II. — LA DTNAMIQUB ÊOONOMIQDB DB MALTHUS
trudifs. C'est là que la subsistance est la plus rare, le trayail nécessaire pour l'obtenir le plus pénible. Malthus dépeint la situation atroce des naturels de la Terre de Fea, de celle de Yan Diemen, des Tles Andaman, de la Nouvelle Hollande. Les cruels traitements infligés aux femmes limitent extraordinairement les naissances ; un ensemble de causes terribles atteint les générations qui ont réussi à se former : les guerres fréquentes, la malpropreté des habitations, la mauvaise nourriture, les maladies^ les épidémies qu^elles engendrent.
Malthus a, dans cette partie du ch. vi, livre I, abordé Tétude des invasions germaniques en véritable historien philosophe. C'est là que se révèlent les changements profonds que l'introduction d'une cause nouvelle peut apporter dans l'explication des événements, déjà interprétés par des penseurs comme Machiavel, Gibbon, Montesquieu. Pour Malthus, tant et de si tragiques événements, tous ces grands effets qui étonnent Timagination peuvent être rapportés à une cause fort simple, la supériorité du principe de population sur les moyens de subsistance. Les anciens Germains, avec la pureté de leurs mœurs, leur esprit d'entreprise, lui rappellent les modernes colons d'Amérique dont la population, d'après lui, doublait en 25 ans. Car Tétat bien moins avancé de la culture germanique ne permettait pas à la population de subir de suite deux périodes de doublement ou même une seule en 25 ans : lorsque le retour de la famine leur donnait le lugubre avertissement de l'insuffîsance des moyens de subsistance, au lieu de s'appliquer à s'élever à un système supérieur de culture, ils allaient |
en d'autres climats chercher des vivres. \
Lejpeuple romain fournit l'exemple d'une population I
<laQs la limitation de laquelle l'obstacle préventif intei^
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vient. Sous TËmpire, des habitudes vicieuses de tout genre^ propres à prévenir raccroissement de la population, paraissent avoir été tellement dominantes qu'au* cune loi n'a sufQ à les corriger.
Chez les peuples de Tantiquité^ l'obstacle préventif que Malthus appelle la contrainte morale n'exerce qu'une faible influence sur la population en comparaison avec les autres obstacles. Il n'y a guère que le Thibet qui présente l'action énergique de cet obstacle normal. Partout ailleurs, les obstacles destructifs sont prépondérants. L'obstacle préventif du vice a eu une influence considérable dans certains états déjà avancés de civilisation.
Si l'on se tourne maintenant vers les peuples modernes de l'Europe, la discipline du principe de la population n'aura plus en général d'aussi redoutables caractères. Malthus passe successivement en revue les peuples du Nord, la Suède, la Norvège, la Russie, ceux du centre ; la Hollande, la France, la Suisse, puis la Grande-Bretagne et l'Irlande. L'état peu avancé de la statistique obligeait Malthus à recueillir lui-même directement les faits^ et comme le dit justement M. Bonar, son biographe, il ne recula point devant ces investigations personnelles. En 1799, il visita la Suède et la Norvège, la Finlande et alla jusqu'à Saint-Pétersbourg ; en 1802, il vit la France et la Suisse.
En Norvège^ les obstacles destructifs de la guerre, des épidémies, delà famine, non plus que le vice n'exerçaient leur action, et cependant le progrès de la population était lent : c'est que l'obstacle préventif normal était décidément prépondérant. La Suède lui présenta un contraste avec la Norvège ; la population lui apparut en - excès relativement aux subsistances, même dans les an-