VI. — ROBERT OWEN
colonies indépendantes. La désagrégation se poursuivit cependantpeu à peu... C'était^ suivant un mot de Noyés, comme un grand navire qui faisait eau de tous côtés avec 900 passagers et sans sauvetage organisé. Le 18 juin 1827, 0\A-en réunissait les associés pour les adieux.
4. Après l'échec du système rationnel sous l'aspect le plus voisin de l'idéal, une phase nouvelle fut caractérisée par un double efïort d'éducation sociale, de préparation à cet avenir vers lequel son regardélait sans cesse dirigé. Ce fut d'abord la propagande du système. Owen entreprit de propager sa doctrine en s'appuyant sur toutes les classes de la population, et surtout sur la classe des travailleurs et leurs Trade unions. Il constitua en J83o V Association de toutes les classes de toutes les nations. Owen ne confondit jamais son action propre avec celle des hommes politiques, il poursuivait une rénovation sociale et se tenait en dehors de l'agitation politique ; cette sécession donna un caractère défmitif à l'organisation de l'Ecole. Il y avait dans cette association plusieurs deorés d'initiation ; les membres s'engageaient à sacrifier toute ambition personnelle à la défense du système rationnel. C'est sous ces auspices, avec une dédicace au roi Guil^ laume IV, et une adresse aux Gouvernements et aux peuples, monument éclatant d'une foi nouvelle, que parut l'œuvre synthétique d'Owen, l'exposé complet du système rationnel : le Livre du nouveau monde moral : itlie book of Ihe new moral luorld), 183G-18i2. Mais cette association préparait aussi la réalisation du système. Aussi cette phase est encore celle de la coopération préparatoire au régime communautaire final : les magasins coopéralifs, les sociétés de consommation multipliés à cette époque, sont destinés à préparer la constitution sociale de l'avenir; c'est de cette empreinte que l'Iicoleles
marque, et c'est là encore qu'il faudra chercher une cause profonde de défaillance chez les coopérateurs. C'est alors aussi qu'Owen tenta cette révolution dans l'Echange, qui, avec les Labour notes , était destinée à monétiser tous les produits du travail.
Des essais de coopération intégrale caractérisent enfin cette phase ; le dernier de tous fut celui de Queenwood. En 1840, un bail de 09 ans fut contracté pour une ferme de mille acres dans le DerbA^shire par V Association de toutes les classes. On s'appliqua à y réaliser, suivant le plan d'0\ven,non seulement l'union de l'agriculture et de certaines industries (la construction, la typographie, l'horlogerie), mais celle de l'éducation et de l'administration intérieure. Lloyd Jones fait le plus grand éloge des ouvriers employés à la ferme. On avait organisé des réunions de famille pour la conduite intérieure des différentes branches de l'entreprise. Les diflicultés auxquelles s'est heurtée la colonie n'atteignent pas les principes et sont d'ordre purement matériel : il invoque d'ailleurs le témoignage d'un adversaire du socialisme qui la visita en 1842; le seul reproclie que M. Somerville adresse aux coopérateurs, c'est d'avoir immobilisé en deux ans un capital de 33.000 £. Il rend hommage à la conduite des opérations agricoles et de toutes les industries exercées ; bien que la doctrine renferme, dit-il, des erreurs fondamentales, on ne peut dédaigner une entreprise qui assure de l'emploi et des salaires plus libéralement, et recueille des profits plus largement, que dans aucune autre exploitation de la contrée. L'organisation scolaire exerce une grande influence: on s'y applique au développement physique et à la formation du caractère moral de l'enfant: l'école élémentaire le letient jusqu'à 14 ans, puis l'école polytechnique le prépare à lu pratique del'agricul-