‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 185 sur 229 · VI. — LA STATIQUE d'OAVEN · texte numérisé non relu

VI. — LA STATIQUE d'OAVEN

depuis son enfance, à ressentir la pure charité, l'affection sincère pour toute son espèce (i) ».

Cependant Robert Owen trouvant l'arc trop courbé d'un côté, l'avait trop recourbé de l'autre. En écartant toute action modificatrice possible de l'individu sur son propre caractère, pour ne voir que l'action sociale, en dissipant toute responsabilité individuelle, il donnait une apparente légitimité à l'opposition formidable qui se déchaîna contre lui ; la discussion qui vient d'être rappelée en est déjà le témoignage (Voir les discours de Brindley). Le déterminisme le plus rigoureusement scientitique n'exclut pas l'éducation systématique de la volonté, fondée sur les lois de l'esprit (2), et avec une liberté relative, une responsabilité relative des individus, l'une et l'autre grandissantes : la réaction altruiste d'Owen n'en allait pas moins être d'une portée incalculable ; lui-même d'ailleurs avait déclaré que tous ses plans devaient être corrigés d'après les résultats de l'expérience. Son œuvre et celles de Saint-Simon et de Fourier ont des caractères communs, et des caractères différentiels ; toutes trois tendent à faire disparaître ou à contre-balancer les causes historiques ou artiQcielles d'inégal développement, d'inégale participation aux avantages sociaux et au bonheur; toutes trois modifient profondément les conditions du milieu social ; la doctrine de Saint-Simon par l'abolition de l'hérédité, la doctrine sociétaire par la constitution d'un milieu, où tendent à s'harmoniser toutes les attractions passionnelles ; mais dans le Saint-Simonisine, le mérite des inégalités natu-

(1) Public discussion betiveen John Brindley and Robert Owen on the question: What is Socialism ? b-1 ia.n\ier 1841, Birmingham, p. 24.

(2; V. Payot, L'Education de la volonté.

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relies était attribué aux individus par la distribution des fonctions et des produits, et le but de Fourier était non d'anéantir les inégalités naturelles, m lis d'en faire les éléments d'un ordre supérieur. Ovv<^n poursuivait le problème de l'égalité jusque dans hi nalure même des individus, fruit d'un milieu modifiable et de l'hérédité, et c'est là le trait le plus important de sa ( onception.

§ 6. La Dynamique d'Owen. L'Ethologie et l'Evolution de la Coopération.— On a disuté l'influence d'Owen sur le mouvement coopératif. I es historiens de la coopération, Holyoake, Béatrice Policr, Llo3d Jones, Benjamin Jones, font de lui le fond.ittMir de la coopération en Angleterre. Graham, au contrai iv>, nie qu'il ait fondé la société coopérative, bien que son insuccès en Amérique, à New-Harmony, ait pu, en resserrant le champ de l'expérimentation, préparer lu voie à des essais plus spéciaux de coopération.

Non seulement, comme l'a dit Lloyd .fones, Owen a engagé pratiquement dans l'action, pour le bien public, les énergies des plus humbles et des plus pauvres, et par là déployé la vaste puissance populaire >ur laquelle il n'y aurait pas de mouvement coopératif, m;iis il faut ajouter encore que le principe de Vuniondaiis l'action^ si clairement formulé par lui dès 1820, domine toute l'évolution coopérative, môme dans la phase dernière qui s'éloigne le plus de l'idéal d'Owen. Nous pouvons en effet y signaler trois phases :

1. A la première se rattache l'expérimentation célèbre de New-IIarmony (Indiana), 1824-1827. Les résultats obtenus à New-Lanark légitimaient nnx yeux d'Owen les plus hautes espérances, c'est pourquoi il tenta de réaliser le système rationnel de communauté. Sargant, l'un de ses historiens, rapporte qu'un nommé Birbeck,

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