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CHAPITRE II

de France n'eurent plus pour lui qu’une importance secondaire. Un prince autrichien, Sigismond, venait de lui engager pour une somme d’argent le landgraviat de haute Alsace et le comté de Ferrette ; il acheta le Gueldre et le comté de Zutphen (1469). En voyant s’augmenter ainsi ses domaines dans les vallées de la Meuse et du Rhin, il songea à réunir tous les pays qui avaient autrefois composé la part de Lothaire, et à en former un nouveau royaume sous le nom de Gaule Belgique. Ses États formaient deux groupes séparés et qui eussent pu être réunis par la Champagne, par la Lorraine ou par l’Alsace. H avait manqué la Champagne, mais il tenait l’Alsace, il comptait prendre sans difficulté la Lorraine; la Suisse viendrait après, puis la Provence, et la Lotharingie serait reconstituée. Il commença par où il eût dû finir. Il demanda à l’empereur le titre de roi (1473). Louis empêcha la négociation d’aboutir.

Il échouait de ce côté, et de l’autre il voyait une ligue se former entre le jeune duc de Lorraine, René H, l’archiduc Sigismond, les villes du Rhin, qui se sentaient menacées, les Suisses que son agent en Alsace, Hagenbach, avait gênés dans leur commerce par mille exactions, enfin l’éternel ennemi, le roi de France, l’instigateur de cette coalition qui enlaçait les États bourguignons. L’archiduc lui apporte tout à coup les 100 000 florins convenus pour le rachat de l’Alsace ; Hagenbach est saisi et décapité par les habitants de Brisach (1474). Avec cette nouvelle, le duc reçoit le solennel défi des Suisses, qui entrent en Franche-Comté, qui gagnent sur les Bourguignons la sanglante bataille de Héricourt. Et ces événements arrivaient au moment où il était lui-même engagé dans une autre guerre pour soutenir l’archevêque de Cologne contre le pape, contre l’empereur, contre ses sujets. R assiégeait, au nom de ce prince, la petite ville de Neuss, qui résista onze mois. Pendant qu’il perdait de ce côté son temps et ses forces, Édouard IV, son beau-frère et son allié, descendait enfin à Calais.

Édouard s’attendait à ime courte et glorieuse campagne. Ses espérances se dissipèrent lorsqu’il eut fait quelques pas dans l’intérieur du pays. Les villes bourguignonnes ne s’ouvrirent

pas pour recevoir l’allié du duc de Bourgogne ; les soldats bourguignons ne parurent pas pour se joindre aux troupes anglaises qui se trouvèrent sans abri, sans magasins. Il comptait au moins entrer à Saint-Quentin, où commandait Saint- Pol, le secret allié de Charles le Téméraire. Il fut reçu à coups de canon. Déçu, irrité, il s’empressa d’accepter les conditions avantageuses auxquelles Louis XI offrait de traiter. Par la paix de Pecquigny, « les deux rois promirent de s’assister réciproquement contre leurs sujets rebelles; » de plusf, Édouard obtenait 75 000 écus comptants et une rente viagère de 50 000 (29 août 1475).

Il fallut bien alors que le Téméraire aussi s’apaisât. Le 13 septembre suivant, il signa avec le roi de France la trêve de Soleure, pour terminer ses affaires de Lorraine et de Suisse. Le 30 novembre, en effet, il entrait à Nancy; la Lorraine , abandonnée du roi , qui avait pourtant le premier poussé René à prendre les armes, était conquise. Aussitôt Charles se tournait contre les Suisses, qui couraient h leur aise dans la Franche-Comté, brûlant et pillant. Il les attaqua en plein hiver, avec une armée de 18 000 hommes, qui venaient de faire deux fatigantes campagnes. Il fut complètement battu à Granson (mars 1476), et trois mois après à Morat.

La Lorraine, à ces nouvelles, se soulève et rappelle le jeune René de Vaudemont. Ce dernier affront fait perdre au Téméraire toute prudence. Il rassemble à la hâte 6000 mercenaires et accourt devant Nancy. Mais René, avec l’argent de Louis XI, trouve des soldats : les Suisses , avec lesquels il a combattu à Morat, viennent à son aide. Le Téméraire ne veut pas reculer et accepte un combat inégal. En quelques heures les Bourguignons sont mis en déroute, et c le grand-duc d’Occident » reste parmi les morts (1477).

Ruine des grandes nulsonR féodales. Mort de liOuls XI

(fl48S).

Pendant que Charles le Téméraire allait se heurter et se perdre contre les Allemands, les Lorrains et les Suisses,

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