‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 30 sur 229 · II. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE MALTHUS · texte numérisé non relu

II. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE MALTHUS

Pour mieux rendre la pensée de Malthus, supposez qu'au bout de 25 ans on obtienne le double du produit de la première période représente' par 1, le produit total sera 2. Après une autre période de 25 ans, on obtiendra un nouvel excédent qui, au lieu d'être égal à 2, sera la moitié de 2, le produit total égalera 3; au bout de 25 autres années, l'excédent sera du tiers de ce produit, et le produit total de 4, et ainsi de suite, les accroissements successifs seront de 1/4, de 1/5, de 1/t), de 1/7 du produit recueilli. De là la progression arithmétique de l'accroissement des subsistances par périodes de 25 ans :

1,2, 3, 4, 5, fi.

>'opposant à la progression géométrique de la population

§ 2. Le principe de la population et la prédominance de la méthode déductive. — Le principe de la population de Malthus sous sa forme définitive est ainsi un rapport entre deux lois : la première exprime la tendance de rhomme à reproduire son espèce, l'énergie de l'instinct reproductif, tel qu'il peut se manifester quand il ne rencontre pas d'obstacles ; — la seconde exprime le degré d'élasticité que le travail de l'homme peut communiquer à la productivité du sol, c'est-à-dire à la multiplication des subsistances. Malthus remonte à deux ordres de causes, l'une biologique, inhérente à la nature humaine, l'autre physico-chimique, au milieu extérieur, et c'est du défaut d'harmonie entre l'opération de l'une de ces causes et l'opération de l'autre, que naît le problème fondamental de la répartition des richesses.

Maltlius eût dû rationnellement exprimer cet antagonisme par deux progressions arithmétiques :

1, 2, 3, 4, 5, () (subsistances).

1, 2, 4, ('), 8, 10 (population).

En effet, il est évident qu'à la troisième période, la destruction du 1/4 de la population sera nécessaire pour rétablir l'équilibre ; elle se réduira donc à 3 ; si elle obéit alors à sa tendance à doubler, ce ne sera plus 8, à la quatrième période, mais (i, et ainsi pour les périodes suivantes (v. Messedaglia).

Malthus n'a jamais prétendu avoir découvert aucune des deux lois.

Elles ont été d'abord ou conçues et formulées isolément, ou seulement mises en rapport dans un avenir très lointain.

Malthus signale Robert Wallace parmi ses précurseurs. C'est dans les travaux de cet écrivain qu'on retrouve le plus de traits communs. Il publia deux ouvrages sur la population à huit ans d'intervalle : Dissertation on the numbers of mankind (1753), traduite par de Joncourt sous ce titre : Essai sur la différence du nombre des hommes dans les temps anciens et modernes (il ùi), et Varions prospects of mankind, nature and Providence (17B1): Desseins divers du genre humain, de la nature, de la Providence.

Dans le premier ouvrage il répond à Hume et s'applique à démontrer que la population était plus grande dans l'antiquité que dans les temps modernes. La conception dcductive du problème est la même que chez Malthus; c'est dans le milieu moral le plus pur, là où les obstacles du vice et du luxe sont les plus faibles, que le principe opérera avec le plus d'énergie (voyez dans la

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