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historique pouvant varier avec la diversité, avec l'évolution des besoins, avec le standard of life. M. Marshallreproduit cet admirable passage de Ricardo, qui témoigne de son intérêt profond pour le standard of life élevé : « Tous les amis de Thumanité doivent désirek* que les classes laborieuses cherchent dans tous les pays, in ail countriesyle bien-être, les jouissances légitimes, et soient poussés par tous les moyens légaux à les acquérir. Ont ne saurait o|[>poser un meilleur frein à une population exubérante. ».
Considérez que le prix naturel du travail correspond^ à la stabilité invariable et constante de la population : dès lors ce prix naturel pourrait indéGni ment s'élever au-dessus de sa composition initiale, avec tous les pro-. grès du standard of life des ouvriers salariés,
A. Gannan admet l'hypothèse originale où le change* ment dans les mœurs et les habitudes du peuple serait> tel que le prix naturel du travail, correspondant à la CQn« servation d'une population invariable» s'élevât à 1001. st. par semaine, par exemple, au lieu de i livre, c La population ne s'accroîtrait pas, l'avantage de toutes les améliorations successives serait acquis par les travailleurs (i). 9 Rien dans Ricardo n'exclut a /^rzori cette hypothèse. Mais ce serait là la récompense d'une prévoyance absolue, d'une discipline inflexible et permanente du principe de population : toutes les augmenta-* lions durables du salaire courant seraient invariablement incorporées au standard of life^ et l'offre du travail restant constante, aucun monvement de recul du salaire ne s'opérerait dans une société progressive, caractérisée par Taugmentation du capital et de la demande de travail.
(1) Cannan, Theoriei ef Production and Distribution, p. 24d.
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On peut concevoir aussi que toutes les augmentations successives du salaire courant, au lieu de s'incorporer au siandard of life^ soient appliquées à la multiplication de Tespèce humaine et alors, dans eette hypothèse extrême, l'expression du salaire naturel ne sera autre que le standard of life permanent, conforme aux habitudes du pays et auquel correspond une population en équilibre. La notion du salaire naturel, chez Ricardo» rapprochée de celle de Torrens qui a exercé sur lui une influence directe, mise en lumière par M. Cannan (1), en diffère par un côté essentiel. Chez Torrens, )e salaire naturel est une moyenne autour de laquelle flotte continuellement le salaire courant ; chez Rîcardo, c'est une grandeur au-dessus de laquelle le salaire courant peut se maintenir pendant une durée indéfinie. La ten* dance historique du salaire peut, dès lors, apparaître comme une tendance régressive.
M. Marshall rappelle qu'après avoir écrit l'admirabie passage cité tout à Pheure, Ricardb ne juge pas utile de leproduire constamment sa pensée. Au cours de son ar^ gumentation, il semble mème^ ajoute-t*il, admettre la tendance de la population à s'accroître aussi rapidement que le salaire s"élève lui-même au-dessus des pures nécessités de la vie ; une loi naturelle aurait alors pour effet de fixer le salaire au niveau de ces pures nécessités, elle ne serait autre chose que la loi d^ airain du sa* laire(2).
Et, à cet égard, peut-on dire que Ferdinand Lassalle ait dénaturé la pensée de Ricardo? On peut justemei&t reprocher à Lassalle de n'avoir pas eité le passage élo-«
(1) Cannan, id., p. 243 s.
(2) A* Marshajj.^ Prtncfpi^s of Usanamc^^ p« 55^ i.
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quent de Ricardo, reprodait ci-dessus, mais, pour lé surplus^ il n'a pas altéré les termes de Ricardo : « Le> plus grand matire de F économie bourgeoise, comme il l'appelle^ est devenu un personnage gênant pour elle, depuis qtïil avait franchement exposé les résultats de ses recherches scientiGques » (1) ; dans sa lettre au proies** seur Rau, il dit : < J ai expliqué aux travailleurs que Yenireiien nécessaire usuel et conforme aux habitudeà du peuple n'était nullement un point fixe du salaire du travail, mais que ce dernier était compris dans unie gra^ vitation constante autour de ce point central ; qu'il peut très bien monter pour un temps par suite de la hausse de la demande, mais que par Taccroissement des ma-» riages et du nombre des travailleur», il retombe toujouti au pcHUt central de l'entretien nécessaire en usage cbet le peuple, etc. (2). » « M. le professeur Rau me combattit en apparence, dit-il encore dans sa conclusion, et déclara que ma loi du salaire n'est pas vraie, sauf s'il survient une augmentation trop considérable de population. Mais eette augmentation a-t-elle lieu ou non ? (3) » C'était si bien une réponse affirmative que Ricardo donuait aux yeux mêmes des économistes à cette question, qu'il suffit, pour s'en convaincre, de lire l'article salaire du Dictionnaire de V économie politique de Goquetin. 11 a pafu plus de dix ans avant Tœuvre de Lassalle (4). Quant è attribuer la loi d'airain du salaire aux écoles socialistes mêmes, ou à affecter de croire, comme on n'a pas craint
{i)M. Bastiat, Schulze de Delitzschy Capital; et travail, trad. Honti et De Paepe, p. 306.
(2) Lettre à Rau, trad. Malon, Ferdinand Lassallb, Capital et travail, p. 316, citée par Ashley.
(3) Trad. MonU, p. 309.
(4) Edition Gaillaumin^ p. 571, 572.
de le faire, qu'elle soit à leurs yeux inéluctable, même en régime de production capitaliste, il sufGt du plus superficiel examen pour se convaincre que c'est une grossière erreur (1).
M. Ashley a iogénieusement rapproché des extraits notablement différents de la première et de la dernière éditions des Principes de Ricardo, qui servent à éclairer la portée des efforts de réhabilitation du grand économiste, mais l'interprétation qu'il en donne doit subir des corrections, d'après nous.
Dans ces deux passages, Ricardo distingue les contrée» pauvres des contrées riches : les unes sont pauvres, en ce sens que les besoins des classes travailleuses sont réduites au minimum^ et les populations satisfaites d'un tel standard of life sont abandonnées à l'indolence, bien que les terres mal exploitées ou inexploitées puissent fournir une abondante subsistance. En 1817, il signale; l'Irlande et la Pologne comme exemples de ces contrées pauvres \ en 1821, il ne parle plus qu'en termes généraux ; les contrées riches sont celles où toutes les terres fertiles sont cultivées, et où les nouvelles applications de capital sont de moins en moins productives et dès lors de moins en moins souhaitables. Cependant, le passage célèbre cité plus haut propose comme remède uniforme, dans toutes les contrées^ et par conséquent dans les contrées riches et les contrées pauvres, le développement des besoins de confort, l'élévation du standard of life. Malgré la généralité des termes, M. Ashley pense que celte conclusion ne s'applique qu'aux contrées pauvres. Il me semble que l'on pouvait maintenir leur com-
(1) V. la critique de De Paepe, p. 34 et suivantes, delà traduction Monti et notre volume sur !a Dépression économique.