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VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON

nité peut atteindre ne seront pas réalisc's, et les neut dixièmes du bonheur que l'humanité peut réaliser seront sacrifiés (1) ».

C'est pour échapper à cette lutte des classes et à ses effets, qu'il aboutit à la seconde règle, et veut assurer au producteur l'intégralité de son produit.

3° Enfin, la troisième règle consacre rechange libre et volontaire des produits du travail.

C'est la liberté dans le choix des moyens matériels de bonheur, gage à son tour de la plus grande énergie productive pour les atteindre par l'échange.

Nulle part, on le voit, la contrainte n'apparait dans la ccnception naturelle de Thompson. C'est aussi, comme lesphysiocrates, un ovàve naturel et spontané qu'il poursuit, mais il consacre l'égalité et universalise un principe de distribution dont les propriétaires étaient, dans la physiocratie, les principaux bénéficiaires.

Une pénétrante analyse a conduit W. Thompson à formuler ces trois lois qu'il considère comme les lois naturelles de la distribution des richesses.

Par la combinaison de ces lois, il réalise à la fois les conditions de la plus grande productivité du travail, puisqu'il le sollicite par l'attrait le plus énergique et le plus puissant, et celles du plus grand bonheur, puisqu'il assure à chacun le droit de le poursuivre dans les voies qu'il juge lui-même les plus favorables.

Thompson consacre alors un chapitre, divisé en trois sections, à exposer les bienfaisantes conséquences de ces lois, dans l'ordre politique, dans l'ordre économique, dans l'ordre moral. Ces belles analyses révèlent encore le sociologiste.

(1) w. Thomhson, Uistributiun of ivcalt/t, p. 176.

Au point de vue politique, l'application de tels principes est incompatible avec tout gouvernement qui ne poursuivrait pas comme son but, le bonheur commun. Seul, le gouvernement représentatif y satisfera (1).

Tous les membres de la communauté devront s'engager à se soumettre à la majorité.

Ce régime politique pacifique s'étendra entre nations. Une communauté qui respecte les lois nalurelles de la distribution, les respectera aussi chez les autres, et elle sera aussi éloignée de porter la guerre chez eux, qu'elle sera soucieuse elle-même de ne pas exposer aux entreprises des autres communautés les fruits de son travail.

L'influence des principes sur la loi pénale et sur l'administration de la justice sera non moins profonde. Elle s'exercera par l'intermédiaire des eflets moraux de ces lois nalurelles.

Ces effets moraux, il les résume en une formule : la pauvreté excessive et l'excessive richesse étant écartées, les vices propres au luxe et au besoin disparaîtront de même (2).

C'est le langage de Godwin dans sa Political Justice.

L'excessive richesse et l'extrême pauvreté seront l'une et l'autre détinitivement écartées, et, par là même, les tentations et les motifs qui aujourd'hui poussent le plus fréquemment au crime. Le noble penseur, qui raisonne ici comme Godwin, prévoit enfin l'abolition de toutes les peines corporelles qui ne font qu'endurcir dans le crime, et il considère comme suffisantes les pénalités légères pour les seules infractions qui subsisteront, et que la honte suffira même à châtier.

(1) \V. Thompson, DhtrihutUm of vcalth, p. 226 et s.

(2) Ihid., p. 259.

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