VII. — \y. THOMPSON ET SON ŒUVRE
(Directions pratiques pour rétablissement rapide et économique des communautés, sur les principes de la coopération mutuelle, de la possession commune et de l'égalité des efforts et des moyens de jouissance).
Ce sont les applications mêmes des principes développés dans» les Recherches.
W. Thompson mourut le 28 mars 1833, à l'âge de 48 ans, dans le comté de Cork, baronnie d'Ost-Carbery , où il était né. Il avait, par testament, en voulant servir encorda science, légué son cadavre à un anatomiste, pour en faire l'autopsie, son squelette était destiné à un musée. L'indépendance de son esprit et son amour de l'humanité se traduisaient sous cette torme assurément insolite à cette époque, surtout en Irlande. Les préjugés de la foule étaient si profomds que la volonté du philosophe ne put être exécutée. On admettait encore, dans les campagnes, que les seuls qui pussent être disséqués étaient ceux qui avaient subi la peine capitale. Les paysans s'opposèrent à Tenlèvement du cadavre, et il fallut bien l'inhumer.
Le Dictionnaire d'économie potitique, de Coquelin, publié en 18ol, consacre à W. Thompson trois lignes qui sont de Blanqui. Le nouveau Dictionnaire de Léon Say, publié en 1892, ne mentionne même pas son nom. Et cependant, c'est aujourd'hui même que la grandeur de l'influence exercée par Thompson sur la marche des idées peut se mesurer. La science classique française, par son dédain ou sa crainte des doctrines socialistes, se rendrait à elle-même inintelligible l'évolution des idées. Tout autre est la science allemande et autrichienne. Le Handworterhuch der Staatsiuissenscha/len, de Conrad et Lexis, lui consacre une substantielle notice. Gohn, dans son tableau de l'histoire de l'économie politique, lui assigne une place importante à la fois dans la socio-
logie elle socialisme: L'auteur, dit-il, a une si correcte conception de la tâche de la science économique, que, pour constituer une unité permanente des vérités économiques avec les idées humanitaires, il propose de développer une science sociale qui contrarie le fatalisme mécanique des lois de la nature, et introduise une distribution meilleure des richesses, à la place des inégalités de richesses auxquelles ces lois donnent l'expansion. Il lut, de plus, ajoute-t-il, l'un des premiers à utiliser la théorie de la valeur de Ricardo dans un esprit socialiste, vingt ans avant Rodberlus,, Proudhon et Marx,
Marx le cite, en 1847, dans Misère de la philosophie (page 49), comme ayant, bien avant Proudhon, proposé l'application égalitaire de la théorie de Ricardo (1).
Antoine Menger, dans Das Recht auf den vollen Arbeitsertrag in geschichtlicher Darstelliing (2), considère l'ouvrage principal de William Thompson, non seulement comme fondamental dans l'évolution du socialisme anglais, mais comme l'un des plus importants dans l'histoire même du socialisme : « C'est dans ses travaux, dit-il textuellement, que les socialistes postérieurs, les saint-simoniens, Proudhon, mais surtout Marx et Rodbertus 'ont puisé directement ou indirectement leurs doctrines w (3).
(1) Voir encore Marx, Z«/r Krilik der Politischcn (Ekonotnie, ji. 64.
(2) P. o0-o2, traduction française de A. Bonnet p. 72-74.
(3) Analyse et Extraits de Engels. Préface au ll^ volume du Capital, de Marx.
« C'est le lieu de réfuter le reproche qui a été soulevé contre Marx, d'avoir fait un plagiat de Rodbertus. La prétention de Rodbertus se trouve dans ses Briefe und socialpolitische Axifsàtze, édités par R. Meyer, en 1881, lettre n° 48, p. IH. Là il dit : « D'où naît laplus-valuc du capitalisiez je l'ai montré dans ma 3™* lettre