VI. — ROBERT OWEN
lure et de l'industrie. Someiville ajoute : « La populdtion du voisinage les redoulait au début, mais aujourd'hui elle les respecte. Us ont introduit de meilleures méthodes de travail ; au milieu d'une contrée pauvre, ils ont créé la richesse ; il ont distribué l'éducation à une masse ignorante ; là où l'on ne se faisait pas remarquer par une conduite morale, ils se sont montrés comme un exemple qui commande le respect » (1).
La colonie succomba cependant en 184 i sous le poids des charges.
Avec l'expérience de Queenwood se termine la carrière pratique de R. Owen. Il avait alors 73 ans ; au moment où celte tentative prenait Un, les pionniers de Rochdale ouvraient une phase nouvelle de la coopération.
L'activité intellectuelle d'Owense prolongea au delà de son activité pratique. Il put saluer la constitution de V Association pour l'avancement de la Science faciale^ et lire au Congrès de l8o7 un mémoire intitulé : La race humaine gouvernée sans pioiitions. 11 avait alors 8(3 ans. L'année suivante, il voulut encore, malgré rallaiblissement de ses forces, assister au Congrès de Liverpool. James Rigb}' l'accompagna, mais il était évident que la Qn approchait. Use fit transporter dans une chaise à porteurs pour y lire son dernier mémoire. Mais au moment où il commençait son discours, il s'affaissa. U voulait cependant mourir dans sa ville natale, ^«'e^vto^vn. Il eût voulu même revenir à la maison natale.
Le 17 novembre 18o8, Robert Uale Owen, le fils aine, écrivait : v^ Tout est fini. Mon cher père a succombé ce matin, à sept heures moins le quart, avec autant de calme et de douceur que s'il s'était endormi. 11 n'y eut pas le
(1) Llovd Jones, /.//v, Time and labours of IL Oncn, î^ édition, p. 406.
moindre combat ni la contraction d'un seul muscle, ni l'expression d'aucune soulTrance sur le visage. La respiration s'est ralentie peu à peu, jusqu'à ce qu'elle reprît si imperceptiblement que, même en lui tenant la main, il m'a été impossible de dire à quel moment son souffle s'est éteint. Ses derniers mots distinctement prononcés ont été : Relief has corne ^ l'apaisement est venu. »
C'est ainsi que prit fin l'une des plus grandes vies qui aient été consacrées à l'humanité.
§ 3. La Statique de R. O-wen. Les Crises et le problème social. — C'est en mars 1817, dans son rapport au Comité de la loi des pauvres formé au sein de la Chambre des Communes, que R. 0^^en, au nom de l'association pour venir en aide aux ouvriers des manufactures, exposa d'abord les causes générales de la détresse de ceux-ci ; il y élargit la question en 1818, dans ces deux mémoires adressés aux puissances et aux membres du Congrès d'Aix-la-Chapelle, qui sont, à près d'un siècle d'intervalle, une introducliun éloquente et solennelle à l'œuvre contemporaine d'entente internationale sur la législation du travail; il )' revint, plus décisif et plus pressant encore, en 1820, dans son rapport au Comité de Lanark sur un plan pour soulager la déti-esse publique; témoignages manifestes de la généralité des crises industrielles et commerciales, et de la constance qu'il assignait à l'opération de leurs causes. F^a cause immédiate c'était la dépréciation du travail humain ; la cause plus éloignée, c'était l'introduction des machines et leur progrès désordonné dans les manufactures en Europe et aux Etats-Unis, surtout dans la (Irande- Bretngne, où la dévolution industrielle, grâce à une série d'inventions, fut extraordi 11 ai rement rapide.
Owen évalue la force des machines en équivalents de