‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 67 sur 229 · III. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO · texte numérisé non relu

III. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO

quent de Ricardo, reproduit ci-dessus, mais, pour le surplus, il n'a pas altéré les termes de Ricardo : « Le plus grand maître de réconomie bourgeoise, comme il l'appelle^ est devenu un personnage gênant pour elle, depuis qu'il avait franchement exposé les résultats de ses recherches scientifiques » (i) ; dans sa lettre au professeur Rau, il dit : « J'ai expliqué aux travailleurs que Yentretien nécessaire usuel et conforme aux habitudes du peuple n'était nullement un point fixe du salaire du travail, mais que ce dernier était compris dans une gravitation constante autour de ce point central ; qu'il peut très bien monter pour un temps par suite de la hausse de la demande, mais que par l'accroissement des mariages et du nombre des travailleurs, il retombe toujours au point central de l'entretien nécessaire en usage chez le peuple, etc. (2). » « M. le professeur Rau me combattit en apparence, dit-il encore dans sa conclusion, et déclara que ma loi du salaire n'est pas vraie, sauf s'il survient une augmentation trop considérable de population. Mais cette augmentation a-t-elle lieu ou non ? (3) » C'était si bien une réponse affirmative que Ricardo donnait aux yeux mêmes des économistes à cette question, qu'il suffit, pour s'en convaincre, de lire l'article salaire du Dictionnaire de réconomie politique de Coquelin. 11 a paru plus de dix ans avant l'œuvre de Lassalle (4). Quant à attribuer la loi d'airain du salaire aux écoles socialistes mêmes, ou à alfecter de croire, comme on n'a pas craint

(1) M. Bastiat, Schulze de Delitzsch, Capital et travail, trad. Monti et De Paepe, p. 306.

(2) Lettre à Rau, trad. Malon, Ferdinand Lassalle, Capital et travail, p. 316, citée par Ashley.

(3) Trad. Monti, p. 309.

(4) Edition Guillaumin. p. o71, o72.

de le faire, qu'elle soit à leurs yeux inéluctable, même en régime de production capitaliste, il suffit du plus superficiel examen pour se convaincre que c'est une grossière erreur (1).

M. Ashley a ingénieusement rapproché des extraits notablement différents de la première et de la dernière éditions des Principes de Ricardo, qui servent à éclairer la portée des efforts de réhabilitation du grand économiste, mais l'interprétation qu'il en donne doit subir des corrections, d'après nous.

Dans ces deux passages, Ricardo distingue les contrées pauvres des contrées riches : les unes sont pauvres, en ce sens que les besoins des classes travailleuses sont réduites au mini7num, et les populations satisfaites d'un tel standard of life sont abandonnées à l'indolence, bien que les terres mal exploitées ou inexploitées puissent fournir une abondante subsistance. En 1817, il signale l'Irlande et la Pologne comme exemples de ces contrées pauvres; en 1821, il ne parle plus qu'en termes généraux ; les contrées riches sont celles où toutes les terres fertiles sont cultivées, et où les nouvelles applications de capital sont de moins en moins productives et dès lors de moins en moins souhaitables. Cependant, le passage célèbre cité plus haut propose comme remède uniforme, datis foutes les contrées, et par conséquent dans les contrées riches et les contrées pauvres, le développement des besoins de confort, l'élévation du standard of life. Malgré la généralité des termes, M. Ashley pense que celte conclusion ne s'applique qu'aux contrées pauvres. Il me semble que l'on pouvait maintenir leur com-

(1) V. la critique de De Paepe, p. 34 et suivantes, delà traduction Monti et notre volume sur la Dépression économique.

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