VI. — ROBERT OWBN
quelques grandes manufactures, le cinquième, le quart même des enfants étaient estropiés ou déformés par le travail. Owen se mit en rapport avec quelques membres influents des deux Chambres et leur exposa ces faits. Il prépara le projet de loi signalé plus haut pour y apporter un remède. D'après ce projet, il était défendu aux manufactures de recevoir des qnfants avant l'âge de 10 ans, et les heures du travail étaient jusqu'à 18 ans limitées à dix heures et demie par jour. Le travail de nuit était interdit — une demi-heure était consacrée chaque jour à l'instruction, aux frais des manufactures : celte loi devait s'appliquer à toutes les manufactures de coton, laine, lin et autres fabriques ou chantiers dans lesquels vingt personnes de moins de 18 ans étaient employées. Owen avait obtenu de Robert Peel une promesse d*appuyer ces mesures, mais cet homme d'Etat n'aboutit qu'à la loi insuflisante de 181U. Mécontent de ce résultat, Owen tentade pénétrer lui-même au Parlement, mais il échoua. Si le projet d'Owen avait été adopté, il eût anticipé la législation des fabriques de plus d'un demi-siècle, a dit M. Whateley CookTaylor,rhistorien de la législation du Travail. Sa conception de la protection du travail était . si large qu'elle n'a été que beaucoup plus tard accueillie par les hommes d'Etat de l'Angleterre. (I)
« A Owen, dit encore Whateley Cook Taylor, revient sans nul doute l'honneur d'avoir été non seulement le plus avancé des premiers réformateurs des fabriques, mais celui dont la prévision s'est étendue le plus loin, — et ceux qui ont rejeté ses propositions portent la responsabilité d'avoir retardé une législation plus humaine. »
(1) Whatbley Cooke Taylor, Factory System, p. 207-209.
414 DEUXIÈME ÉPOQUB* — Life BCISNOB DBS RICHESSES
2.. La péuiadia lapius importaote et la plu» féconda ésflat VIA d'Owea^, sartout aiL point de vue da déveioppemanh da* la pensée réfomualrice', emliraase les années lAiT. k 1820w (1) li avait été aoUicUé- de- donnée son a¥Îs sur liba* canses de la détresse des ouvmni. Sa réponse fut uncafr^ port célèbre* adpessé au Gomiié de rafisoGiationiponr Lfc sottlagement des ouvriers p^itves des manufacttiBe» et desjournalLers en général, et soomis au Comité de la GhAmbre dos Communes ayant pour attribution la loi des Pauvres. (2) La question économique était, asrec la situation cruelle des sans-travail, amenée au premier plaa dam. les préoccupations d^Owen, mais il ne pouvait la séparer de son projet de réformation morale, Ib garantie d'un tnavail régulier et rémunérateur en devenait un élément essentiel. Sa synthèse réformatrice, désormais beaucoupplus complexe^yse ramène à procurer aux pauvres unesubsistance confortable par leur propre travail, dans- datellea conditions que leur développement moral soit assuré ; au lieu de les abandonner aux influences d'un milieu vicieux, il fallait réaliser ua système tel qi^i'il prévînt à ht fois le paupérisme et la crime.
Mais avec la puissance généralisât riee de son esprit,. Owen rêvait d'étendre à la société tout entière la solution qu'il proposait pour les ouvriers sans travaiL Son auto*biographie renferme ce passage significatif: « C'était l'annonce do ce nouvel état d'existenoe^ sur la terre, q^ lorsqu il sera compris et. EatJoniLfillemftntaypliquéy unina
(1) Voyez pour L'histoire da ces années, lÀfeaftL Gwen^ London^ 1858, I. p. 154 etsuiFanies; IL, p. 53« — Jusqu'à la ûndu aecoiuL volume pour la documentation.
(2) Report to the committe of the association for the relief of the manufacturinf;; and labouring Poor. march iSil^Life ofOu'tn^ II, p. 53 et suiv.