‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 221 sur 229 · VII. — l'ŒDVEE de THOMPSON · texte numérisé non relu

VII. — l'ŒDVEE de THOMPSON

données qu'il fournit^ et les lois naturelles n'expriment pas ce qui a été, ce qui est, mais ce qui doit être.

« Ce n'est pas, dit Thompson, l'explication du mouvement d'une machine actuelle, mais le meilleur mode de produire, l'effet pour la production duquel la machine devrait être exécutée ou maintenue, qui est l'objet de nos recherches. » li faut chercher ce qui doit être, et c'est là, pour lui, le sens de la loi naturelle de distribution, comme pour les physiocrates.

Il se lie directement, au point de vue critique comme au point de vue idéaliste, à Godwin dans son Enqidry on political justice, à Owen dans ses Essaijs on the principle of the formation of charac ter. Tous les maux sociaux viennent des mauvaises institutions et d'erreurs séculaires. Ce n'est pas la loi de la nature, ce n'est que laloi dun état social factice, qui étale sur une poignée d'individus une si énorme surabondance.

Il cherche aussi, comme tous les penseurs du xviii*'siècle, un état rationnel où la raison gouverne. Reason niust govern the man. Physiocrates, économistes, comme Quesnay, moralistes comme Helvétius, politiques comme Godwin, pédagogues et réformateurs sociaux comme Oven, tous font cette recherche d'un état rationnel auquel ils donnent le nom de naturel, par opposition à l'imperfection, à l'instabilité des états actuels ou historiques.

Mais Thompson a le pied sur la terre, plus solidement que Godwin. Il corrige les méthodes expérimentales de son maître 0\ven, il se rattache directement aux économistes de l'école anglaise, et à l'économiste humanitaire par excellence, Sismondi (1817-1819).

Avec Owen il place encore cependant le système de coopération volontaire en dehors de la société actuelle.

comme l'élément d'un monde nouveau, et comme un organisme économique se suffisant à lui-même, pour les besoins essentiels, réalisant, par ses échanges intérieurs, l'équilibre mobile propre à assurer d'une manière indéfinie l'existence de la collectivité. La société apparaît comme dérivant de la juxtaposition de ces petits organismes, étendant graduellement entre eux le principe de la coopération volontaire mutuelle, c'est-à-dire s'assurant contractuellement la stabilité des débouchés et du travail, et résolvant par là le problème de la misère dans ses traits essentiels.

Des mains des économistes, il reprend la théorie de la valeur : le travail est la source unique de la valeur. Mais rinfluence de Sismondi est manifeste. Il distingue déjà le capital constant du capital variable, la valeur transmise par les moyens de production, de l'accroissement de valeur que le travail vient y ajouter ; seulement il est moins précis que Sismondi sur ce point.

Mais en quoi il diffère de Smith et de Ricardo, c'est que, ayant admis que le travail est la cause de la valeur, il déduit du fait scientifique la conséquence juridique. C'est là le socialisme. 11 érige en principe que le travailleur doit jouir de son produit intégral: c'est le jormcipe de sécurité. Là, il se rattache aux physiocrates. Lerj physiocrates constituent le droit naturel, le droit économique, c'est leur gloire éternelle. Thompson avec Owen, mais plus solidement, jette les fondements du droit socialiste.

Il prépare le développement de la conception juridique du socialisme. Il s'éloigne des physiocrates par la prépondérance de la propriété individuelle sur le travail, mais il est d'accord avec eux sur la liberté du travail, et le principe de la propriété personnelle et mobilière.

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