‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 215 sur 229 · VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON · texte numérisé non relu

VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON

La conséquence politique dernfère qui confine à l'ordre économique, c'est que, dans un tel Etat, les dépenses de toute la machinerij du gouvernement, ce sont ses expressions, seront réduites à la plus faible expression, et dès lors, toutes les richesses soustraites par cela même à la consommation improductive, viendront féconder les efforts et accroître le bien-être des producteurs. Toutes les associations religieuses deviendront elles-mêmes volontaires, et l'Eglise sera définitivement séparée de l'Etat.

Les etTets économiques de ces lois naturelles sont, à leur tour, les suivants. L'influence de la garantie universelle de la sécurité communiquera à la production et à l'accumulation des capitaux une impulsion jusqu'ici

inconnue.

Le capital est cette portion du produit du travail qui appliquée à la production peut devenir une source de profits. C'est là^ d'après Thompson, la circonstance réelle qui a déterminé la distinction d'une partie des produits du travail en capital. C'est sur cette distinction qu'ont été fondées l'insécurité, et l'exploitation du travailleur productif, « le père réel, sous la direction de la « science, de toute richesse, et l'énorme usurpation sur « les pouvoirs productifs de leurs frères, opérée par ceux « qui, sous les noms de capitalistes et de propriétaires, « ont acquis la possession de ces produits accumu- <t lés (1) ». De lacet antagonisme du capital et du travail, et, dit Tliompson, c'est une proposition évidente par elle-même que, loiites choses égales d'ailleurs, les profits sont en raison inverse des salaires, et plus ils Sont élevés, plus les salaires sont bas; Il a soin de prévoir

(1) NV. TiiOMi'SON, IMstribution of treallli, p. 2il. ^

l'objection ordinaire à cette doctrine de Ricardo, en disant : toutes choses égales, car il est évident que le fonds des profits et salaires s'élevant, les parts absolues s'élèvent si les parts relatives restent les mêmes.

Thompson admet que le mode de production conforme à son principe de sécurité puisse se réaliser par la production individuelle et la production collective, ce qu'il appelle : l'égale compétition individuelle et la coopération mutuelle.

Dans l'état de justice qu'il rêve, le grand corps des producteurs deviendra capitaliste ; il y aura les détenteurs des capitaux nécessaires à leurs petites exploitations agricoles. Chaque artisan, de même, sera capitaliste.

Enfin, dans ce régime, comment les grandes manufactures s'établiront-elles? 11 répond: ce sont les grands capitaux qui sont nécessaires à la grande industrie, ce ne sont pas \es grands capitalistes .

« Le capital, dit-il, étant diffusé de toutes parts par le principe de sécurité, une centaine ou un millier de parts peuvent être réunies pour tout but utile, entre deshommes actifs, et ceux en qui ils ont confiance peuvent en prendre la direction, aussi longtemps qu'ils garderont cette confiance (1) ».

C'est là évidemment toute la théorie de la coopération dans la production.

C'est ainsi que le capital s'accumulera dans la communauté rapidement, et de la manière la plus favorable à son emploi, et que toute inégalité pernicieuse sera écartée simplement en suivant les lois naturelles.

La concurrence entre les producteurs subsistera, mais non plus sous la forme dépressive qu'elle revêt.

(1) W. Thompson, Distribution, of wealth, p. 233.

Page 1