‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 195 sur 220 · VII. — WiLjLiAM Thomson · texte numérisé non relu

VII. — WiLjLiAM Thomson

§ 1. Robert Owenet William Thompson. •— ^ L œuvre de William Thompson, il l'a déclaré lui-même, est inséparable de celle de Robert Owen ; elle est dolninée, elle aussi, parles problèmes fondamentaux de la statique sociale; avec une netteté et une rigueur remarquables, il a exposé le rôle qu*il assigne à V Economie politique coopérative, ce sont ses termes, dans leur solution :a Dans la longue chaîne des causes et des effets, immédiats et éloignés, qui affectent le bonheur humain, à travers les discordances d'opinions qui s'y rapportent^ quelle est la circonstance universellement reconnue comme indispensable à Textinction de la misère, qui afflige aujourd'hui si lamentablement, chez les nations les plus civilisées, la grande majorité des classes industrieuses de la société, les producteurs de ses richesses ? C'est le manque d'emploi, le manque d'un emploi permanent et rémunénateur. Quelles sont les causes immédiates de ce manque d'eiÉploi ? Le manque de débouchés. Les marchandises une fois produites ne peuvent se vendre^ ou ne se vendent pas à un prix qui reconstitue le coût de production : dès lors les manufacturiers, détenteurs des matières premières et des machines, ne peuvent donner d'emploi permanent, rémunérateur aux classes travailleuses. Le remède est évidemment à chercher dansla réalisation d'un marché infaillible (unfailing markei), pour les produits utiles de toute nature, étant considérés comme utiles les produits dont la jouissance dépasse la peine et le sacrifice de leur production.

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C'est là ce qu'accomplit le système de rindustrie coopérative, non par la vaine recherche de marchés étrangers à travers le s^lobe : à peine sont-ils trouvés en effet, que ces débouchés sont envahis par la concurrence sans freiii de producteurs aux abois ; mais par l'union volontaire des classes industrieuses et productives, et en nombre suffisant pour s'offrir les unes aux autres un marché, en travaillant les unes pour les autres , pour satisfaire mutuellement à leurs besoins les plus indispensables (nourriture, vêtement, habitation, mobilier) : telle est la base simple de V Economie politique coopérative ; elle a pour premier objet de bannir la pauvreté et le besoin du seia des classes travailleuses, (la grande majorité de l'espèce humaine)^ en lui assurant un emploi productif : sur cette base» on élèvera par des réformes ultérieures, de toute nature, la superstructure du bonheur social (1) ».

En donnant plus de solidité aux projets de communauté, il prolonge aussi avec un plus vaste savoir et surtout une plus rigoureuse méthode, l'effort de synthèse sociologique tenté par Owen ; c'est en partant de Tinfluence du milieu sur le caractère, que celui-ci avait conçu les plans d'éducation qu'il réalisa pratiquement ; en transportant cette conception de l'influence du milieu dans l'étude de la vie sociale tout entière, il conçut tout le développement intellectuel et moral des hommes comme subordonné àleuis conditions économiques, et les changements de celles-ci comme soumises à la législation et au gouvernement ; il réunit alors dans une synthèse plus ou moins rigoureusement établie, l'Economie politique, la théorie du développement intellectuel et moral, la Morale, le Droit et la Politique. W. Thompson, nourri de fortes études, à la fois spéculatives et pratiques, directement et

(i) W.THoiipsoN,Practca/dïrec«wns,etc. întroductorn ohserwitiênë.

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