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de contracter mariage atteignent le plus haut niveau auquel ils peuvent s'élever. C'est seulement parce que la taxation agit sur l'accumulation du capital et diminue la demande de travail qu'elle est préjudiciable aux classes travailleuses. Tantôt elle ralentit seulement le mouvement d'accumulation ; dans d'autres cas, elle l'arrête complètement, et il arrive même que les taxes, étant acquittées aux dépens du capital lui-même, diminuent les moyens, pour le pays, d'employer la même qualité de travail qu'antérieurement.
« Les salaires peuvent être réglés et peuvent se maintenir pour une série d'années à un taux qui permettra à la population de s'accroître, d'année en année, dans une telle proportion qu'elle double en 25 ans. Dans d'autres circonstances, le pouvoir de doubler peut ne pas être possible en moins de 50, de 100, de 200 ans, ou même la population peut être si peu stimulée par des salaires assez abondants qu'elle n'atteint que le taux d'accroissement le plus bas, et qu'elle peut même obéir à un mouvement régressif. Les salaires, étant réglés suivant l'un ou l'autre de ces états, peuvent ou ne peuvent pas être affectés d'une manière plus préjudiciable pour les travailleurs par la taxation. Supposez qu'ils soient dans cet état d'abondance, que le doublement de la population en 25 ans soit encouragé. Supposez une taxe de 20 0/0 qui atteigne directement les salaires ou les denrées néces' saires dans lesquelles les salaires sont dépensés, quel effet une telle taxe aura-t-elle sur le confort réel des travailleurs? Je réponds : aucune influence quelconque à moins qu'elle ne diminue la demande de travail, parce qu'elle sera immédiatement transférée aux employeurs de travail, et diminuera par conséquent les prolits du capital. Supposez que les salaires ne soient pas aug-
mentes après la taxe, tout le monde pourrait employer la même quantité de travail qu'auparavant, et à cette demande serait ajoutée la demande additionnelle du gouvernement, qui ne pourrait dépenser le produit de la taxe sans employer des soldats, des marins et d'autres travailleurs. Celte demande élèverait d'elle-même le prix du travail et en transférerait la charge à l'employeur du travail... »
La portée de cette lettre ne peut être douteuse quand on la rapproche du correctif que la note de Ricardo, signalée plus haut, apporta au texte primitif du chapitre des Principes. C'est bien parce que le prix du travail tend à se confondre avec les dépenses de production nécessaires, avec le prix des denrées nécessaires au travailleur, que les taxes se répercutent encore, à ses yeux, en 1820, sur le profit; et s'il est vrai que le standard of life se modifie et qu'il faille souhaiter son élévation progressive et redouter son abaissement durable, en fait, ce qui dépasse les dépenses nécessaires de production est en général consacré à l'augmentation de la population. Celle-ci presse les limites des subsistances nécessaires au producteur lui-même.
On a retrouvé, dans un exemplaire de la première édition conservée à Gatcomb-Park, la résidence de Ricardo, une note manuscrite de sa main, insérée dans le chapitre viii.
(( L'ouvrier, y est-il dit, est dans la même situation que tout autre manufacturier. Il donne du travail ; la nourriture et les denrées nécessaires {necessaries) qui sont actnellement 7iccessaires {necessary) pour le soutenir, sont le prix de son travail, tandis que le luxe et le confort additionnels qu'il peut obtenir sont les profits de son capital, le travail de son corps. Dès lors, si nous
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pouvons par quelques moyens distinguer ces deux sommes, c'est-à-dire \eprix donné pour son travail et le profit de ce travail, le prix donné pour le travail serait une mesure de la valeur ; supposez que la somme de subsistances actuellement nécessaires pour soutenir un travailleur soit de trois quarters de froment, et qu'il reçoive 12 1. pour les denrées nécessaires et 12 pour son profit. Changez maintenant l'hypothèse, supposez qu'il reçoive 14 1. pour les denrées nécessaires et 6 1. pour le profit. Bien que les taxes sur les matières premières puissent finalement retomber sur le consommateur, et ne pas affecter l'intérêt du manufacturier et le prix naturel du travail, elles afîectent néanmoins matériellement son prix du marché, et l'ouvrier sera certainement exposé à de grands inconvénients jusqu'à ce que le nouvel état des choses soit établi (l). »
Cette distinction confirme la note du chapitre xxvi. Ce correctif de l'édition de 1821 révèle évidemment le trouble que Mac Culloch réussit à jeter dans la pensée de Ricardo et la noble sincérité de celui-ci ; mais en introduisant le correctif dans une note et en maintenant le texte principal, Ricardo témoigne de l'empire prépondérant que les causes générales exercent sur son esprit. Il reste, au fond, du même avis qu'en 1816, quand il écrivait à Malthus : « La tendance de la population à s'accroître est, dans notre état de société, plus qu égale à celle du capital à s'accroître (2 . » Toute l'idée directrice de son œuvre n'est-elle pas dans ces mots? Et qu'est-ce autre chose que le texte même du chapitre v des Prin-
(1) Letters of Ricardo to Mac Culloch, p. 60-61.
(2) Letters of Ricardo to Maltfius, éd. Bonar, 5 octobre 181G, p.
lî^2 DEUXIÈME ÉPOQUE. — LA SCIENCE DES RICHESSES
cipes sur lequel toute l'interprétation économique et socialiste de Ricardo s'est placée : « Dans la marche naturelle des sociétés, les salaires tendent à baisser en tant qu'ils sont réglés par la demande, car le nombre des ouvriers continuera à s'accroître dans une progression un peu plus rapide que celle de la demande. » On est frappé de la signification que Ricardo donne au mot naturel : le prix natîirel du travail est celui qui, eu égard aux habitudes et aux mœurs du travailleur, correspond à une population stationnaire, la marche naturelle des sociétés est 'celle dans laquelle la population, non contenue par la prévoyance, obéit à une loi d'accroissement uniforme et constante, pendant que \q. production du 50/ tend ellemême à s'abaisser graduellement.
Rapports du profit et du salaire. — Ce passage nous ramène à l'opposition du profit et du salaire. Les défenseurs contemporains de Ricardo, M. Gonner, par exemple (I), ont eu raison de critiques excessives. Ricardo n'a dit nulle part que jamais les quantités de richesses recueillies par le capital et par le travail ne peuvent augmenter simultanément. Cet antagonisme du prolit et du salaire n'est vraiment redoutable que si l'on se place au point de vue de la dynamique économique, et c'est le point de vue auquel la pensée de Ricardo se reporte finalement. Toute sa correspondance en fait foi. « Le taux des protits et de l'intérêt, écrit-il le 26 juin 1814 à Malthus, doit dépendre de la proportion du produit obtenu à la consommation nécessaire à une telle production, cette proportion à son tour dépend essen» tiellement du bon îuarché des subsistances, qui, après tout, quels que soient les intervalles que vous vouliez
(1) Introductory Essay.
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admettre, est le grand régulateur des salaires du travail (1). »
C'est dans la production agricole qu'il puisera directement les exemples hypothétiques propres à justifier sa thèse : « Il m'apparait à moi que la difficulté de nous procurer le hlé nécessaire et les dépenses y relatives, règlent la demande des produits du capital, car la demande doit essentiellement dépendre du prix auquel il peut être livré et les prix de toutes les marchandises doivent saccroître si le prix du blé augmente.
« Le capitaliste qui peut trouver nécessaire d'employer cent jours de travail au lieu de cinquante pour produire une certaine quantité de blé, ne peut retenir la même part pour lui-même, à moins que les travailleurs qui sont employés pendant ces cent jours ne se contentent de la même quantité de blé pour leur subsistance que les ouvriers employés antérieurement pendant cinquante jours. Si vous supposez le prix du blé doublé, le capital à employer, estimé en argent, doublera lui aussi ou à peu près, ou en tout cas augmentera considérablement, et si son revenu en argent doitprovenirpour lui de la vente du blé qui lui reste, après avoir acquitté les frais de production, comment est-il possible de concevoir que le taux des profits ne diminue pas? (2). » Nous pouvons essayer de rendre ici la pensée de Ricardo à l'aide de chiffres et, en opposant ces deux cas hypothétiques extrêmes, exprimer cette décroissance de productivité du travail.
(1) Letters of lUcardo to Maltlius, éd. Bonar, p. 34.
(2) Letters of Ricardo to Malthus, 25 juillet 18ii, éd. Bonar, p.
Denis II. 1 3
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