‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 177 sur 220 · VI. — LA STATIQUB D'OWBN · texte numérisé non relu

VI. — LA STATIQUB D'OWBN

tout calcul, rintérèi de chaque gouvernement de pourvoir à cette éducation et à cetemploi, et c'est aisément praticable : d'une part, on y parvient par un système national d'éducation propre à former le caractère ; de Fautre, en préparant une réserve d'emploi pour l'excédent inemployé des classes ouvrières, quand la demande générale da travail ne suffit pas à les occuper (t). »

II était convaincu qu'un système national et égalitaire d'éducation serait assez efficace pour permettre, dans les temps ordinaires, à tous de trouver un emploi suffisant : ce n'est que dans les cas de grande et soudaine dépression et de dépréciation de la valeur du travail, que l'Etat devait intervenir directement et pourvoir à des emplois d'une réelle utilité nationale (2) ; pour déterminer ces cas, Torganisation publique de l'enseignement devait toujours s'accompagner d'une vaste organisation du marché du travail. Robert Owen doit être considéré comme le père véritable de la Statistique du travail et Vinitiateur des Bourses du travail, que le savant économiste, G. de Molinari, devait transporter mieux élaborées un quart de ^ècle après dans la réalité (3).

Dans le quatrième essai sur la Formation du caractère (1813-1816), il projette rinstitution de moyens propres à donner, sur la demande et la valeur du travail, des informations régulières, précises, propres à préparer les mesures destinées à assurer du travail à ceux qui en seraient occasionnellement privés : le but à poursuivre était d'obtenir des rapports trimestriels sur Tétat du tra-

(i) Essays on the principle of the formation of the human character. First essay (1812-1813). Life of OweUr I, p. 285.

(2) Essays on the formation of character : fourth essay, écrit en 1813, publié en 1816, Life of Owen, I, p. 328.

(3) Ibidem, p. 325-326. Ce passage n'est cité nulle part.

vail dans chaque région ou district ; ces rapports devaient indiquer : l"" le prix moyen de la main-d'œuvre pour la période considérée ; 2"^ le nombre de ceux qui liraient leur subsistance de leur travail et des secours de la paroisse ; celui des personnes capables de travailler et qui se trouvaient sans emploi ; S*" le nombre de ceux qui n'étaient que partiellement employés et l'étendue de cet emploi partiel.

Sous la pression des crises, le droit au travail apparut bientôt à Owen comme l'expression normale du Droit des Pauvres à une aide vraiment efQcace, lorsqu'ils sont incapables de travail ou privés d'emploi. C'est l'importance et le caractère national de son projet, la nécessité d'une intervention plus générale et plus fréquente de l'Etat qui, en 1817, déterminèrent leComiléde secours à le renvoyer à la Chambre des Communes, au Comité de la loi des Pauvres, où il fut d'ailleurs mutilé, au témoignage de Ricardo lui-même (I).

C'est un équilibre constant de la production et de la consommation que ce Droit nouveau devait assurer, et c'est dans les éléments ultimes de l'organisme social qu'Owen tendait alors avant tout à le réaliser, à savoir dans les villages agricoles-manufacturiers, villages d^unité et de coopération mutuelle^ c'est-à-dire réalisant l'unité du travail et de la dépense, de la production collective et de la consommation domestique, la communauté d'intérêts et la mutualité des services.

C'est plus tard encore, en 1820, dans le rapport au Comté de Lanark, qu'on voit apparaître le travail à la bêche, destiné à transformer la production agricole, à opérer une révolution analogue à celle du machinisme,

(1) Life of Owen, I, p. 155, II, p. 53 et suiv.

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