V)I. — LA STATIQUE DB THOMPSON
lui serait propre, ou dans le fait même de son appropriation. A l'autre point de vue, celui du capitaliste^ le prix que le travailleur paie au capitaliste, c'est la valeur additionnelle même, additional value^ produite par le travail en utilisant les machines et autres capitaux. « L'ensemble de cette valeur excédante, surplus value, est attribué au capitaliste pour son intelligence supérieure et son habileté, en accumulant et en avançant au travailleur le capital utilisé, b
Cependant, il faut voir de plus près la distinction qui sépare Marx de Thompson ; Engels, dans l'introduction au deuxième volume de Marx, rappelle que la théorie de Marx implique la distinction du travail et de la force de travail. Le capitaliste achète la force de travail de l'ouvrier qu'il paie par le Salaire ; la force de travail produit plus que ce qui a servi comme salaire à l'entretenir ; la différence entre le salaire et le produit de la force de travail^ voilà la plus-value de Marx. Il faut reconnaître qu'elle n'est encore qu'imparfaitement exprimée par Thompson. Le salaire figure dans le capital constant de Marx, alors qu'il est le capital variable. On comprend^ dans la théorie de Marx, que, d'une ipart, le salaire soit l'équivalent du travail nécessaire à reproduire la force de travail, et que, d'autre part, le salaire ne soit pas Féquivalent du produit, bien que la valeur du produit ne soit autre que la quantité de travail qui y est incor* porée.
Marx dégage cette idée qne la force de travail produit quelque chose de plus que ce qui sert à iFentretenir, à la régénérer.
Thompson part plutôt de l'idée générale que le travailleur doit recueillir tout son produit. Son produit ici, c'est : 1* la reconstitution du capital consommé dans
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la production; 2"" V additionnai value^ la plus-^alwe. Tout prélèvement capitaliste est une réduction de la rémunération naturelle du travail : voilà bien la pensée de Thompson.
Il ne décompose pas, comme Marx, le processus en ses différentes phases, dominé par ce fait que le capitaliste achète, d*une part, la force de travail à un prix équivalent au travail qui la régénère, et, d*autre part, vend le produit de cette force à un prix équivalent à la quantité de travail en laquelle elle se résout dans les phénomènes de production.
L'analyse de Marx est beaucoup plus profonde, mais si Ton constate que, pour Thompson, le travailleur régénère, d'une part, Téquivalent du travail incorporé dans sa subsistance, de l'autre, engendre une plus-value, le résultat final est le même. Seulement il n'a pas comparé le travail nécessaire à produire la force de travail avec celui qui se dégage par l'application de celte force.
ISismondi semble serrer de plus près la doctrine moderne de la plus-value dans le passage suivant, resté oublié.
Il parle des deux sources de richesse autres que la terre : la vie, qui donne la faculté de travail, et le capital, qui salarie le travail. « Lorsque ces deux puissances sont réunies, elles possèdent en commun une force expansive, et le travail que l'ouvrier fera dans Tannée vaudra toujours plus que le travail de Vannée précédente, avec lequel cet ouvrier s'entretiendra. C'est à cause de celte mieuœ-value, qui est d'autant plus grande que les arts ou les sciences, dans leurs applications aux arts, ont fait plus de progrès, que l'industrie procure un accroissement constant de richesses. Cet accroissement peut, ou former le revenu des classes industrieuses, ou s'ajoutera leurs capitaux. Mais, en gêné-