‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 179 sur 220 · VI. — LA STATIQUE d'ÔWBN · texte numérisé non relu

VI. — LA STATIQUE d'ÔWBN

la plus grande abondance de produits, avec le mtnimum de travail, il ne pouvait manquer de s'étendre et de faire concurrence au système agricole-manufacturier existant ; c'est lorsque la société aurait expérimentalement constaté la supériorité du nouveau système, qu'une révolution sociale s'accomplirait pacifiquement et par la liberté (1). C'est encore avec celle universalité idéale d'application, que le projet devient Tune des parties du système rationnel, Taspect fondamental de la statique idéale d'Owen.

Le plan d'Owen était une extension de l'expérience de New Lanark (2); car déjà la culture y était associée aux manufactures; seulement ici Tagriculture devenait la base même du système : l'association domestique se joignait à l'association agricole manufacturière ; Owen voulait donner immédiatement un emploi productif aux travailleurs inoccupés, leur assurer directement par leur propre travail tout ce qui est indispensable à l'existence, leur permettre d'acquérir le surplus par l'échange ; en joignant l'association domestique à l'association agricole manufacturière, il voulait d'une manière générale supprimer tout gaspillage, diminuer les dépenses de consommation et réaliser l'épargne du temps, de l'espace, de la force de travail ; au point de vue moral^ en transformant le milieu, il voulait éliminer les mauvaises habitudes dues à des arrangements sociaux défectueux, et par une culture supérieure faire naître, surtout dans la génération nouvelle, les dispositions les plus propres à unir les hommes dans un intérêt général, clairement perçu par chacun d'eux. Tous les

(i) First leUer2o juillet 1S17, Life of Owen, II, 74. (2) Voyez, Rapport du comité désigné en 1819, Ii/e of Owen, p 243.

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éléoieots Ab la solution élaieal réuaîs : des LerreA incultes ou mal culUvées eu aiK>a4laiice, des travailleurs oifiifo et par là oàême livrés àla démoralisaiiou; des capitaux, aboudauls employés jus4]ue-là saxis proiil.

§ ^. La SUti^ua d'O^ven. La Psychologie éoono- ■iqua et r£thologie. — C e^t là que la plus radicale opposilioa des idées éclate, c'est là aassi que devaient se produire les plus graves objectioas de Ricardo au sein du Comité de 181i). « Le plaa^dtt Uicardo lui-même, fut principalement examiné comme celui d'un établissement de pauvres, ou d'un tuorkhouse bien organisé ; mais, même réduit à ces liraiies, le plan soulevait à' insurmontables objectioiu. Oweu est lui-même un enthousiaste bienveillant, décidé à faire de grands sacrifices pour un objet favori. Le Duc de Kent, son grand protecteur, est lui aussi animé d'intentions bienveillantes, mais il me parait ignorer complètement les principes qui doivent régir les établissements de pauvres, il a entendu parler de la doctrine de Mallhus, elle lui inspire de Tanlipathie, sans qu'il connaisse les raisons sur lesquelles elle se fonde, ou comment on obvie à ses difficultés. Lui, Al. Preston et M. Owen me paraissent croire que riea d'autre n'est nécessaire à la production et au bonheur d'une population dense, que la terre, l^ous avons la terre ; elle peut être rendue plus productive, et dès lors nous ne pouvons avoir un excès de population. Une personne raisonnable peut-elle croire, avec Owen, qu'une société telle qu'il la projette, puisse prospérer et produire plus qu'il n'a été jusqu'ici produit par un nombre égal d'bommes, s'ils sont stimulés par l'intérêt de la Communauté, au lieu de r être par leur iitérêt privé? ^'à-i-ïl pas l'expérience des âges contre lui ! II ne peut opposer à cette expérience rien d'autre qu'un ou deux cas peu authentiques de sociétés

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^i oat prospéré avec le principe d'une coiumuaauté 4e biena» mais dans lesquelles la popuiation était soua la pissante îaQuence du ianatîsme religieux (1). »

C'est avec beaucoup plus de complexité que le pro«> blême psychologique apparaît à Owen. D'une part, il n'oppose pas sous une forme abstraite et rigide Tintérét individuel à Tintérèt commun^ mais l'intérêt individuel isolé i rintérèi individuel soutenu par la coopération ; de l'autre, sa conception de l'Ëihologie lui inspire une foi dans la toute^puîssance de l'éducation^ et de la traasfornaiiimdu milieu aocial. Dans un passage du Rapport au Comdé de ùanark, il rend éloquemment sa pensée : « Ce tel et c'est encore une opinion reçue chez les théoriciens de rËconomie politique, que l'homme peut mieux pourvoir pour lui-même et plus avantageusement pour la sociéié, lorsqu'il est abandonné à sies efforts individuels, qu'il est en opposition et en concurrence avec ses compagnons» que lorsqu'il est aidé par des arrangements sociaux, qui unissent ses intérêts individuellementet généralement avec la société. Ce principe de Tiatérèt individu^ oppoi»é,'Comme il Test toujours, au bien public est considéré par les plus célèbres économistes comme la cM de voûte du système social, sans laquelle la société ne subsisterait pas. Cependant, quand ils connaîtront euxmêmes et découvriront les efl'ets merveilleux que la combinaison et l'union peuvent produire^ ils reconnaîtront que l'arrangement social actuel est le plus antisocial, le plus impolitique, le plus irrationnel qui puisse être conçu : que sous son influence, toutes les qualités supérieures de la nature humaine sont refoulées depuis Tenifance, et que les moyens les plus contraires à la na-

(1) i^etlers of Ricardo to Trover, p. 79-80, 8 jaillet 18i9.

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ture sont employés pour dégager les dispositions les plus funestes. i> C'est de ce principe de l'intérêt personnel, tel qu'il est compris, que naissent toutes les divisions parmi les hommes, les erreurs et les excès des classes, des sectes, des partis, les antipathies nationales, déchaînant des passions hostiles, tous les crimes et toutes les misères qui ont jusqu'ici affligé la race humaine.» Bref, s'il est une doctrine contrair 3 à la vérité, c'est celle qui enseigne que rintérôt individuel, tel qu'il est compris actuellement, est un principe plus avantageux pour fonder le système social, dans l'intérêt de tous, que le principe de l'union et de la coopération mutuelle; si l'expérience a prouvé que l'union, la combinaison des arrangements exlensifs entre les hommes, ont une puissance destructive mille fois supérieure à celle des individus isolés formant une multitude sans cohésion, est-ce que l'union, la combinaison des arrangements extensifs n'auraient pas une même efficacité pour créer et conserver? Comment les résultats ne seraient-ils pas les mêmes dans un cas que dans l'autre? Comment se fait-il que les hommes aient aussi longtemps agi individuellement, en opposition les uns avec les autres? C'est là une question importante qui mérite la plus sérieuse attention. On n'a pas encore dirigé l'éducation des hommes vers les principes qui leur permettent d^agir dans funionf sauf pour se défendre eux-mêmes et pour détruire les autres : les nécessités de leur préservation les ont contraints dès l'origine de s'unir pour le but de la guerre; wie nécessité également puissante contraindra aujourd'hui les hommes à apprendre à agir en commun pour créer et pour conserver, de manière à assurer leur vie dans la paix. Heureusement pour l'humanité, le sgs^ terne jd*oppositioji des intérêts hxdividuels a atteint son

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