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CHAPITRE XVIII

avec la Suède ; avant qu’elles eussent abouti, le roi de Danemark entra dans l’Empire pour ne pas laisser à Gustave- Adolphe le grand rôle de protecteur de la Réforme allemande. La Hollande, l’Angleterre lui promettaient l’appui de leurs flottes et des subsides. Richelieu lui envoyait en secret quelque argent. Christian IV, appelé par les États de la basse Saxe, franchit l’Elbe à Stade (1625) et tint pendant une première campagne le pays entre ce fleuve et le Weser sans que Tilly osât l’y attaquer. L’année suivante un autre ennemi se leva sur ses derrières.

Un noble de Bohême, Waldstein, perfectionnant le procédé imaginé par Mansfeld, d’entretenir une armée sans solde, avait équipé au nom de l’empereur 50 000 hommes. Ferdinand n’avait jusqu’alors soutenu la guerre qu’avec les troupes de la ligue catholique : Tilly commandait au nom du duc de Bavière ; les ordres pour les opérations militaires émanaient de la cour de Munich, et la conduite des affaires était subordonnée aux intérêts de Maximilien et de ses alliés, non aux vues de la maison d’Autriche. Or, la guerre commencée pour des intérêts religieux prenait maintenant un caractère politique. Ferdinand II semblait n’avoir d’abord combattu que l’hérésie; il songeait à profiter des victoires gagnées au nom de la religion pour reprendre dans l’empire l’autorité que Charles-Quint avait un moment saisie. Wald|tein lui en offrait le moyen. Tandis qiin Tilly attaquait les D^^s par l’ouest et détruisait en partie l’armée royale à Lutter, dans le duché de Brunswick, Waldstein battit Mansfeld à Dessau, près du confluent de la Mulde et de l’Elbe, le poursuivit à travers la Silésie, et le rejeta en Hongrie. Reçu froidement par Bethlen Gabor, prince de Transylvanie, qu’il croyait trouver en armes prêt à se joindre à lui, l’aventurier, brisé par la fatigue etla maladie, alla mourir dans un village de la Bosnie, mais voulut mourir debout (1626). Waldstein revint alors contre les Danois; il battit le margrave de Bade-Dourlach à Hilligenhagen, en Wagrie, et s’empara de presque tout le Holstein ; mais il attaqua vainement la ville hanséatique de Stralsund, dont la prise lui eût livré la domination de la Baltique. Christian profita de quelques avantages partiels pour conclure la

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paix à Lubeck et conjurer sa ruine par l’abandon de ses alliés (22 mai 1626).

Jamais la puissance impériale n’avait été plus menaçante. Waldstein, investi du duché de Mecklenbourg et du titre d’amiral de la Baltique, occupait le nord de l’Allemagne avec 100 000 hommes, et faisait exécuter l’édit de restitution par la force. C’est le 6 mars 1629 que Ferdinand avait promulgué cet acte célèbre par lequel tous les couvents et tous les biens ecclésiastiques sécularisés depuis la paix d’Augsbourg, ou appropriés au culte protestant, devaient être rendus à leur destination primitive. Cet acte était une grande faute ; en dé- • voilant trop vite les secrets desseins de la maison d’Autriche, il devint pour elle la cause de longs malheurs. Les catholiques, que cette mesure avait d’abord comblés de joie, ne tardèrent pas, en effet, à en comprendre la portée, lorsqu’ils virent l’empereur donner à un de ses fils quatre évêchés à la fois, et livrer aux jésuites une grande partie des biens restitués, au lieu de les rendre à leurs anciens possesseurs. Waldstein disait tout haut « qu’il ne fallait plus d’électeurs et de princes, et que tout devait être soumis à un seul roi, comme en France et en Espagne. »

Mais Richelieu veille sur un dessein qui l’alarme pour la France. Déjà il a fait échouer en Italie les prétentions de la maison d’Espagne sur la Valteline et sur Mantoue (voy. p. 293). Lors même qu’on croirait toute son attention absorbée par les affaires de l’intérieur, il ne cesse d’agir par la diplomatie, prodiguant l’or de la France, en attendant qu’il puisse tirer l’épée. A la diète de Ratisbonne (1630), il obtient, par l’habileté du P. Joseph, son émissaire, le renvoi de Waldstein, contre lequel s’élèvent les clameurs de l’Allemagne entière, et n’en fait pas moins refuser au fils de l’empereur le titre de roi des Romains, qui était le prix tacite de cette destitution. Il fait plus encore. Au moment où Ferdinand se prive de son meilleur général, et réduit son armée à moins de 40 000 hommes , le roi de Suède, appelé par Richelieu, débarque en Poméranie (1630).

Le roi de Pologne Sigismond, fier de ses succès sur les Russes et du rôle qu’il avait pris, en 1619, de protecteur de

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