‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 220 sur 229 · VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON · texte numérisé non relu

VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON

à l'enseignement, la culture des sentiments supérieurs propres à assurer les formes les plus élevées du bonheur, comme le détail de la construction et de Faménagement des locaux, témoignent du même esprit d'analyse et de la même étendue de connaissances.

Il est visiblement préoccupé de soustraire les futurs expérimentateurs aux fautes d'Owen et de ses disciples : dans certaines recommandations générales d'abord (i;, dans certaines prescriptions spéciales : comme la sélection des membres de la communauté expérimentale, ce qui n'a pas été opéré à New-Harmony (2), les garanties et les conditions des baux à accorder par la communauté en cas d'exploitations divisées, ce qu'admet Thompson ; il fait là des reproches sévères à Owen (3).

Il revient, dans un chapitre final, sur les périls que la communauté peut faire courir à l'équilibre normal de la population et des subsistances. Il reconnaît nettement que la communauté réunit l'ensemble des circonstances les plus favorables à un accroissement rapide de la population, que dès lors la prudence lui est à un plus haut degré commandée (4) ; mais làencore il affirme que cette prudence se développera avec les conditions du bien-rtre de la [communauté. En général, il marque plus étroitement Topposilion de Timprévoyance dans l'Irlande misérable, et des progrès de la prévoyance en France, nation plus prospère depuis la Révolution (5) ; il compte en outre à ce point sur la puissance de l'opinion, sur les effets de l'égalité des sexes et de leur indépendance rela-

(1) W. TnoMi'soN, Practical Directions p. iv.

(2) Ihid, p. 47 et suiv.

(3) P. 22 et suiv.

(4) Ibid., p. 242 et suiv.

(5) Voir surtout p. 2'iG.

tive dans le mariage, joints aux conditions physiques nées des arrangements coopératifs, qu'il rejette toute mesure légale restrictive de la population, et attend de révolution économique et morale spontanée, la réalisation irrésistible de l'équilibre de la population et des subsistances (1).

§ 6. Position historique de Thompson. — Nous pouvons tîxer maintenant la position historique, très complexe par ses rapports, de Thompson. 11 se rattache, par la filiation des idées, au point de vue psj^chologique et moral, à IJelvélius, à Godwin, à Owen et directement à Bentham. Il est, comme eux, hédoniste, théoricien du plus grand bonheur possible pour l'humanité, préoccupé de l'harmonie réelle de l'intérêt individuel et de l'intérêt social. Comme Helvétius et comme Owen, il admet une influence profonde du milieu social, et de l'éducation sur le développement de l'homme.

Ainsi qu'eux, il n'admet l'élat social actuel que comn e un état historique, et c'est cet état historique et tous ceux qui l'ont précédé, qui précisément expriment, par leurs institutions, la méconnaissance plus ou moins complète du principe de sécurité, du droit du travail à son intégral produit. « Notre but, dit-il, étant de déterminer le mode de distribution de la richesse qui conduit au plus grand bonheur, toutes les formes de la production et de la distribution ont été nécessairement dépouillées de toute autorité pour fixer d'avance notre jugement ; elles ne sont que des matériaux qui nous mettent à même de former un jugement convenable (2). »

Le passé ne lie pas le théoricien autrement que par le&

(1) W. Thompson, Practical directions, v. surtout 243-248. {■?.) W. Thompson', Distribution of wealth, p. 582.

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