‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 69 sur 229 · III. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO · texte numérisé non relu

III. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO

une part du produit net de la nation est recueillie par le travailleur, et peut ou être épargnée ou dépense'e par lui ; ou bien elle peut lui permettre de contribuer à la défense du pays (i). » Cette note n'a pas été reproduite dans l'édition des Œuvres de Ricardo, publiée en 1847 par Guillaumin (2). Et l'on s'étonne que des écrivains modernes aient traduit avec tant de rigueur la pensée du célèbre économiste ! Il est fort intéressant de signaler dans quelles conditions cette note a été insérée ; l'excellente édition de la correspondance publiée par M. HoUander nous éclaire sur ce point (3).

Mac Culloch avait publié, dans la Revue (TEdimhourg, en janvier 1820, un article intitulé : Effets funestes d'une taxation exorbitante. Il y développait cette thèse, que le principe, reproduit tout à l'heure dans le texte de l'œuvre de Ricardo, d'après lequel toute taxe directe sur les salaires ou sur les subsistances nécessaires du travailleur retombe entièrement sur le chef d'entreprise, ne peut être admise qu'avec de très grandes modifications.

« Le principe qui a été développé par Smith et d'autres économistes, que tout impôt direct sur les salaires ou sur les denrées nécessaires à la subsistance du travailleur retombe entièrement sur son employeur, ne doit être accueilli qu'avec de très grandes modifications. Excepté dans le rare cas où une demande de travail inusitée concourt avec l'application d'une taxe sur ces nécessités, il

(1) Principles, édit. Gonner, p. 336.

(2) Voir p. 318 des Œuvres compléter de Ricardo, traduites par Constancio et Fonteyraud.

(3) Correspondance de Ricardo et de Mac Cullnclt, édit. Hollander, p. 60 et s. et note.

lôO DEUXIEME EPOQUE. — LA SCIENCE DES RICHESSES

est impossible que les salaires s'élèvent dans une pro" portion égale (1). »

Mac Culloch soutient que le plus souvent il faudra un temps fort long pour que cet effet se produise. « Dans l'état slationnaire de la société, ou bien là où le capital et la population progressent avec à peu près le même degré de rapidité, le seul moyen d'élever les salaires, c'est de rendre plus efficace l'opération du principe de la contrainte morale et de diminuer le taux d'accroissement de la population. Mais comme ce doit être là l'œuvre du temps, on court le risque extrême de voir les opinions et les habitudes de l'ouvrier subir un changement dans l'intervalle. » Ce que redoute Mac Culloch, c'est que, sous l'action prolongée des impôts nouveaux, obligeant les travailleurs à économiser, leur stmidard of life ne subisse, à la longue, un abaissement et que Vhabitudeleur fasse accepter une situation plus dégradée dans la société.

Dans une lettre du 29 mars 1820 (2), Ricardo discute cet article en priant son disciple de lui signaler les erreurs qu'il rencontrerait dans son raisonnement ; la thèse fondamentale de Ricardo, c'est que ces impôts se répercutent nécessairement sur l'employeur : « Les classes laborieuses, dit-il, ont dans tous les pays le plus grand intérêt à rendre l'offre de travail inférieure à la demande ; mais elles sont les plus heureuses quand les fonds destinés à entretenir le travail, et par conséquent la demande de travail augmentent avec la plus grande rapidité, et que leurs moyens de supporter leurs familles et

(1) Mac Culloch, « Injurions effects of exorbitant taxation », janvier 1820, dans Sélections from the Edinburgh Review, éd. Baudry. Paris, 1836, VI, p. 72.

(2) Ed. HOLLANDER, p. 53-60.

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