‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 217 sur 229 · VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON · texte numérisé non relu

VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON

vice. Tout, dans l'orgaiiisation de la communauté, dans la répartition du travail, dans l'éducation des enfants, tend à la conservation de la santé et de la vie.

La coopération mutuelle épargne cette incalculable somme de bonheur qui se perd dans les querelles, les haines, les cruautés engendrées par les institutions d'insécurité modernes, et qui sont en partie au moins inséparables de la poursuite du gain individuel. Les combinaisons sociales nouvelles sont toutes appliquées à écarter les causes de ces divisions, et l'éducation est destinée à implanter danslesespritsdes dispositions, des habitudes opposées et permanentes.

Thompson fait figurer au terme de cette analyse, l'influence de la communauté sur les conditions générales de stabilité des organismes sociaux^ et c'est parce que cet avantage est celui sur lequel tous les autres reposent, à ses yeux, qu'il le signale à la fin. C'est que l'offre et la demande des produits, des travaux et des services sont toujours déterminables, et la communauté ramène l'équilibre de l'offre et de la demande, celui de la population et des subsistances à des données fixes et toujours aisémeni vérifîables. Le mal le plus grand de tout système social d'insécurité est, dit Thompson que je traduis ici : « en plaçant dans les mains d'un petit nombre les habitations de toute la communauté, les matières brutes sur lesquelles s'exerce le travail, les machines et l'outillage dont elle doit user, et le sol même sur lequel elle vit et dont elle doit tirer sa subsistance, ce petit nombre, par la combinaison de ses actions, en se réservant les connaissances, et rejetant la communauté dans l'ignorance, acquiert le pouvoir absolu de régler la rémunération de tout travail productif, et même de condamner une partie de cette communauté à mourir de faim, chaque fois Denis II, 34

qu'il ne doit pas en résulter pour lui un profit » (1)...

§ 5. Statique de Thompson. La population et les subsistances. — Cependant,en éliminant même cette distinction de classes, en soustrayant la communauté à la direction intéressée des capitalistes, en donnant une direction sociale à l'emploi des capitaux, et en assurant à chacun le fruit de son travail, il subsistera encore un problème, « car, dit Thompson, deux artisans de misère pour l'humanité marchent la main dans la main ». C'est le problème de Téquilibre des subsistances et de la po' pulation : « des unions inconsidérées ne vont-elles pas accroître le nombre des habitants au delà des ressources dont la communauté dispose^ et la surpopulation ne produira-t-elle pas les mêmes effets que l'inégalité et l'insécurité? »

Ici, Thompson pose un principe, sur lequel il reviendra dans une discussion finale des objections à la communauté.

Est-ce que l'accroissement du bien-être va conduire à un excès imprévoyant de population ?

Tout dans l'histoire, répond-il, démontre la fausseté de cette conséquence.

A mesure que le confort s'accroît, accompagné d'un accroissement de connaissances, comme il l'est, la tendance à une multiplication imprévoyante de l'espèce décroît uniformément.

« La tendance à la multiplication de l'espèce, dit-il avec profondeur, accompagne certainement l'accroissement du bien-être, mais la tendance à la multiplication imprévoyante a certainement diminué.

« L'habile qui confond ces deux tendances ou même

(1) W-. TiiOJii'soN, Distribution of ivealth, p. 423.

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