‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 68 sur 229 · III. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO · texte numérisé non relu

III. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO

mune application aux unes et aux autres. Dans les pays pauvres, le développement des besoins stimule directement l'énergie productrice et développe, par là, la production elle-même; dans les pays riches, où cette stimulation serait moins efticace, le maintien d'un siaiidard of life supérieur réfrène directement la multiplication de l'espèce par la crainte, qu'elle fait naitre, d'une diminution irrémédiable de bien-être pour la génération existante et les générations futures.

Un argument plus décisif nous est fourni par les textes mêmes des diverses éditions des Principes ; c'est qu'en efïet la préoccupation dominante de Ricardo se révèle dans des passages qui précèdent les citations de MM. Marshall et Ashley : « Dans les colonies nouvelles où l'on introduit les arts et les connaissances des pays plus avancés en luxe, il est probable que les capitaux tendent à s'accroître plus vite que l'espèce humaine ; et, si des pays plus peuplés ne suppléaient au manque de bras, cette tendance élèverait considérablement le prix du travail. A mesure que ces établissements deviennent plus peuplés, et que l'on commence à défricher des terres de mauvaise qualité, les capitaux n'augmentent plus aussi rapidement ; car l'excédent des produits, après que les besoins de la population ont été satisfaits, doit nécessairement être proportionné à la facilité de la production, c'est-à-dire au petit nombre de personnes qui y sont employées. Quoiqu'il soit donc probable que, dans les circonstances les plus favorables, le pouvoir productif surpasse encore celui de la population, cela ne saurait continuer longtemps ; car r étendue du sol étant bornée, et ses qualités étant différentes, à chaque nouvel emploi du capital, le taux de la production diminuera, tandis que le progrès de la populatio)i reste toujours le même

[wliilst the poiver of population continues always the samé) (1).

N'est-il pas évident que Veffort des amis de Thumanitè viendra le plus souvent se briser, aux yeux de Ricardo, au moins dans l'état social moderne, contre une irrésistible tendance, et dans cette distinction des contrées pauvres et des contrées riches, si propre d'ailleurs à égarer le lecteur, les contrées dites riches ne sont-elles pas précisément caractérisées par la pression croissante de la population, et la manifestation de plus en plus décisive de la loi de rendement décroissant de la terre?

La théorie de Ricardo sur la répercussion des impôts et la correspondance qui s'y rapporte nous font assister aux luttes intérieures de ce ferme et loyal esprit.

Dans le chapitre xxvi des Principes sur le revenu brut et le revenu net, on lit ces mots : a Le produit total de la terre et du travail dans tout pays est divisé en trois parts dont l'une est assignée aux salaires, une autre au profit, et la troisième à la rente. C'est sur ces deux dernières portions exclusivement que l'on peut opérer toute déduction pour les impôts et pour l'épargne ; la première, si elle est modérée, constituant toujours les dépenses nécessaires de la production. » Celte thèse tend à rapprocher le salaire naturel d'une grandeur physique, correspondant au minimum d'existence. Dans la troisième édition, Ricardo, en laissant subsister le passage, ajouta cependant en note : « Peut-être ceci est-il exprimé avec trop de force, la part attribuée généralement au travail étant supérieure à ce qui constitue les dépenses absolument nécessaires de la production. Dans ce cas,

(1) Principles, édit. Gonner, p. 73-76 ; Principes, traduction Constancio, 1819, I, p. 137, édit. Guillaumin, p. 71.

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