VII. — W, THOMPSON ET SON ŒUVRE
c'est que tout homme recherche le bonheur^ non seulement dans les plaisirs des sens, mais dans les plaisirs intellectuels et moraux.
Tous les membres de la société ayant la môme organisation physique, sont, placés dans des conditions semblables, en état de jouir des mêmes portions de bonheur : la production du plus grand bonheur possible doit, dès lors^ être recherchée dans le bonheur du plus grand nombre.
La richesse, c'est l'ensemble des moyens matériels de bonheur : son abondance est la condition fondamentale du bonheur du plus grand nombre.
La richesse est le produit du travail appliqué aux matériaux fournis par la nature, et guidé par la science.
Dès lors, il faut au travail un stimulant assez puissant pour que la richesse se multiplie.
Le plus puissant stimulant de la production, c'est la sécurité, c'est-à-dire la garantie pour les producteurs de jouir de l'intégralité du fruit de leur travail. Un second stimulant doit être cherché dans l'organisation de réchange.
Dans l'état social où règne la division du travail, tes richesses, qui sont les moyens matériels du bonheur, s'acquièrent indirectement par l'échange, qui implique des préférences réciproques pour les choses échangées ; l'échange volontaire tend donc à accroître le bonheur, et, par là même, à donner plus d'énergie aux motifs qui portent à la production des richesses.
Toute soustraction forcée du produit du travail, même d'une petite partie de ce produit, inflige une plus grande perte de bonheur aux victimes de cette soustraction, qu^elle n'accroît le bonheur de ceux qui profitent de la soustraction.
502 DBUXIÈMB ÉPOQUB. — LA SCIENCE DES RICHESSES
Le produit du travail, le travail lui-même, ni aucune part de ce produit ou du travail ne peuvent être enlevés au travailleur, sans qu'il obtienne, en échange, un équivalent qu'il juge lui-môme suffisant.
La distribution des richessed doit être organisée de telle manière qu'elle assure à tous, directement ou indirectement, la plus grande somme de jouissances, et qu*elle donne à tous le plus haut degré de sécurité, le degré de développement de toutes les énergies productives, intellectuelles et physiques dépendant du degré de sécurité.
L'inégalité dans la distribution des richesses n*est admissible, que dans la mesure où elle provient du libre emploi des forces de travail et des produits du travail, et de l'échange volontaire de ces produits, parce que, sans admettre l'inégalité dans ces limites, il n'y aurait pas de sécurité, et sans sécurité, pas de production, et sans production, pas de produits à distribuer. Mais toute autre forme d'inégalité doit être repoussée, n'étant pas nécessaire ; elle réduit le stimulant de la production et la somme totale de bonheur.
Telles sont les généralisations inductives maîtresses qui, jointes à d'autres généralisations secondaires, se retrouvent successivement, comme des thèses, dont les différentes sections de la première partie de Distribution of wealth renferment la démonstration.
La position prise par W. Thompson, dans Tbistoire de la science, est admirablement marquée par le passage suivant de son livre : « L'objet final de l'économie politique a été d'accroître la masse absolue de la richesse accumulée dans la société, laissant aux moralistes et aux hommes d'Etat de répartir le produit annuel de Taccu* mutation permanente, en telles proportions que leur mys*