V, — PLAN DE L'ŒDVRB DR SISMONDI
de sa décomposition, et son pessimisme se traduit par des conclusions comme celles-ci : « C'est Teffet de la longue durée des Etats et de leur haute puissance, de séparer les habitants en deux classes toujours plus étrangères Tune à l'autre, les riches et les pauvres, de faire toujours plus disparaître la classe intermédiaire... Lorsque ce gouffre s'est ouvert entre ces deux parties extrêmes de la société, chacune des révolutions successives contribue à l'agrandir (1) ». Son livre sur les Constitutions des peuples libres révèle sa préoccupation des fondements économiques des institutions politiques, et montre la corrélation d'une aristocratie d'argent avec la formation du salariat de son temjps (2).
§ 2. Le plan de l'œuvre de Sismondi. — Les Nouveaux Principes comprennent six livres : le premier est consacré à l'histoire de la science, et l'on y ressaisit l'anneau qui rattache la doctrine de Sismondi à celle d'Adam Smith.
Les livres II à VI renferment la doctrine même de Sismondi : le livré II est consacré à la formation des richesses, le livre lit à la richesse territoriale, le livre IV à la richesse commerciale, le livre V à l'impôt, le livre VI à la population. Cette simple énumération ne permet assurément pas de surprendre l'enchaînement des idées de Sismondi et l'unité de son œuvre, et le permet d'autant moins que certains titres comme celui du livre 11 indiquent mal le contenu, et que d'autres, ceux des livres III et IV, laissent encore aujourd'hui, comme on en peut juger par l'article récent de Fournier de Flaix
(1) Histoire de la chute de VEmpire romain, 1842, Bruxelles, p. 27 et suiv., 106 et suiy.
(2) Etudes sur les Constitutions des peuples libres, Bruxelles, 1836, V. surtout p. .211 et suiv.
dans le hfouveau Dictionnaire d'économie politique, de Tobscurité dans l'esprit du lecteur. Le livre II ne renferme pas seulement l'exposé des lois de la formation des richesses, ce qui, à parler rigoureusement, n'est autre chose que la production des richesses» mais il embrasse tout le mouvement social de la richesse, et la théorie fondamentale de Tordre naturel da dépendance que doivent présenter les fonctions économiques, pour réaliser le but que l'auteur propose à la science : d'assurer, d'une manière constante et régulière, Taccroissement des jouissances et de l'aisance de tous. Cette vue d'ensemble de la vie économique normale des nations, correspond exactement, dans l'œuvre de Sismondi, au Tableau éco^ nomique des Physiocrates, c'est-à-dire au tableau de l'ordre naturel des sociétés économiques, ou à cette conception de Tordre naturel et du progrès naturel, de la statique et de la dynamique économiques renfermées dans les livres I, II et III (l""® partie) de la Richesse des Nations. A l'obscurité du titre se joint une certaine obscurité de Toxposition renfermée, comme un vaste tableau» dans de trop courts chapitres, mais qui s'éclairent par la lecture de tous les autres, et par celle de tous les admirables essais réunis dans les Etudes sur V économie politique, Tessai sur la Balance des productions et des coH" sommations, Tessai sur le Revenu social, et Tessai sur V Organisation sociale, La distribution des matières, daus les Etudes sur l'Economie politique, présente à peu près exactement le même ordre que dans les Nouveaux Principes, et la lecture de Tun de ces ouvrages éclaire toujours celle de Tautn\
Dans ce livre II (Ij, Sismondi s'est mis en possession d'une vérité maîtresse, c'est (jue la répartition du revenu
(i)Gf. Etudefi,l,9{.