III. — LA DYNAMIQUE ÉCOMOMIQUB DE RICARDO
mune application aux unes et aux autres. Dans les pays pauvres, le développement des besoins stimule directement l'énergie productrice et développe, par là, la production elle-même ; dans les pays riches, où cette stimulation serait moins efQcace, le maintien d'un standard of life supérieur réfrène directement la multiplication de l'espèce par la crainte, qu'elle tait naître, d'une diminution irrémédiable de bien-être pour la génération existante et Us générations futures.
Un argument plus décisif nous est fourni par les textes mêmes des diverses éditions des Principes ; c'est qu*en effet la préoccupation dominante de Ricardo se révèle dans des passages qui précèdent les citations de MM. Marshall et Âshley : « Dans les colonies nouvelles où l'on introduit les arts et les connaissances des pays plus avancés en luxe, il est probable que les capitaux tendent à a'accroitre plus vite que l'espèce humaine ; et, si des pays plus peuplés ne suppléaient au manque de bras, cette tendance élèverait considérablement le prix du travail. A mesure que ces établissements deviennent plus peuplés, et que Ton commence à défricher des terres de mauvaise qualité, les capitaux n'augmentent plus aussi rapidement ; car l^xcédent des produits, après que les besoins de la population ont été satisfaits, doit nécessairemeat être proportionné à la facilité de la production, c'est-à-dire au petit nombre de personnçs qui y sont employées. Quoiqu'il soit donc probable que, dans les circonstances les plus favorables, le pouvoir productif surpasse encore celui de la population, cela ne saurait continuer longtemps ; car retendue du sol étant bornée^ et ses qualités étant différentes, à chaque nouvel emploi du capital, le taux de la production diminuera^ tandis que le progrès de la population . reste toujours le méntë
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(whilst the potoer of population continues alwatp thé samé) (1).
N*est~il pas évident qae V effort des amis de rhuma^ nité viendra le plus souyent se briser, aux yenx de Ri«* cardo, au moins dans l'état social moderne, coatre «me irrésistible tendance, et dans cette distinction des con«« trées pauTres et des contrées riches, si propre d^ailleurs à égarer le lecteur, les contrées dites riches ne sont-elles pas précisément caractérisées par la pression croissante de la population^ et la manifestation de plus en plus décisive de la loi de rendement décroissant de la terre ?
La théorie de Ricardo snr la répercussion éès impôts et la correspondance qui s'y rapporte nous font assister avx luttes intérieures de ce ferme et loyal esprit.
Dans le chapitre xxvi des Principes sur le revenu bruê et le revenu nei, on lit ces mots : < Le produit total de la terre et du travail dans tout pays est divisé en trois parts dont Tune est assignée aux salaires, une autre au profit, et la troisième à la rente. C'est sur ces deux der* nierez portions exclusivement que Ton peut opérer toute déduction pour les impôts et pour Tépargne ; la première, si elle est modérée, constituant toujours les dépenses nécessaires de la production. » Cette thèse tend à rapprocher le salaire naturel d'une grandeur phjFsiqiM^ correspondant au minimum d'existence. Dans hê Iroi* sième édition, Ricardo, en laissant subsister le psssc^, ajouta cependant en note : « Peut-être ceci est^il exprimé avec trop de force, la part attribuée généralement au travail étant supérieure à ce qui constitue les dépenses absolument nécessaires de la production. Dans ce cas,
(1) Principles, édit. Gonner, p. 75-76; Principes, traduction Constancio, 1819, 1, p. 137, édit. Gaillaumin, p. 71.