‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 91 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-BIBARS

an 665 (1266).

pour chaqu efeddan de terre. Le schérif Mâlek-ben-Mounif arriva de Médine, pour se plaindre du schérif Djemaz, émir de cette ville. Il alléguait que les prérogatives de l’ émirah avaient été partagées également entre son père et celui de Djemaz. Un ordre, adressé à celubci, lui enjoignit de restituer à Bedr-eddin la moitié des droits attachés au rang d’émir. Bedr-eddin reçut un acte d’investiture qui lui assurait sa dignité; on lui remit en même temps la moitié des wakj, appartenant à la ville du prophète, et situés dans la Syrie et dans l’Égypte. Djemaz se soumit aux ordres du sultan.

Au mois de Dhou’lhidjah , le puits du réservoir de Jérusalem se trouva à sec, en sorte que la population éprouva une extrême disette d’eau. Un homme étant descendu dans le puits, reconnut qu’un conduit était bouché. On avertit l’émir Âla-eddin-alhâdj-Rokni, gouverneur de Jérusalem, qui fit venir des maçons, et examina l’état des constructions souterraines. Ils pénétrèrent dans un canal, qui les conduisit jusques sous la saklirah î . Là, ils trouvèrent une porte cintrée jiabu (5o) qui était bouchée. Lorsqu’ils l’eurent ouverte, il en sortit une telle masse d’eau , qu’ils faillirent être noyés. Le gouverneur écrivit ces détails au sultan. Suivant ce qu’il lui manda , l’eau ayant diminué dans le bassin hl'Ld ! , les ouvriers y descendirent et trouvèrent une digue, dans laquelle les tailleurs de pierres , après un travail de vingt jours , pratiquèrent une brèche ; ensuite ils rencontrèrent un toit bien cimenté kiliu (5i). Ils y firent une ouverture, qui avait une

jkj-i >. — aJ ] jLz. «Quinze mille dinars souri. » Quelquefois, le mot est mis seul, au

lieu de .LlO , comme dans ce passage de Y Histoire d’Alep (man. ar. 728, fol. 190 r°) : àilkî

UflJ î j v sJî ÏjL^j « Il le relâcha, pour une somme de cent cinquante mille souri. »

Il paraît que cette monnaie avait une bien faible valeur, car nous lisons dans la Vie de Bibars (m. 8o3,

fol. 99 v°), « que mille dinars d’Égypte équivalaient à vingt-cinq mille dinars souri s sdl djjj&J

jLo v — aJi j h ÿo. » Mais peut-être, l’auteur où le copiste a-t-il

pris le dinar pour le dirhem.

(50) Le mot^ila.» signifie cintré, voûté. On lit dans le Moroudj de Masoudi ( tom. I, f. 63 v°) :

jL l 3 « Des ponts cintrés.» Ibid. : 'SjJaÂiù « Ses rues et ses ruelles étaient

« cintrées. » Dans la Vie de Bibars de Nowaïri (fol. 37 r°), on lit aussi : t^iaisU b b Dans

l’ Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. I, man. 656, fol. 41 v°) : ï^Jalsu \is « 11

« forma là voûte du pont avec des pierres cintrées. » Dans une Histoire de Damas (m. 823, f. 7 r° ) : La la X& u Là étaient des voûtes de plomb. »

(51) Le verbe Jaila, qui a donné naissance à notre mot calfater, signifie cimenter. Dans la Vie de Bibars de Nowaïri, on trouve, comme chez notre auteur : iaili» wüw Jus- y . On lit dans la Des-

longueur de cent vingt coudées, de la mesure employée pour les travaux de construction; aussitôt, l’eau sortit en abondance, et remplit le conduit.

Cette même année, le sultan fit élever un pont sur le canal, appelé Bahr- Abi’lmounedja, dans le canton de Beïsous. Ce fut l’émir Izz-eddin-Aïbek-Afrem , qui présida à cette construction; et ce pont fut un des plus vastes que l’on connût. Bientôt après, le prince fit rebâtir à Damas, le palais appelé Kasr-ablak Jjb'itîj^süî (5a) (le cliâleau blanc), situé dans le Meïdan-akhdar

cription de l’Égypte de Makrizi ( art. des Ponts , man. ar. 682. ) : (Jit* U"* ^

«Quelquefois on cimentait ce pont, dans la crainte de voir submerger le quartier de Maks. »

(52) Nowaïri, qui raconte également ( Vie de Bibars , fol. 33 v°) la construction du Kasr-ablak , nous donne, à ce sujet, les détails suivants: «L’an 665, le sultan Melik-Dâher donna ordre de « bâtir Lâoî le Kasr-ablak , situé dans le Meïdan-akhdar , en dehors de Damas. Il fut construit tel « qu’il est aujourd’hui. Il arriva, dans cette occasion, un fait remarquable, cjui a été raconté par un « de ceux qui prenaient part aux travaux. On achevait la construction de l’arcade VjJaxiH , qui cou- « ronne la salle d’audience et il ne restait plus qu’à placer une seule pierre, de couleur

» noire. Elle avait été taillée et disposée pour le lieu qu’elle devait occuper. On l’élevait à l’aide de « cordes; mais, l’une d’elles s’étant rompue, la pierre tomba sur le pavé de la salle, et se brisa en « morceaux. L’architecte fut vivement affligé de cet accident. Étant entré, pour satisfaire un besoin «naturel, dans les latrines de l’ancien palais il remarqua, sur un des bancs

« une pierre noire, toute taillée. En la mesurant, il reconnut qu’elle avait absolument les

« dimensions de la pierre qui venait de se briser. Il demanda à l’émir Djemâl-eddin-Nedjibi la per- « mission d’enlever la pierre, et de la placer au sommet de la voûte. Ayant obtenu cette autorisation, « il arracha la pierre, la fit hisser au haut de l’arcade, où on la scella, et où elle s’adapta parfaite- « ment, comme si elle avait été disposée exprès. La pierre brisée fut remise à la place de l’autre, sur « le banc des latrines. »

L’auteur du Mesalek-alabsar (man. 583, fol. 21 1 r°), nous donne sur cet édifice les détails qu’on va lire : « Le palais, appelé Kasr-ablak, fut construit par ordre de Melik-Dâher-Bibars-Bondokdâri. « Le mur extérieur est, depuis le haut jusqu’en bas, composé de pierres noires et jaunes, disposées « de manière qu’une assise d’une couleur, est suivie d’une assise de couleur différente. Le

« travail a été exécuté avec un art et une symétrie admirables. Pour arriver dans ce palais, on entre « d’abord dans un édifice placé sur un pont établi au-dessus de la rivière. On pénètre dans une « salle extérieure, qui domine sur le Meïdan méridional, et qui fut reconstruite par ordre

« d’Akousch-Afrem, à l’époque où il était naïb (gouverneur) de Damas. De là, on entre dans le « palais par un vestibule étendu j.J.aO, qui comprend plusieurs chambres 'JlaLs-lS d’une magnificence «royale. Le plancher, les murailles, en haut comme en bas, sont formés de marbres de diverses « couleurs , recouverts d’or, d’azur, de mosaïques dorées. Des plates bandes jj ! de marbre régnent «jusqu’au toît; Dans le grand palais se trouvent deux salles placées vis-à-vis l’une de l’autre. Les « balcons de la salle orientale ont vue sur le Meïdan-akhdar , et ceux de la salle occidentale do- « minent la rivière , qui déploie ses eaux comme une nappe d’argent. Là, s’élèvent des pavillons d’une « grande hauteur, du toît desquels, dans les quatre directions, on découvre la ville entière, la vallée

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