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V, — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE SISMONDI

finie de la richesse, ces échanges successifs du revenu d'hier avec le produit d'aujourd'hui, cette succession des phases du mouvement social delà richesse qui reparaissent toujours dans le même ordre^ l'effet redevenant sans cesse la cause de phénomènes nouveaux (1 > Il permet aussi de descendre dans l'intimité de la vie de nutrition sociale, en représentant par exemple par l'un des cercles ie mouvement de la richesse agricole, et par l'autre le mouvement de la richesse industrielle.

Tel serait l'équilibre parfait, la statique économique absolue correspondant à la vie continue, sans accroissement, ni diminution, ni de la richesse, ni de la population. Il exprime un ensemble de relations constantes et invariables entre toutes les fonctions. Il implique que la consommation trouve dans le revenu les conditions d'une acquisition des produits par Y échange^ telle qu'elle satisfasse aux besoins. 11 implique que le revenu absorbe la production effective. 11 implique que le producteur, par réchange, reconstitue à la fois tous les éléments matériels qui ont servi à faire accomplir la production, et la puissance de travail qui les a fécondés.

§ 4. La dynamique économique de Sismondi. — La conception d'un progrès économique normal se lie à celle d'un ordre naturel. Ce sera l'accroissement intensif de la vie organique des sociétés.

Si par des améliorations dans les moyens de produire, dans la productivité du travail, la production de l'année actuelle s'est accrue, le revenu et sa distribution restant les mêmes, le même revenu s'échangera contre un plus grand produit (2). L'excédent du produit servira en par-

(1) Nouveaux Principes, I, p. 113 et suiv. ^2) Nouveaux Principes, I, p. 120, 121.

tie à la jouissance des riches, en partie sera reversé dans la production ; sous la torme d'instruments de travail, de matières, de subsistances il alimentera un nouveau travail ; l'accroissement du revenu du travail servira ainsi de stimulant à la population, marquant par là l'un des aspects nouveaux de la loi de subordination des fonctions économiques au revenu,k la réparlition.hdi production continuera à s'accroître sous la double influence de l'accroissement de la productivité du travail et du nombre des travailleurs, et avec la production, continuera à croître le revenu. Le cercle primitif exprimant Tordre invariable se sera transformé en 5/;/;'a/e exprimant le progrès dans la quantité, l'intensité de la vie économique de la nation.

Le progrès sera normal si tous ces éléments restent dans le même rapport dans leur croissance commune (1). Le revenu de la production de chaque année règle la consommation du produit de l'année suivante quelque peu accrue, et la consommation annuelle absorbe la production totale de l'année. Les progrès de la consommation suivent les progrès du revenu, et les progrès de la production suivent l'accroissement du pouvoir de consommer. Tel est le processus naturel, normal. Comme chez Marx aussi, les ruptures d'équilibre, les perturbations économiques dérivent de la méconnaissance ou de l'abandon de la marche naturelle des sociétés économiques.

En vertu de celte loi qui subordonne la consommation au revenu, Sismondi explique comment la balance de la production et de la consommation peut se rompre dans l'état social moderne. En effet, la production restant la

(1) Nouveaux Principes, I, p. 113.

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