‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 201 sur 220 · VII. — W. THOMPSON BT SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

VII. — W. THOMPSON BT SON ŒUVRE

Sans doute, dans les temps antérieurs» les maux de l'inégale distribution des richesses ont été reconnus, mais dans les eiForts pour la modiGer, Tignorance a toujours recouru à la force ; or, le recours à la force fait disparaître la sécurité, sans laquelle l'essor même de la production des richesses est impossible.

La solution doit être demandée à une entente volontaire et pacifique. C'est ainsi qu*il cherche à résoudre, dans une synthèse, les deux aspects du problème social : la production abondante et continue, et la distribution juste, double gage de la perfectibilité indétinie de rhomme.

« Ici, dit-il, l'important problème de la morale sociale €st : Comment réconcilier l'égalité avec la sécurité ; comment réconcilier la juste distribution avec la production continue ?» (1).

Ce problème forme précisément l'objet du livre même. 11 recherche les lois naturelles selon lesquelles la distribution équitable sera introduite dans le domaine de la richesse, et par lesquelles la sécurité sera assez assurée à tous, pour que la production atteigne le plus haut de»' gré d*intensité et de régularité, et que l'expansion du i)onheur puisse, dès lors, être la plus générale.

II faut bien comprendre ce qu'il entend par lois naturelles de la distribution des richesses. Ce ne sont pas les rapports constants entre les phénomènes de richesse et leurs causes ; elles n'expriment pas les tendances desphérno mènes de richesse, tels qu'ils s'accomplissent, mais la direction qu'ils doivent prendre pour réaliser le bonheur ^ ^lles expriment ce qu'ils û?o2ue7// e//e.

« Par lois naturelles, dit-il, chapitre i, page 3, les

(i) Dislribul ion of wealth, ip. xiw .'

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économistes comprennent, ou devraient comprendre les règles générales, ou premiers principes sur lesquels la distribution des richesses devrait être fondée j pour pro^ duire la plus grande somme de bonheur dans la société. »

Il est intéressant de noter que cette conception des lois naturelles est exactement celle des physiocrates.

« Les lois naturelles, disait Quesnay (Droit nature/, chapitre v), sont ou physiques ou morales.

a On entend ici par loi physique, le cours réglé de tout événement physique de Tordre naturel, évidemment le plus avantageux au genre humain.

« On entend ici par loi morale la règle de toute action humaine de l'ordre naturel conforme à l'ordre physique, évidemment le plus avantageux au genre humain, b

11 y a, entre les lois naturelles de Thompson et de Quesnay, et les lois naturelles au sens positif, les différences qui existent entre les sciences pratiques, qui se proposent un but à atteindre, et les sciences théoriques, qui ne se proposent d'autre objet que la constatation des rapports des choses.

Cependant, les principes dirigeants de la pratique, ou les lois naturelles de Thompson, ne sont que la déduction des tendances réelles de la nature humaine, que ce penseur commence par observer, et recueillir à l'aide des méthodes inductives, mais plutôt en recourant à l'observation de l'individu qu'au témoignage de l'histoire.

Reproduisons d'abord, en une série de propositions^ la plupart textuellement empruntées à Tauteur, mais classées dans un ordre un peu différent du sien, la quin« tessence même de la partie didactique de l'œuvre.

La tendance fondamentale de la nature humaine, & laquelle toute la théorie de la distribution se rattache.

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