‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 187 sur 229 · VI. — LA DYNAMIQCE D'OWEN · texte numérisé non relu

VI. — LA DYNAMIQCE D'OWEN

jamais de vue le but final (l). De 1826, date de la publication sous les auspices d'Owen du Coopérative Magazine, à 1832, il y eut une efflorescence considérable de sociétés animées du même esprit. La société de cotisomma- Ziow, ou plutôt de distribuiion,seTysi[t de îondemeni systématique aux formes définitives de coopération mutuelle. Les marchandises étaient revendues à leurs membres aux prix du marché, ce qui est la pratique des associations modernes, mais les profits étaient reversés dans l'entreprise, car les coopérateurs ne poursuivaient pas un but immédiat, un avantage actuel, mais leur but était d'acquérir la terre et le capital et depréparerl'application de la coopération intégrale et des principes de communauté. Le nombre des sociétés, de 300 en 1830, s'éleva jusqu'à 700 en 1832 ; elles disparurent en quelques années.

Booth, Holyoake, Miss Potter. Lloyd Jones expliquent ce nouvel échec : l'explication se ramène à ce caractère essentiel donné par l'Ecole d'Owen à la coopération, d'être un moyen pour une fin supérieure. Miss Potier dit très bien que les coopérateurs ajoutaient à l'inslinct d'autonomie d'un peuple opprimé mais énergique un haut idéal de vie communautaire (2).

Lloyd Jones touche le vif de la question : dans les sociétés de distribution ou de consommation {trading-societies) il n'y avait pas de dividendes, boni, distribués aux sociétaires, il n'y avait donc pas d'intérêt actuel, tangible qui réunît les membres. Les profits étaient destinés à une capitalisation collective. Les principaux sociétaires, ceux dont la part du fonds conmun était la plus forte, se

(1) Booth, Robert Owen, p. 131-139.

(2) The coopérative movcment, p. 39.

préoccupèrent de plus en plus des avantages à réaliser immédiatement; les plus pauvres devinrent impatients du résultat final : ces causes agissant en sens inverse amenèrent la désintégration (1). La coopéralion, sous sa seconde forme, succomba par le lien trop étroit encore qui l'unissait à sa forme idéale; à cette cause fondamentale il faut ajouter l'état de dépendance extrême des ouvriers d'alors, dont le sentiment d'autonomie ne s'était éveillé que sous la parole enflammée d'Owen, l'absence de garanties légales pour les associations et des causes internes de dissolution.

3. La troisième phase de la coopération est marquée parle système de Rochdale et l'association des Equitables pionniers (1844). Les profits des sociétés de distribution deviennent propriété individuelle, ils sont répartis entre les sociétaires ; le lien de subordination de la forme préparatoire aux formes supérieures d'Owen semble se rompre ; Vunion dans la coopération, le coiisensus a désormais des fins procJtaines^ et sollicite les intérêts individuels par des ava)itag es immédiats ; on ne peut, sans manquement à l'histoire et à la justice, séparer la coopération moderne de l'œuvre d'Owen, mais c'est avec des formes nouvelles que les progrès de l'Ethologie la rapprochent de l'idéal du grand réformateur. On s'explique que la société de consommation ou de distribution se généralise la première, parce qu'elle est à la fois la plus simple et celle qui unit les intérêts dans des fins actuelles : pour être retardée, la société de production qui unit les intérêts dans des fins plus éloignées n'est pas anéantie. Aussi la production coopérative pourra prendre la société d'achat et de vente en gros, la Wholesale so-

(1) Lloyd Jones, Life of Ov/en, II, p. 8.

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