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CHAPITRE XVIII

Les pays du Nord et l’Allemagne à l’époque de la guerre de Trente ans. — Guerre de Trente ans : Périodes palatine et danoise (1618- 1626). — Périodes suédoise et française (1630-1648).

l.e« paya du Kord et l’Allemagne à l'époiiae de la gnerre de Trente an*.

Au seizième siècle la balance politique ne changeait pas encore dans le Nord, quoique à de certains signes on pût déjà prévoir que la Russie allait monter et la Pologne descendre. L’une, en effet, se rassemblait peu à peu sous la main des ducs de Moscou et sous leur autorité absolue ; l’autre, à l’extinction des Jagellons, en 1572, devenait un royaume électif ou plutôt une république aristocratique et turbulente qui conférait le titre de roi au prince étranger dont elle concevait le moins d’ombrage. C’est ainsi qu'en 1573 elle avait élu le duc d’Anjou, qui fut notre triste Henri III, et après qu’il se fût sauvé de Varsovie, Étienne Battory, prince de Transylvanie (1575); enfin en 1587, Sigismond, fils du roi de Suède Jean III. Sigismond, privé par son oncle Charles IX, de sa couronne patrimoniale, s’appuya contre lui pour la ressaisir sur l’Autriche et commença en 1598, entre la Pologne et la Suède, une guerre qui durait encore en 1629, quand Richelieu s’interposa pour la faire cesser. Elle eut pour principal théâtre la Livonie et la Prusse, et la Russie y fut mêlée. La noblesse polonaise conservait une sève militaire qui la fit paraître avec honneur dans ces longs débats. La Russie, au contraire, troublée par les divisions intestines qui l’affaiblirent, entre l’extinction de la descendance mâle de Rurick (1598) et

l’avénement des Romanoff (1613), perdit les avantages qu’elle devait à Ivan IV. A la paix de Stolbova (1617), elle céda à la Suède la Carélie et l’Ingrie, c’est-à-dire qu’elle s’interdit la Baltique; à celle de Divilina, en 1618, elle restitua à la Pologne Smolensk et Tchernigov, ce qui la refoulait dans ces déserts d’où elle tentait déjà de sortir. A ce moment donc où la guerre de Trente ans éclatait en Allemagne, Sigismond avait glorieusement défendu sa couronne de Pologne, mais il n’avait pas recouvré celle' de Suède que portait depuis 1611 son cousin, Gustave-Adolphe, petit-fils du glorieux fondateur de la maison de Wasa.

Gustave Wasa avait établi en Suède l’autorité à peu près absolue du roi et la réforme luthérienne. Celle-ci, menacée par son fils Jean III, parles menées du roi d’Espagne, Philippe II, et par les attaques du roi de Pologne Sigismond, s’enracina dans le pays et y prit ce caractère d’intolérance fanatique dont elle donne maintenant encore des preuves si déplorables. Un autre résultat des hostilités entre la Suède et la Pologne fut que celle-ci ayant été secourue par l’Autriche, celle-là se trouva naturellement amenée à prendre les armes contre la maison de Habsbourg, quand les troupes impériales arrivèrent sur les bords de la Baltique. La force que la royauté a prise en Suède, l’énergie du sentiment luthérien dont les Suédois sont animés nous expliqueront, avec les talents de Gustave et les fautes de ses adversaires, le rôle brillant que la Suède jouera bientôt sur le continent germanique.

Le Danemark n’a pas ces avantages. En 1618, son roi, Charles IV, n’est point un prince remarquable, et le gouvernement est faible parce qu’il est soumis à une sorte d’oligarchie formée par la haute noblesse. En outre, si la marine danoise est respectable, ses troupes de terre le sont peu, parce que ce sont encore des levées féodales, dont les seigneurs bien ^us que les rois disposent. Quoiqu’il possède la Norvège et les provinces méridionales de la Suède, le Danemark ne paraîtra pas avec honneur dans le grand conflit qui se prépare.

Quand Gharles-Quint, tombé du haut de ses espérances, avait résolu, au milieu du siècle précédent, d’abdiquer ses

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