VI. — ROBERT OWEN
janvier 1813 ; sa proposition pour réglementer lesheures de travail dans les usines et fabriques, telle qu'elle fat originairement présentée en 1815 ; ses observations sur les effets du système des manufactures, avec son avis sur l'amélioration de celles de ses parties qui sont les plus préjudiciables à la santé et à la morale, 1815. — Deux écrits postérieurs achèvent d'éclairer ses tentatives de réforme : sa Lettre à Lord Liverpool sur l'emploi des enfants dans les manufactures, 20 mars 1818, et sa Lettre ouverte aux maitres manufacturiers sur le même objet, 30 mars 1818 (l). Là encore éclate sa tendance à la généralisation progressive de l'application d'un principe. Dans le grand duel entre la France et l'Angleterre, quand on représentait à Pitl que l'élévation du taux des salaires empêchait les manufactures de payer les taxes, on lui a prêté ce mot terrible : Prenez les enfants. On a contesté le mot, mais peut-être a-t-il montré les avantages égoïstes de Femploi prématuré des enfants dans l'industrie (2). L'enfant était niieuN; approprié que l'adulte à certains travaux, et l'enfant présentant moins de résistance au maître le rendait plus indépendant du travailleur dans les transformations mécaniques. L'on vit alors les conséquences du laisser- faire, du laisser-passer, ou, comme l'a dit le duc d'Argyle, les conséquences du travail par troupes, sous l'empire des lois naturelles et sans restrictions des Institutions positives. Les heures de travail étaient excessives. La machine, infatigable et sans repos,
M"" Oweu's bill for regulatiiig the liours of works in mills and factories, etc., p. 23. Observations ofttie elTects of tlie manufacturing System, ibid , p. 3T.
(1) Letler to ttie Earl of Liverpool on tlie employaient of cliildrenon manufactories march "20. st., 1888, Life of Owen, 11, p. 185. — Letter to master manufacturers p. 197.
(2) WiiATELEY CooKE Taylor, Factoyj Syntfm, p. 180 suiv.
ne tenait point compte de l'épuisement des forces humaines.
Les administrateurs des pauvres confiaient aux manufacturiers de Manchester et d'autres villes des groupes d'enfants, dont le sort était livré à la direction de ses maîtres. Danshien des cas, au dire de l'historien des fabriques, Alfred, leur travail n'était limité que par l'épuisement de leurs forces, après que de nombreux modes de torture avaient été employés pour les maintenir dans une continuelle action... Aux périodes d'activité, les lits de ces enfants n'étaient jamais refroidis, les machines marchaient jour et nuit, et aussitôt qu'une moitié du nombre des enfants se levait pour se rendre au travail, l'autre moitié prenait sa place dans les lits. Jevons a rappelé les mômes faits dans son volume sur l'Etat dans ses rapports avec le travail. — Les premières mesures destinées à contenir le S3^stème sans règles des manufactures sont de 1802 : l'acte relatif à la santé et à la moralité dans les manufactures s'applique principalement aux apprentis et aux manufactures de coton. Il limite la durée du travail à douze heures, comprises entre six heures du matin et neuf heures du soir. Ce fut le premier monument de législation réfrénant le laisser-faire dans l'industrie.
C'est le développement de cette législation protectrice qu'il faut rapprocher des propositions de Robert Owen. Celui-ci sétaitengagé dès 1812, avec beaucoup d'ardeur, dans la grande controverse sur la législation des fabriques» en se plaçant du côté des travailleurs ; enlBi.j, il entreprit avec son fils Robert Dale Osven, un voyage à travers l'Angleterre et l'Ecosse, en vue de recueillir des témoignages sur les conditions des enfants emplo3^és dans les manufactures. Robert Dale Owen rapporte que les faits observés par eux étaient terribles, et au delà de toute croyance. Dans