VII. — W. THOMPSON ET SON ŒUVRB
térieuse sagesse pourrait juger convenable : satisfaits pour le surplus, de l'accroissement de la richesse de la société, et confiants que le confort et le bonheur devaient, d'une manière ou de l'autre, en un point ou en un autre; être la conséquence nécessaire de la richesse accrue et de la richesse croissante (1). »
Ce passage prépare bien Tavënement de la morale dans l'économie politique, marquant que le problème de la répartition ou distribution, (termes synonymes pour Thompson), est précisément le plus important de tous, parce qu'il fixe la mesure dans laquelle tous les membres de la communauté participeront à la jouissance des richesses produites. La richesse, par là, devient un moyen : elle cesse d'être une fin ; la fin^ c'est fe bonheur du plus grand nombre, c'est son développement physique, intellectuel, moral.
G*est ainsi qu'il recherche les lois naturelles de la distribujlion des richesses. Ces lois expriment pour lui, nous l'avons vu, non ce gui est, mais ce qui doit être pour le plus grand bien de tous. Il parle exactement la langue des physiocrates :
c L'observance de ces règles et lois, dit-il, conduira sans effort à la jouissance de la plus grande portion des bienfaits de légalité, sans que la sécurité soit violée ou altérée. »
L'œuvre dans laquelle Thompson développe sa pensée est remarquablement ordonnée.
Elle comprend six parties ou chapitres divisés en un nombre plus ou moins grand de sections. Le livre a 600 pages.
Le chapitre premier, très considérable, est consacré au
(1) w, Thompson, Distribution of wealtk, pt 36.
504 DEUXIÈME ÉPOQUE, — LA. 8CIBN0B DBS RIGHBSSBS
fondement inductif de ces lois naturelles^ principes ou règles, comme il le dit, sur lesquelles toute distribution juste des richesses devrait être fondée.
Il les Réduit de notre organisation et des circonstances physiques et sociales qui no^us entourent.
Le second chapitre est un retour à Tétat social actuel après qu'il a formulé les lois naturelles. Il décrit les maux que l'inégalité forcée des richesses engendre. Le troisième chapitre, opposé à celui-là, décrit les bienfaits de l'application des lois naturelles de la distribution. On voit, ici encore, comme chez les physiocrates, comme chez Owen, une conception idéale ou normale définie comme naturelle, opposée à un état historique de civilisation, contin« gent et considéré comme une déviation.
Le quatrième chapitre est consacré aux conditions intellectuelles, au développement des connaissances humaines propre à assurer la permanence des lois naturelles de distribution.
Le chapitre v est consacré aux institutions qui maintiennent Tiné^ale distribution des richesses, et aux moyens de passer de cet état de contrainte à un étal et aux institutions de distribution volontaire, assurant au travailleur la jouissance de l'intégralité du produit de son travail.
Le dernier chapitre est le tableau de cet état supérieur d'égalité volontaire, où il oppose le travail par coopération au travail par concurrence d'individu à individu. C'est là que sa solution pratique se résout dans le système de coopération mutuelle d'Owen.
§ 3. Statique de Thompson. — Le droit éoonomiqne et la théorie de la valeur et de la plus-value. — Thompson pose en principe que la richesse est produite par le travail, et que le travail seul fait, d'un