‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 201 sur 229 · VII. — W. THOMPSON ET SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

VII. — W. THOMPSON ET SON ŒUVRE

profondément influencé par la psychologie et l'éthique de l'Ecole utilitaire de Bentham, semble s'être donné pour tâche de résoudre dans la synthèse sociologique les oppositions des écoles ; en plaçant le système des lois économiques à labase de sa sociologie, il essaie, dans la sociologie économique même, de rattacher définitivement à un principe d'action unique, les théories de la production et de la distribution des richessesdanslesquelles se réfléchissaient, en dernière analyse, les antagonismes des écoles : concevant une psychologie économique conciliable avec celle de l'école de Smith, mais universalisant les conditions de son application par la consécration d'un Droit économique nouveau, et d'une organisation communautaire, il est le lien entre Bentham, les économistes et Owen.

Au point de vue critique, il est aussi le lien entre le socialisme des premiers temps du xix^ siècle, et le socialisme scientifique de Marx. Avec une puissance d'analyse qu'Owen n'atteignit jamais, il a certainement concouru à préparer la théorie de la plus-value à laquelle Marx a attaché son nom, et qui a donné son empreinte à une phase nouvelle de l'évolution des idées.

William Thompson est né en 170o, dans le comté de Cork, en Irlande. Il étudia successivement à Dublin, à Oxford et à Londres. Pendant son séjour à Londres, il eut pour maître le célèbre chef de l'école utilitaire, Jérémie Bentham, et habita chez lui.

Il publia en 1824, et non en 1827, comme Marx (l) et Engels l'ont imprimé à tort, son livre principal : An Inquiry into the principles of distribution of ivealth most conducive te human happinèss (Recherches sur les principes de la distribution des richesses les plus propres à conduire au bonheur humain). Ces principes sontappli-

(\) Kabl Marx, Misère de la Philosophie, p. 50.

qués, comme le titre l'indique, an système récemment propose de l- égalité volontaire des richesses: Applied to the newly proposed System of voluntary eqiiality of wealth. On le voit par le chapitre vi du livre, ce système n'est autre que celui d'Owen, de New-Lanark, en Ecosse, comme le dit Thompson^ page 384. Le lien de Thompson avec Owen est ainsi nettement et indiscutablement marqué dès le titre du livre. Ce livre fut écrit cependant sous les yeux de Bentham, dont l'influence est d'ailleurs manifeste ; bien que Bentham, théoricien delà morale de l'intérêt, s'éloignât considérablement d'Owen, il avait été son associé.

Les travaux de Thompson se sont pressés en quelques années, comme s'il avait senti que ses jours étaient rigoureusement comptés.

En 1823, il fit paraître un appel d'une moitié de la race humaine, les femmes, contre les prétentions de l'autre moitié, les hommes, à les retenir dans l'esclavage politique, et partant dans l'esclavage civil et domestique. Ce volume était une réponse à un paragraphe d'un écrit célèbre de James Mill sur le gouvernement. Il est piquant de rapprocher de cette publication, le volume que J.-S. Mill lui-même publia quarante ans plus X^và sur V assujettissement des femmes.

En 1827, il publia un nouveau livre: Labour rewarded. The claifns of labour and capital conciliated, or how to secureto labour thewhole products ofits exertions{Le travail rémunéré. Les griefs du travail et du capital conciliés, ou comment assurer au travail le produit intégral de ses efîorts). Et en 1830 : Practical directions for the speedy and economical establishment of communities , on the principles of mutual coopération^ united possessions and equality of exer lions and of the means of enjoyments.

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