis furent pendus par les mains pendant trois jours, en punition de ce qu’ils n’avaient pas montré assez d’empressement pour faire venir les soldats; ceux-ci se trouvant tous réunis, le sultan sortit de la ville, le premier jour du mois de Schaban ; le surlendemain, il se mit en marche et se dirigea vers Gazah.Les émirs Idogdi-Azizi et Seïf-eddin-Kelaoun vinrent camper dans la ville d’Aoudja, àla tête d’une partie de l’armée. Le sultan se rendit à Khalil (Hébron), puis à Kuds (Jérusalem), il interdit aux peuples tributaires 1*JJ| J.&! l’entrée du monument de Khalil. Avant cette époque, ils pouvaient le visiter, moyennant une somme qu’on exigeait d’eux; cette permission leur fut retirée, et ils ne l’ont pas recouvrée depuis. Le prince arriva près d’Aïn-Djalout. Les troupes qui étaient déjà campées à Hems, firent une incursion sur le territoire des Francs, assiégèrent et prirent le château des Curdes la forteresse d’Arka \sj& , celle de Kolaïat oUiüJI
et ruinèrent ces différentes places. Le sultan ayant reçu la nouvelle de ces succès, envoya les émirs xAla-eddin-Bondokdari et lzz-eddin-Igan , à la tête d’un corps de troupes, avec ordre de marcher du côté de Sour(Tyr), Ces généraux pénétrèrent sur les terres des Francs, et enlevèrent un grand nombre de prisonniers et un riche butin. L’émir Jtamesch s’était dirigé vers Saïdâ. Le sultan prit la route d’Akkâ. Il détacha du côté de Karn ^.iJî les émirs Bedr-eddin- Aïdemuri et Bedr-eddin-Baïsari. L’émir Fakr-eddin-Hemsi eût ordre de se porter vers la montagne de Amilah ïLL& J^. Les Francs se trouvèrent attaqués de toutes parts. Les Musulmans recueillirent un butin si considérable, qu’il ne se trouvait
(3o) Le mot jl , si je ne me trompe, désigne un maître d’escrime. En effet, le mot
signifie, je crois, l'escrime. On lit dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (t. II, man. 748, fol. 2 r°) : j j v jUHJL “Il était passionné pour l’art de tirer des flèches, pour l’es-
« crime et la lutte. » Le verbe à la troisième forme, signifie tâter un ennemi, chercher à le prendre
au dépourvu. On lit dans le Divan des poètes de Hodheïl (fol. 70 r°) : As;*, ’iî «Il le harcela huit ou neuf fois, sans pouvoir le surprendre.
plus personne qui voulût acheter un bœuf ou un buffle. Ces courses hostiles s etendirent depuis Tripoli jusqu’à Orsouf. L’armée du sultan vint camper devant Sour(Tyr); ce prince resta dans les environs d’Akkâ, et l’émir Nâser-eddin- Kaïmeri s’était porté près d’Athlith.
Les habitants d’Akkâ prièrent l’atabek de s’entremettre pour leur obtenir la paix. Le sultan, tout occupé de la ville de Safad, fit revenir les troupes qu’il avait envoyées dans diverses directions. L’émir Bektasch-Fakhri, émir silah , se mit en marche , conduisant avec lui la tente^JlsO du sultan , et vint camper devant Safad. II fut suivi de l’émir Bondokdar et de l’émir Izz-eddin-Igan , à la tête d’un corps d’armée. Tous mirent le siège devant la place. Le sultan resta devant Akkâ jusqu’au moment où il eût été rejoint par ses troupes, et qu’il eût fait établir un grand nombre de machines de guerre; alors il se mit en mouvement, suivi de ses soldats complètement armés, s’avança jusqu’aux environs de la porte d’Akkâ, et s’arrêta sur la colline de Fodoul Jj ; ensuite, il se rendit à Aïn-
Djalout; puis, vint camper devant Safad, le lundi, huitième jour du mois de Ramadan , et forma le siège de cette ville. Dans ce moment , il vit arriver des ambassadeurs envoyés par le prince de Sour (Tyr), les Ismaéliens h jl , le prince de Beirout, celui dé lafa, et celui deSahioun. Le sultan présidait en personne aux opérations du siège. Des machines, expédiées de Damas, arrivèrent au pont de Jacob , qui était le poste que le prince avait choisi devant Safad.
Les chameaux s’étant trouvés hors d’état de conduire ces machines, des soldats et des émirs s’avancèrent pour les porter sur leurs cous. Le sultan, en personne, arriva sur les lieux, entouré de ses principaux courtisans, et s’occupa, en secondant les bœufs, à traîner des pièces de bois. Les autres travailleurs, lorsqu’ils se trouvaient fatigués, se reposaient, puis retournaient à l’ouvrage; le sultan seul ne se lassait point, et n’interrompait pas un instant sa tâche. Enfin, les machines furent dressées le vingt-sixième jour du mois , et commencèrent à tirer sur la ville. Le sultan se tenait constamment auprès de ces machines, tandis qu’elles jouaient. Cependant, les troupes de l’Égypte et de la Syrie arrivèrent successivement, et occupèrent les quartiers qui leur étaient assignés. La nuit qui précéda la fête de la rupture du jeûne, l’émir Bedr-eddin-Aïdemuri s’étant avancé pour offrir au prince ses félicitations, relativement à la solemnité de ce jour, une pierre lui tomba sur la tête. Le sultan défendit que personne dans le camp ne visitât ses amis, à l’occasion de la fête , et ne quittât son poste , dans la crainte que l’ennemi ne profitât de la circonstance pour surprendre l’armée. Le jour de la rup-