IV. MELIK-DAHER-B1BARS
an 667(1268). IV. MEL1K-DAHEB-B1BARS. 5g
Le premier jour du mois de Moharrem , le sultan monta à cheval, pour visiter la mosquée qu’il faisait construire en dehors du Caire : après quoi, il alla
< de mettre le séquestre sur les jardins, les villages, les terres, que possédaient lés habitants
« de Damas , soit à titre de propriété particulière , soit comme fondations pieuses ;
„ C’est nous, disait- il , qui avons conquis ces provinces à la pointe de l’épée , et les avons enlevées « aux Tatars. » L’année précédente, il avait songé à réaliser ce projet, et avait tenu, pour cet objet , «une assemblée, à laquelle il assista en personne, avec les kadis, et les fakih (jurisconsultes). Le « kadi Schems-eddin-ben-Ala, lehanbali, déclara que cette proposition était illicite, et qu’il n’était pas « permis de discuter un pareil sujet. Après quoi, il se leva tout en colère. Le sultan, interdit, n’osa «point passer outre. Cependant, une forte gelée 'îbjl; ravagea les jardins de Damas, et en
« grilla presque tous les arbres. Les habitants se figurèrent que cet accident engagerait le sultan à les « laisser en repos; mais ils furent trompés dans leur attente. Ce prince, étant arrivé à Damas, et se «préparant à retourner en Égypte, tint, dans la maison de la justice J J.*J ! j ta , une conférence « à laquelle assistèrent les kadis, les faldh et les habitants de la ville. Il remit sur le lapis
« l’affaire des jardins, et produisit des décisions émanées des jurisconsultes hanefis, qui re~
« connaissaient la légalité de cette mesure. Le sâlieh (vizir) Fakhr-eddin-Mohammed , fils du sâheh «Beha-eddin entra en négociation avec le sultan, et il fut arrêté que les propriétaires des jardins «seraient taxés à une somme d’un million de dirhems. Les habitants refusèrent de se soumettre à «cette décision, et déclarèrent qu’ils étaient hors d’état d’acquitter cette contribution, argent «comptant Us demandèrent que la taxe fut divisée en plusieurs années; ce que le sultan
«ne voulut point accorder. La chose traîna en longueur, jusqu’au moment où ce prince quitta « Damas. Lorsqu’il fut arrivé à la station de Ladjoun le sâheh Fakhr-eddin, l’atabek,
«et les émirs lui ayant reparlé de cette affaire, il fut arrêté que les habitants payeraient argent «comptant une somme de quatre cent mille dirhems; qu’on leur tiendrait compte de ce qui avait « été levé en nature Jx» par les délégués du sultan ; que le reste de la contribution serait perçu en « plusieurs termes, à raison de deux cent mille dirhems par année. Cette décision fut consignée dans « un acte authentique > qui fut lu sur le menber (la chaire) de Damas. »
Parmi les hommes marquants que cette année vit mourir, Abou’lmahâsen (fol. 218 r° et v°) et le prétendu Hasan-ben-Ibrahim (man. non catalogué, fol. 198 r° et v°), comptent : « i° le Rets « Kemâl-eddin-Abou-Iousouf-Ahmed-ben-Abd-alaziz . . . Haïebi, plus connu sous le nom d ' Ebn- « aladjemi î. C’était un poète et un administrateur savant, habile, également
« distingué sous le rapport de l’écriture et de la rédaction. Il avait été secrétaire au service de Melik- « Nâser-Salah-eddin-Iousouf , et avait tenu dans ces fonctions, le rang le plus éminent. Il était âgé «de quarante-six ans lorsqu’il mourut, dans les environs de Sour (Tyr), dans les derniers jours du « mois de Dhôu’lhidjah. Son corps fut transporté à Damas, et enterré en dehors de cette ville; « 20 Afif-eddin-Abou’Ihasan-Ali-ben- Adlan . . . Mauseli, le grammairien, le biographe «C’était un homme éminent, plein de connaissances littéraires , et poète distingué. Il mourut au « Caire, le vendredi, neuvième jour de Schewal , et fut enterré le lendemain , au pied du mont Mo- «kattam. Il était né à Mausel (Mosul) l’an 583 (de J. C. 1 187). Parmi ses vers, on cite les suivants :
« Ne t’étonne pas si tu vois échapper ce qui est l’objet de tes désirs r familiarise ton esprit avec le « malheur et la fatigue ;
Go
faire l’ouverture du canal d’Abou’lmounedja ; puis , il rentra au château. Ce prince montra, à celte même époque, un goût très-vif pour l’exercice de l’arc et les autres pratiques guerrières. Il fit construire un mastabeh Lhw (une estrade) (72) dans le meïdan (l’hippodrome) de la fête xjJÎ , placé en dehors de la porte
du Caire appelée bab-annasr (la porte de la victoire). C’était là qu’il se
rendait chaque jour, à l’heure de midi, pour s’amuser à lancer des flèches. Il ne quittait le meïdan qu’à la fin de la soirée. Il excitait tout le monde à tirer de l’arc, et à se faire, en ce genre, des défis ^l»,. H n’y avait aucun émir ou Mam-
« Si la pauvreté règne aujourd’hui constamment dans ce monde, ne t’en étonne pas : car les hommes « généreux sont morts, et aucun de ces êtres nobles n’a laissé de postérité. »
« 3° Le poète Ebn-alkhaschkeri Nomani (natif de la ville de Noma-
« niali). Il périt, parles ordres d’Àla-eddin , le chef de l’administration de Bagdad.
« Il était convaincu parla voix publique de plusieurs faits criminels. Ainsi, il n’hésitait pas à mettre ses < vers au-dessus du livre auguste de l’Aicoran. Le ministre se rendant à Wâsit, et passant par Noma- «niah, Ebn-alkhaschkeri vint le trouver, et lui récita des vers qu’il avait composés à sa louange.
Pendant la lecture, le crieur appela à la prière. Ala-eddin engagea l’auteur à se taire; mais
«il répondit: «O mon seigneur, veuillez écouter une production nouvelle, et laisser là celle qui compte une antiquité de bien des années. » Ala-eddin resta convaincu de la vérité des bruits re- « pandus. Toutefois, il ne fit point paraître son mécontentement, et traita l’auteur avec gaîté, jus- « qu’à ce qu’il eût bien connu ses véritables sentiments. Au moment de partir, il dit à un de ceux « qui l’accompagnaient : « Ne manque pas, durant la route, de tirer le poète à l’écart, et de l’égorger. » « Cet homme marchait à côté d’Ebn-alkhaschkeri, et s’écarta avec lui du cortège. Alors, il dit à quelques « personnes qui se trouvaient avec lui, comme en plaisantant : « Faites descendre cet homme de son «cheval. « Ils l’en précipitèrent, malgré ses injures, et ses malédictions. Ensuite, on le dépouilla de « ses vêtements; puis un des assistants lui porta un coup d’épée sur le cou, et lui trancha la tète. »
(72) On lit dans la relation de Thévenot (Voyages dans le Levant, tom. III, p. 98) : «Un mastabé « est une espèce d’estrade , c’est-à-dire que le pavé est relevé de deux ou trois pieds de terre ; et c’est « là que logent les passants. » Dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (t. II, man. 65j, f. 17 r°), on trouve ces mots : y « H bâtit au-dessus de leur tète des mastabeh .» La Description
de l’Égypte, de Makrizi (tom. I, man. 797, fol. 26 v°), offre ces détails : . . . J-**
Üj js4! Liu*,.* “ G Ht élever des mastabeh, pavés de verre, et sur chacun desquels
« on voyait une merveille.» Le même historien (man. 682, fol. 36 1 v°) nous apprend que le sultan Mohammed-ben-Kelaoun avait fait bâtir un mastabeh pour l’homme qui prenait soin de nourrir les oiseaux de proie destinés pour la chasse : lalo J! xJwft- On lit dans le
Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. I, fol. 48 r°) : t -'-*3 « Il s’assit sur le mastabeh
« destiné pour celui qui nourrissait les oiseaux de proie. » Nous apprenons du continuateur d’Elmacin «(man. ar. 619, f. 200 v°), que les mots : Liwf ! «La secrétairerie du mastabeh» désignaient:
Les fonctions de secrétaire du substitut du wâli : » ï/ÜjJ I blJ l>\sS ^a Liwfl LblSà
an 667 (1268}. IV. MELIK-DAHER-B1B ARS. 61
louk , dont cet exercice ne fût la principale occupation ; et des hommes de toutes les classes se livraient constamment au jeu de la lance et à celui de l’arc. Ce même mois, des ambassadeurs arrivèrent de toutes les contrées, pour féliciter le sultan sur les brillants succès cpie Dieu avait accordés à ses armes.
Le jeudi, neuvième jour de Safar, Melik-Saïd-Bérékeh s’assit sur le trône royal ^XUt Z-dy. Les émirs se présentèrent devant lui, et baisèrent humblement la terre. Devant ce prince, étaient assis l’émir Izz-eddin-Halebi, l’atabek, le snheb (vizir) Belia-eddin, les secrétaires de la chancellerie .Liô'iÜ les kadis , les
schâhed t (témoins). 11 reçut le serment de fidélité des émirs et de tous les corps de troupes.
Le treizième jour de ce mois, Melik-Saïd se mit en marche, avec le même cortège qui accompagnait son père, et alla tenir une séance dans le Iwcin^ la salle d’audience) j^l. On fitdevantlui la lecture des divers placets ^^aàJî. Le 21 dumois, on lut dans cette salle l’acte authentique jJüLV qui conférait à ce prince le rang de sultan. Dès ce moment, il continua de venir, à la place de son père, siéger dans *147 cet édifice, pour juger les procès, apostiller les requêtes, et prononcer la mise en liberté des captifs. Il s’y rendait chaque fois en grande pompe. Le sultan lui
donna pour suppléant > olj l’émir Bedr-eddin-Bilik, le khazindar (le trésorier), en
remplacement de l’émir Izz-eddin-Halebi.
Le douzième jour de Djoumadâ second, le sultan se mit en marche pour la Syrie, accompagné de l’émir Izz-eddin-Halebi, des principaux émirs, et d’un corps de troupes. Il laissa la plus grande partie de l’armée auprès de Melik-Saïd. Arrivé à Gazah, il distribua à ses soldats une gratification. De là, il vint camper devant Orsouf, à cause des nombreux pâturages qui environnaient cette ville.
Là, il reçut une lettre du roi de Sis, qui annonçait l’arrivée d’un ambasssadeur, envoyé par Abaga, fils de Houlagou, et qui devait se rendre auprès du sultan. L’émir Nâser-eddin-ben-Saïram, mouschid (inspecteur) d’Alep, reçut l’ordre de se rendre à Sis, afin qu’on lui remit cet ambassadeur, et de prendre toutes les précautions nécessaires pour qu’il ne pût parler à personne. Il l’amena à Damas, où il fut reçu sans aucune pompe, et on lui assigna pour logement la citadelle. Dès que le sultan en eût appris la nouvelle, il monta à cheval, partit d’Orsouf, où il laissa ses bagages, et se mit en marche, escorté des émirs. Arrivé à Damas, il donna audience à l’ambassadeur. Dans la lettre dont cet envové était porteur, on lisait entre autres choses :« Le roi Abaga, parti des contrées
«orientales, a conquis le monde entier. Nul n’a pu lui résister; tous ceux qui «l’ont tenté, ont péri de mort naturelle ou violente. Quant à toi, que tu montes «au ciel ou que tu descendes vers la terre, tu ne saurais nous échapper; tu n’as «rien de mieux à faire que de conclure avec nous une paix durable. » L’ambassadeur devait dire de vive voix au sultan : «Toi qui es un esclave qui as
«été vendu dans la ville de Siwas, comment oses-tu braver les rois, souverains « de la terre. » On fit réponse à la lettre, et on congédia l’envoyé.
Le premier jour du mois de Scliaban, l’émir Izz-eddin-Halebi mourut à Damas. Ce même jour, le sultan sortit de cette ville, dit adieu à tous les émirs, et les fit partir pour l’Egypte. Il ne resta auprès de lui, de tous les principaux émirs, que l’émir-atabek, Mohammedi-Aïdemuri , Ebn-Allas-khan, et Akousch-Roumi. Escorté de ces officiers, le prince se rendit à la forteresse de Soubaïbah (73), puis à Schakif. Étant monté dans la citadelle, il expédia de là un ordre écrit pour faire transporter les bagages à Kliarbat-allosous bjà., place située près d’Orsouf.
Ils v furentamenés par l’émir Ak-sonkor-Fârekani, Xostadâr. Le sultan se transporta vers celte même ville, où il séjourna plusieurs jours. Ayant formé le projet de se rendre en Égypte, il dissimula son dessein. Il fit dire aux gouverneurs d’écrire à Melik-Saïd, et de suivre en tous points ses réponses. Il régla que toutes les dépêches arrivées par la poste seraient lues en sa présence; et qu’on lui apporterait des feuilles en blanc, sur lesquelles il écrirait ses réponses.
Le quatorzième jour du mois, le sultan feignit une indisposition, et manda les médecins dans sa tente. Tout semblait à l’extérieur occupé de sa maladie. Dès le matin , les émirs entrèrent auprès de lui, et le trouvèrent ayant le corps ramassé, dans l’attitude d’un homme qui souffre. Il écrivit à Damas, pour faire venir des breuvages médicinaux. Il recommanda aux deux émirs Bedr-eddin-Aïdemuri et Seif-eddin-Bektout-Djermek-Nâseri de se transporter à Alep , sur les chevaux de la poste, accompagné d'un beridi (courrier de la poste). Ils devaient se mettre
348 en marche la nuit du samedi, seizième jour du mois. Le sultan leur avait recommandé de se rendre, au moment de leur départ, derrière latente, afin qu’il pût leur donner , de vive voix , ses instructions. Il désigna l’émir Aksonkor-«.y.raX7 (l’écbanson) comme devant prendre la route de l’Égypte, sur les chevaux de la poste. 11 lui remit son carquois et lui enjoignit de se placer derrière la tente des d/emdars , qui, elle-même, était derrière le dehliz (la tente royale). L’émir
[•;?>) Je lis ï~w.J! üàdâ, au lieu de I — ! S.xl'9.
an 667 (1268). IV. MELIK-DAHER-BIBARS. 63
s’étant venu poster au lieu indiqué, le sultan se revêtit d’un manteau déchiré y b y , se coiffa d’un schasch vieux et enfumé. Il voulait sortis- , sans
être reconnu par les gardes. Ayant trouvé un vêtement de nuit çÿ qui appar-
tenait à un des mamlouks, il appella un eunuque, du nombre de ceux qui étaient attachés à son service intime, et lui dit : « Je vais sortir, emportant ce costume, « marche devant moi; si quelqu’un te demandes qui je suis, réponds : C’est un « portier LjUI qui s’est chargé des vêtements d’un page Celui-ci
« se trouvant malade, ne peut venir cette nuit faire son service; et son esciave « lui porte son habit. » A l’aide de ce stratagème, le sultan sortit, sans que personne le remarquât. Il avait eu soin de dire, en confidence, à l’émir Scbemseddin-Fârekani, qu’il se proposait de faire une absence de quelques jours. Dès qu’il fût hors de la tente, il se dirigea du côté où il avait donné rendez-vous à l’émir Aksonkor-av,raÂé ( l’échanson ). On avait placé là quatre chevaux, qu’il avait fait conduire par l’émir Belia-eddin, émir-aklior , qui s’était posté avec eux dans un endroit indiqué. Aksonkor prit les chevaux, puis renvoya vers le sultan Y émir-akhor, qui avait conduit ces animaux. Ensuite, il atteignit Aïdemuri et son compagnon de route. Bientôt, le sultan les rejoignit et se mit à courir avec eux, sans qu’il le reconnussent. Ils marchaient ainsi depuis longtemps, lorsque Bibars demanda à Aïdemuri s’il le reconnaissait. L’émir répondit affirmativement, et voulait descendre de cheval, pour baiser la terre. Le prince s’y opposa. Puis il dit à Djermek : « Et toi, me reconnais-tu? L’émir lui répondit : « Pourquoi cela, seigneur? b » Le sultan lui enjoignit de ne rien dire. Ils avaient avec eux l’émir Alem-eddin-Schakir, commandant des héridis ajjo^J! (courriers de la poste). Leur cortège se composait de cinq personnes, accompagnées de quatre chevaux de main , choisis parmi ceux qui appar-
tenaient exclusivement au sultan. On continua de marcher dans la direction de l’Egypte, et on arriva, vers le milieu de la nuit, à Kosaïr-maïni,
Le sultan entra dans la maison du wdli dont il voulait prendre le cheval.
Cet officier, à la tête d’environ cinquante fantassins, s’avança pour le repousser (74) et lui dit : « Ce bourg est la propriété du sultan , personne n’a le droit
(74) Le verbe signifie conturbatus fuit et tumultuatus fuit. Avec la préposition il doit se traduire par insurrexit in aliquem, irnpetum fecit in eurn. On lit dans Y Histoire d’Egypte d’Ebn- Aias (tom. II, fol. 1 38) : a)^ ^ «Il tira son épée, et se précipita sur ceux
« qui l’entouraient. » Et plus loin (fol. 591) : « Il se jeta sur les janissaires. >>
«d’y prendre un cheval. Passez votre chemin, sinon, vous allez périr par nos « mains (^5). » Ils s’éloignèrent, et poursuivirent leur route. Arrivés à Beïsan, ils se rendirent à la maison du wdli ( 76). Le sultan dit à (Aïdemuri) : « D’ordinaire , « tout le monde se rassemble à ma porte, et, aujourd’hui, me voilà sur la porte cf de ce wdli, qui ne daigne pas faire attention à moi. Telles sont les vicissitudes « du monde.» Le sultan ayant demandé au wdli un vase plein d’eau, il répondit : « Je n’en ai point, si tu as soif, sors , et va boire. » Aïdemuri alla chercher une bouteille et le prince se désaltéra. Ils partirent aussitôt, et arrivèrent au point du jour, à Djehneïn ^1^.. Us ne trouvèrent au relais de la poste que des chevaux boiteux et couverts de plaies. Le sultan en monta un , sur lequel il pouvait à peine se tenir, tant les plaies de l’animal exhalaient une odeur infecte. Lorsqu’ils descendirent à Tell-aladjoul Ji, chacun d’eux fut obligé de tenir
son cheval. A Alarisch , le sultan, accompagné de l’émir Djermek, resta de-
bout au milieu des préposés à la distribution de l’orge üü. 11 dit à cet émir : 349 « Où est maintenant le sultan? où est l’ostâdar, l’émir djemdâr, et toute cette « foule qui vient te faire la cour? C’est ainsi que les souverains quittent le trône; « et le dieu Très-Haut est seul éternel. » Des quatre chevaux de maip qui accompagnaient les voyageurs, il n’en restait plus qu’un, que le sultan conduisait par la bride, et qui le mena jusqu’à Sâlehieh. Ils arrivèrent au château de la Montagne, le mardi, dans les premières heures de la nuit. Les gardiens les obligèrent de s’arrêter, jusqu’à ce qu’ils eussent consulté le wdli. Le sultan descendit près de la porte de l’écurie J.Ja-'iî! et demanda Vémir-akkor. 11 avait en-
Le mot 'LLjüs signifie trouble , sédition. On lit clans le Manhel-sâfi d’Aboul’mahâsen (t. II, f. 33 A. v°): 'LLj3> «Il s’éleva une sédition. »» Ailleurs (tom. V, fol. 199 v°) : Lj
i.~Jo ^J.5. L 4U. « Lorsqu’Adel eût vu la sédition, il craignit pour sa vie. » Le verbe à la
deuxième forme, signifie troubler , agiter. On lit dans le Dorret-algavvas de Hariri, (f. 11 v°) :
^ ^.âJ! " dit j’ai troublé une chose, et elle est
<i troublée. Cela dérive du mot cjui signifie : Être mêlé dans des projets pervers. >•
(75) Le texte porte j. Dans le manuscrit de Nowaïri, on lit « Nous allons vous
« combattre. «
(76) Nowaïri ajuote : «Us lui dirent : Nous désirons des chevaux de poste; il leur répondit : « descendez, et prenez-en. Us descendirent en effet; et le sultan s’assit aux pieds du wdli, qui était « alors couché. »