‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 200 sur 220 · VII. — W. THOMPSON JBT SON ŒDVRR · texte numérisé non relu

VII. — W. THOMPSON JBT SON ŒDVRR

vante pourrait élever ou abaisser le prix des produits. Par quels moyens ou par qui ces articles seront consommés, si c'est par la masse des producteurs, en répandant la joie à travers une population pressée, ou si c'est par un petit nombre vivant dans des palais,entourés d'innombrables appétits, sans joies et malades, n'a pas non plus de signiGcation pour eux. Le problème, pour eux, est de réaliser le plus grand produit, et d'assurer la plus grande consommation, la plus grande demande effective (1). j>

Thompson reproche ainsi aux économistes de l'époque de méconnaître que Vhomme, son bonheur est la fin même de la science économique, et non la richesse ellemême. Il condamne la science pour ne pas se proposer une fin morale à atteindre, et pour se proposer comme fin ce qui n'est qu'un moyen, la richesse : de même qu'il a condamné les intellectuels pour s'èlre, non pas trop préocccupés de la fin morale, du perfectionnement de l'homme, mais trop peu des conditions économiques d'y parvenir.

Aucun des deux groupes de penseurs ne peut ainsi atteindre la vérité, ni réaliser le bonheur de l'humanité, parce qu'ils n*ont, l'un et l'autre, mis en lumière que l'un des aspects de la vérité.

Parmi les intellectuels ^ Thompson comprend même on Ta vu, des penseurs comme Godwin, l'auteur illustre de la Political Justice.

« Les moralistes, dit Thompson, sont ignorants des vérités de l'économie politique... ; les économistes ne dirigent leur attention que sur la production et l'accumulation des richesses, ils ne considèrent sa distribution que pour autant qu'elle influe sur la reproduction et

(1) W. Thompbon, Distribution o/ WeaUh, p. ▼ — édition de 1824. Denis IL 32

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l^accumulation, laissant aux moralistes de rechercher ses effets sur le bonheur, et traçant une large ligne séparalive entre les spéculations matérielles^ solides, et la philosophie aérienne de l'esprit. » Thompson entreprendra de rattacher le ciel de la pensée à la terre (1).

L*homme étant un être complexe, la vraie solution doit être cherchée dans la synthèse des deux points de vue. (( Il est toujours nécessaire, dit Thompson, d'avoir en Tue la nature compliquée de l'homme, c'est-à-dire Vinstrument avec lequel on opère, et la créature sur laquelle il doit être opéré. » Il entend par là : dont le bonheur doit être assuré. C'est ainsi que l'économie politique est rattachée, par lui, à la science sociale, en s'unissant à la morale, et la science sociale, au point de vue pratique, dans ses applications, n'est plus que ïari du botiheur social. Dans le livre où Thompson a résumé sa pensée et lui a donné toute sa portée pratique, les Practieal dûrections, la science sociale apparaît comme l'application d'un vaste système de connaissances physiques et morales à l'organisation sociale, de manière à produire^ par le développement des facultés de tout individu, les moyens d'assurer la santé, les conditions des plaisirs mentaux et sociaux, au plus haut degré, à tout être hu main (2). C'est en se plaçant à ce point de vue que la théorie de la distribution des richesses lui a apparu comme d'une importance capitale. Car l'accroissement indéfini de la production et l'accumulation des richesses ne servent de rien, si les neuf dixièmes de la popula- .tion sont livrés à la misère, et que le reste jouisse dans Tindolence d'une profusion de richesses.

(!) W. Thompson, Distribulion of xcealtK p. vrii, ^ (2) W. Thompson, Practieal dirctions, etc., p. 207.

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