‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 128 sur 229 · V. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE SISMONDI · texte numérisé non relu

V. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE SISMONDI

duction, régénérer le revenu, et en faisant ainsi décrire à la richesse un mouvement circulaire, constant, ininterrompu, puissent assurer la continuité, la régularité indéfinie de la vie collective de la nation.

De même que la consommation pour chacun est limitée par son revenu^ de même il y a un certain revenu qui assure le mieux possible, au producteur qui le reçoit en échange de son produit, le moyen de reconstituer le capital qu'il aj,employé, et de renouveler indéliniment la production ; de même entre la production actuelle et le revenu, Wy a un rapport nécessaire pour assurer une reproduction équivalente à la production actuelle et ainsi indéfiniment. Si ce rapport vient à être altéré, l'équilibre se rompt, la vie collective est plus ou moins profondément troublée. Pour Sismondi, l'équilibre sera rompu si la production excède brusquement le revenu, ou si le revenu de l'une ou l'autre des classes sociales se contracte et se réduit, son pouvoir de consommer, ses jouissances se réduisant, en même temps que la reproduction des produits qu'elle consommait est troublée.

Or, ce qui détermine les plus profondes de ces perturbations n'est autre chose que l'intérêt personnel opérant dans un état social où la propriété, le capital et le travail sont complètement dissociés.

Dans cet état, l'intérêt de la classe qui détient la propriété et le capital ne concorde pas nécessairement avec l'intérêt social.

Il y a ainsi un ordre naturel selon lequel le progrès économique doit normalement s'accomplir, pour qu'à l'accroissement de production corresponde toujours un accroissement de jouissances au profit des travailleurs, ohjet réel à poursuivre par la science.

L'intérêt social est que l'ordre naturel des fonctions

économiques soit respecté : que le progrès du revenu détermine l'accroissement de la consommation, et avec lui les progrès nouveaux de la production. L'intérêt social est que le revenu de la classe travaillante ne subisse pas d'atteinte, puisque la réduction de ce revenu diminue d'abord la somme de jouissance delà classe la plus nombreuse de la société, et que, se répercutant sur la production, elle trouble son équilibre avec la consommation, car le même produit doit s'écbanger contre un revenu moindre. L'illustration de ces doctrines est dans les livres III et IV des Nouveaux Principes et dans la plupart de ses Etudes. (1°, 11«, XIV* XV= Essais surtout).

§ 5. La richesse territoriale et le droit économique de Sismondi. — Le livre III des Nouveaux Principes, et \q& Essais III à XI sont consacrés à l'une des deux classes de richesses auxquelles deux types de sociétés correspondent : la richesse territoriale. Ici l'homme demande directement à la terre le fruit de son travail ; par la richesse commerciale, il l'attend d'échanges avec les autres hommes.

Sismondi recherche quelles sont les institutions légales qui ont pour effet d'assurerles progrès delà culture, €t quel est le rôle du gouvernement. Le droit pour Sismondi,comme pour les physiocrates, a comme fondement l'intérêt social même. Les physiocrates consacraient la propriété individuelle, parce qu'elle représentait pour eux le système de garanties naturelles le plus parfait, qui déterminât l'homme à appliquer son industrie et ses capitaux à la production. La propriété, en assurant à chacun le fruit de son travail, et en attribuant à celui qui avait mis primitivement le sol en état de culture, le droit de jouir et de disposer de ce sol, la propriété garantissait à la fois la plus grande production possible, et permet-

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