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LE CONCILE DE TRENTE ET LA RESTAURATION CATHOLIQUE

Réformes à la cour pontificale et tentatives de conciliation avec les pro> testants. — Mesures défensives; l’Inquisition (1542), l’Index, les Jésuites. — Concile de Trente (1545-1563).

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La papauté , prise aii dépourvu , avait en quelques années perdu la moitié de son empire. La nécessité d’une réforme de l’Eglise dans ses mœurs et dans sa discipline avait d’abord été le texte développé par tous les ennemis du saint-siège. Il fallait leur ôter cette arme. Les successeurs de Clément VII le comprirent, ét alors commença, à la cour pontificale et dans toute l’Église catholique, un admirable travail. Réformer la discipline ecclésiastique , imposer au clergé la pureté des mœurs, réveiller la foi des peuples, voilà quelle fut l’œuvre entreprise par cinq pontifes qui gouvernèrent l’Église pen-

LE CONCILE DE TRENTE, ETC

dant la seconde moitié du seizième siècle, Paul III, Paul IV, Pie IV, Pie V et Sixte-Quint.

Paul III, qui à certains égards tenait encore de l’âge antérieur, inaugura cette nouvelle politique, en n’élevant au cardinalat que des hommes distingués par leurs talents et leurs vertus. Les protestants eux-mêmes ne purent qu’applaudir à la promotion de prélats tels que Gontarini, Sadolet, Garaffa et Ghiherti. La rote *, la pénitencerie, la chancellerie romaine reçurent une meilleure organisation. L’abus des dispenses, la simonie furent poursuivis, et il y eut un moment où ce travail parut conduire à la fin souhaitée, à une réconciliation avec les protestants ; car les conseillers les plus écoutés du pape , surtout Gontarini , admettaient le dogme fondamental des protestants , la justification par la grâce, et montraient un ardent désir d’introduire des réformes dans les mœurs et dans la discipline.

Au colloque de Ratisbonne, en 1541 , où le sage Gontarini était venu comme légat du pape, on put croire la paix enfin conclue. L’empereur, qui se préparait à une grande guerre contre la France , désirait vivement arriver à un compromis; Luther lui-même, bien fatigué de ses luttes contre les anabaptistes et contre les sacramentaires, bien désabusé en voyant les princes s’emparer de sa réforme pour en tirer profit, ne semble pas y avoir été très-opposé. Les protestants envoyèrent à la conférence leurs plus pacifiques théologiens, Bucer et Mélanchthon. Mais les princes réformés furent moins dociles que les docteurs. Ils intervinrent dans la discussion; ils rédigèrent les articles « à leur façon, » dit Luther lui-même ; « Notre excellent prince, ajoute-t-il, m’adonné à lire les conditions qu’il veut proposer pour avoir la paix avec l’empereur et nos adversaires. Je vois qu’ils regardent toute cette affaire comme une comédie qui se joue entre eux.

4 . Rote, tribunal de onze docteurs ecclésiastiques nommés auditeurs de la rote, et pria dans les quatre grandes nations catholiques d’Italie, de France, d’Allemagne et d’Espagne, parce que ce tribunal est chargé de Juger toutes les questions relatives aux bénéfices ecclésiastiques dans toute la catholicité. Le nom de rote, qui signifie roue , vient sans doute de la mosaïque circulaire qui décore la salle où ils se réunissent.

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