‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 204 sur 229 · VII. — \V. THOMPSON ET SON ŒDVRE · texte numérisé non relu

VII. — \V. THOMPSON ET SON ŒDVRE

et l'économie politique bourgeoise, en soutenant que celui qui engendre la valeur du produit par son travail, doit aussi recueillir le produit intégral de son travail.

pitaliste, sous la forme de rente, d'intérêt ou de profit, sont payés par le travail d'autrui. » Voilà la «. rente " de Rodbertus, seulement on a dit t intérêt » au lieu de « rente ».

<( Cet écrit n'est que le premier de toute une littérature qui a paru entre 1820 et 1830, sur la théorie de la valeur et de la plusvalue de Ricardo. Tout le communisme d'Owen, en tant qu'il est économique, s'appuie sur Ricardo ; à côté de lui encore une longue série d'écrivains, comme Edraonds, Thompson, Hodgkins et « quatre pages de et caetera». Sans choix je cite un de ces écrits : « An Inquiry, etc., by ^ViIliam Thompson ».

« Ici aussi la richesse des classes non productives est toujours signalée comme déduction du produit des ouvriers, et cela en termes assez forts : pp. 28, 32, 125, 126, etc.

('J'avoue que j'écris ces lignes avec une certaine honte. Il est honteux que les professeurs allemands, qui sont si fiers de leur érudition, puissent sérieusement reprocher à Marx d'avoir volé à Rodbertus des choses qui se trouvent déjà chez A.Smith et Ricardo.

<. Mais alors qu'est-ce que Marx a dit de nouveau sur la plusvalue.

« L'existence de la plus-value était constatée longtemps avant Marx; de même, il était constaté en quoi elle consiste : c'est cette partie du produit qui n'est pas payée à l'ouvrier. Mais c'était tout, on n'avançait plus.

« Tout au plus les économistes bourgeois recherchaient la proportion de ces deux parties du produit, les socialistes trouvaient cette division injuste et cherchaient des moyens utopiques pour écarter cette injustice.

« C'était le début pour Marx. Où les autres avaient vu la solution, il ne voyait qu'un problème. Pour savoir ce qu'était la plusvalue, il fallait savoir ce qu'était la valeur. Il examina donc la théorie de la valeur de Ricardo, et constata, le premier, quelle sorte de travail, et pourquoi et comment, forme la valeur, que la valeur n'est rien que du travail cristallisé de cette qualité — un point que Rodbertus n'a jamais compris. Puis Marx rechercha les relations entre la marchandise et la monnaie ; il constata comment et pourquoi l'échange des mar-

Comme Lassalle, Thompson soutiendra que, dans l'état social actuel, « le travailleur, dépouillé de tout capital, des outils, des maisons et matériaux propres à rendre son travail productif, travaille par besoin, par nécessité d'existence, sa rémunération se réduisant au degré le plus bas qui soit compatible avec l'existence d'habitudes industrielles. r>

On sait que Rodbertus, dans les derniers temps de sa vie, se plaignit amèrement, dans une lettre à Rudolf

chandises doit engendrer l'opposition de la marchandise et de la monnaie ; sa théorie de la monnaie, appuyée sur ces recherches, estla première qui épuise la question jusqu'au fond et elle est maintenant partout acceptée. Puis il rechercha la métamorphose de l'argent en capital, et trouva qu'elle se base sur la vente et l'achat de la force de travail. En remplaçant ainsi le travail par la force de travail, il résout une des difficultés principales de l'école de Ricardo : l'impossibilité de mettre d'accord l'échange du capital, et du travail avec la détermination de la valeur par le travail. En constatant la distinction du capital constant et variable, il arriva à représenter la formation de la plus-value jusqu'au détail et par cela à l'expliquer. De plus il examina la plus-value en elle-même, il trouva ses deux formes, absolue et relative, et démontra le rôle important qu'elles ont joué dans l'histoire de la production capitaliste. Sur la base de la plus-value, il développa la première théorie rationnelle du salaire, et donna le premier les éléments d'une histoire de l'accumulation capitaliste et de sa tendance historique.

« Et Rodbertus ? Après avoir lu tout cela, il trouve que c'est « une irruption dans la société », il trouve que lui-même a déjà dit en termes beaucoup plus courts et plus clairs d'où naît la plus-value, et il trouve enfin que tout cela est juste pour « la forme actuelle du capital », c'est-à-dire pour sa forme réelle, mais que c'est faux pour « la notion du capital », c'est-à-dire pour l'utopie de M. Rodbertus. »

Pour le développement complet de la pensée de Fr. Engels, voir Le Capital, Critique de l'Economie politique, par K. Marx, avec une préface de G. Engels, trad., J. Borchardt et H. Van derrydt. Paris, Giard et Brière, 1900, Bibliothèque socialiste internationale, sous la direction de A. Bonnet, volume III.

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