IV. MELIK-DAHER-EIBARS
ak 665 (1266).
(L’hippodrome vert.) Les travaux furent exécutés sous l’inspection de l’émir Akousch-Nedjibi , naïb (gouverneur) de Damas. L’édifice, construit en marbre blanc et noir, présentait de vastes dimensions , et était, de tous côtés, environné de jardins et de courants d’eau. Jamais on n’avait élevé dans cette ville rien d’aussi magnifique. Ce palais resta sur pied et continua d’être une résidence royale , jusqu’au moment où il fut démoli par ordre de Timour-lenk, l’an 8o3, à l’époque où ce conquérant livra aux flammes et à la dévastation la ville de Damas. Cette même année, Mangou-Timour, fils de Tagan, fils de Batou-khan, fils de Douschi-khan , fils de Djinghiz-khan, s’assit sur le trône du Kabdjak,dans 340 la ville de Saraï comme successeur de feu Bérékeh-klian , fils de Saïn-
khan, (Batou-khan) fils de Douschi-khan. Bérékeh montra toujours un vif attachement pour l’islamisme; il fut un des plus grands monarques qui aient régné sur les Tatars, et choisit pour sa capitale la ville de Saraï.
Le kadi-alkoclat Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Khalf-Alaï, plus connu sous le nom d’Ebn-Bint-alaazz, mourut le vingt-septième jour du mois de Redjeb , à l’âge de cinquante-et-un ans. Il eut pour successeur, dans les fonctions de kadi du Caire et de la partie septentrionale de l’Égypte , Taki-eddin-Mohammed-ben-Hosaïn-ben-Rezin , de la secte de Schaféï. Mohii-eddin-Abd-allah-ben-Scherf-eddin- Mohammed, surnommé Ebn-Aïn-eddaulah, fut promu au rang de kadi de Misr (Fostat), le jeudi, neuvième jour du mois de Schaban , en vertu d’un diplôme qui lui fut adressé , peu de temps après la mort de Tadj-eddin-Ebn-Bintalaaz, et qui le maintenait dans les fonctions de kadi de Fostat et de la contrée méridionale.
Cette même année, l’émir Halebi fit le pèlerinage (de la Mecque), et distribua en aumônes des sommes considérables qui lui avaient été remises pour cet objet par le sultan Melik-Dâher. Le sâheb (vizir) Mohii-eddin , fils du sdheb Behâeddin-ben-Hinnâ, fit également le pèlerinage.
Cette année vit mourir l’émir Mser-eddin-Hosaïn-ben-Aziz-Kaïmeri , naïb assaltanah (gouverneur) du Sahel (la côte de la Syrie) (53); Schehab-eddin-Kâsem-
«de Goutah et la rivière. Ce palais renferme des appartements royaux, des écuries dignes d’un « sultan, des bains, et tout ce qui peut servir à l’usage des princes. » Nous voyons dans l’histoire que ce palais était la résidence des souverains ou des vice-rois de Syrie. Lorsque Timour se rendit maître de Damas, ce fut dans cet édifice qu’il établit son séjour (Abd-errazzak, t. I, de mon manuscrit, folio 210 recto).
(53) Au rapport de Nowaïri (fol. 36 r°), du prétendu Hasan-ben-lbrahim (fol. 194 v°), d’Àbou’l -
Abd-errahman-ben-Ismaël-ben-Othman , surnommé Abou-Schâmah-Moukaddesi (natifde Jérusalem), le schaféï (54) mourut à Damas, à 1 âge de soixante-six ans (55).
mahâsen (fol. 217 r° et v°), « cet officier était un des principaux émirs, un de ceux qui occupaient «auprès du prince le rang le plus éminent. C’était lui, qui au moment de la mort tragique de Tou- «ranschah, lils de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub , avait livré la Syrie à Melik-Nâser-Iousouf, «souverain d’Alep. Distingué par ses rares qualités, son courage intrépide, sa générosité, il com- «(manda les armées de la Syrie, sous les règnes de Melik-Sâleh et de Melik-Nâser. Sous ce dernier « règne, il était plus obéi que le sultan lui-même : tous les Curdes lui étaient dévoués, et exécutaient « fidèlement ses ordres : Melik-Dâher lui conféra un bénéfice militaire ^Üaâ’î dans le Sahel, et l’éleva «au-dessus de tous les émirs de cette province. C’était lui qui avait fait construire, à Damas, le « collège Kaïmeriah, destiné aux Schaféïs, et situé près du minaret JkôU de Firouz. Il dépensa, « disait-on, pour cet objet, une somme de quarante mille dirhems. Il mourut, le dimanche, trei- « zièmc jour du mois de Rebi-premier, dans la province où il commandait. Plein de fierté, il se « plaisait à rivaliser avec les sultans, pour la magnificence de son cortège, le nombre de ses chevaux, « de ses mamlouks, et des gens de sa suite. »
(54) Au rapport du prétendu Hasan-ben-Ibrahim (man. non catalogué, fol. 194 r° et v°), «le « scheïkh Schehûb-eddin-Abou’lkâsem-Abd-errahman-ben-Ismaïl-beivIbrahim , plus connu sous le «nom d’Abou-Schâmah ji ! fut scheïkh (docteur) de la maison des traditions « Aschrafiah, et professeur dans le collège Rokniah. Il composa plusieurs ouvrages utiles, parmi «lesquels 011 distingue : i° Un abrégé de l’histoire de Damas; %° Un commentaire sur le livre intitulé Schatibiah L— JsUÜ! ; 3° L’ouvrage qui a pour titre îj.~^ )j (la Résurrection et le
«Voyage nocturne); celui qui a pour titre j îjj^Jî 1, 4 ^ ^ (le
«Livre des deux jardins, concernant l’histoire des deux règnes, celui de Noradin et de Saladin). Il «y ajouta une continuation. Il vint au monde, le vendredi, vingt-troisième jour du mois de Rebi- « second, l’an 599. 11 prit des leçons de jurisprudence xJLsù' sous Fakhr-eddin-ben-Asâker, Ebn- « Abd-esselam, le scheïkh Seïf-eddin-Amidi, et le scheïkh Mouwaffik-eddin-Ebn-Kodamah ; et on « assure qu’il parvint, dans cette science, au rang de Moudjtehid. Il s’exercait aussi à faire des vers. «Enfin, personne, de son temps, ne l’égala, pour la variété des connaissances, le zèle religieux, la «fidélité et l’intégrité. Il avait lu l’Alcoran sous le scheïkh Alem-eddin-Sakhawi, qu’il accompagna « pendant quelque temps. Il prit aussi de lui des leçons de langue arabe. Il périt victime du complot « de certaines personnes, qui apostèrent contre lui un assassin. Il demeurait alors près des moulins «destinés à écraser la soude «IkiTbM On l’accusait d’un fait dont il paraissait innocent;
« et des professeurs de traditions wO-Xs-*! J.&Î et autres personnages ont attesté qu’il avait suc- « combé sous une injustice. 11 ne cessa de poursuivre ses travaux historiques , jusqu’à ce qu’il fût « arrivé au mois de Redjeb de cette année. Suivant ce que l’on rapporte, il avait déjà été attaqué « une fois, dans sa maison. Ses assassins étaient entrés chez lui, et l’avaient frappé violemment, dans « l’intention de le tuer. Comme il avait survécu à cet accident, on l’engageait à se plaindre en justice; « mais il refusa , et répéta ces vers :
« J’ai répondu à ceux qui me disaient : Pourquoi ne te plains-tu pas? L’attentat dont je suis la « victime est terrible , atroce.