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Tel est l'état stationnai re qui résulte Gnalement de Yopération (Tune loi physico-chimique : la population arrêtée dans son développement, le salaire du travail limité à une grandeur absolue invariable» bien que correspondant à une proportion croissante, raccumulation des capitaux ne sollicitant plus à aucun degré l'intérêt personnel, le profit anéanti, et la part du propriétaire, qui ne correspond à aucun travail, portée relativement et absolument au maximum. C'est bien l'enchaînement inflexible de ces conséquences qui a laissé la trace la plus profonde dans la pensée des critiques de Ricardo ; ce sont les déductions de ce pessimisme tragique qui» d'une part, ont retenti dans les doctrines socialistes et, de l'autre, ont éveillé les protestations de Toptimisme, avec Carey et F. Bastiat.
§ 7. Les causes modificatrices de la loi hypothétique de la répartition» rétendue de leur action effeo^ tive d'après Ricardo. — Ainsi présentée^ la conception de Ricardo exprime à un plus haut degré qu'aucune autre, la subordination des phénomènes complexes de la répartition des richesses et, par là môme, des conditions économiques du développement physique, intellectuel.
^iSO DBUXIÊHB ÉPOQUE. — LA SCIENCE DBS RICHESSES
'moral des différentes classes de la société, aux lois du milieu extérieur et de la reproduction de Tespèce humaine. A la vérité, elle serait l'expression la plus radicale du matérialisme historique, au sens positif de Tassujettissement du supérieur à IHnférieur^ si l'opération des causes physicO'Chimique et biologique n*était contrariée et, même, ne pouvait être complètement suspendue par la cause psychologique et morale, par la prévoyance humaine, par la contrainte morale contenant Tessor de la population. C'est du degré d'efficacité qu'il assigne à son action régulatrice dans rétat social moderne, opposé à son efficacité virtuelle, que naissent toutes les contradictions apparentes ou réelles de Ricardo^ et la critique impartiale doit aboutir, à nos yeux, à cette conclusion que, dans sa pensée, parfois obscure ou hésitante, toujours sincère, ce sont les premières de ces causes qui l'emportent finalement.
1. Prix naturel et prix nécessaire du travail. — Le travail est une marchandise, aux yeux de Ricardo, et comme toutes les marchandises, il a un prix naturel et un prix courant. Le prix naturel, c'est le prix nécessaire pour permettre en général aux ouvriers de subsister et de perpétuer leur race sans accroissement ni diminution. Ricardo va immédiatement lui-même au-devant d'une interprétation étroite de sa pensée, en disant, ce que M. A. Marshall a justement rappelé (1), que le prix naturel n'est pas une quantité absolument fixe et constante de subsistances et de consommations néces' saires (necessaries), mais qu'il dépend essentiellement des habitudes et des mœurs du peuple. C'est donc aussi une grandeur relative au lieu et au temps, une grandeur
(i) Alfred Marshall, Principles of Economies^ I, p. 553.