CHAPITRE XVni
la maison d’Autriche, avait recommencé les hostilités contre son jeune parent, qu’il qualifiait d’usurpateur. Il ne connaissait pas la force de celui qui allait être le héros de la guerre de Trente ans. Gustave prit Riga en 1621, toute la Livonie en
1625, et une partie de la Prusse l’année suivante. Mais en
1626, Sigismond obtint que Ferdinand lui rendît l’assistance qu’il avait reçue de lui. Les troupes autrichiennes vinrent aider les Polonais, et Gustave battu (1629) se trouvait dans une position difficile, quand Richelieu, aidé de l’Angleterre et du Brandebourg, lui persuada de laisser là cette guerre stérile. Par la trêve d’Altmark qu’il ménagea, les hostilités furent suspendues pendant six ans ; la Livonie et les côtes de la Prusse restaient aux Suédois (sept. 1629).
Gustave était libre maintenant; Richelieu le jette sur l’Allemagne, en lui accordant un subside annuel de 1 200 000 livres, et en lui montrant, pour exciter son ardeur, d’immenses dépouilles à saisir, ses coreligionnaires à venger, et un grand rôle à jouer sur un théâtre retentissant (traité de Bent'ald, janvier 1631).
Pérlodeü «nédoise et franealse (lttSO-ltl4S).
Gustave-Adolphe apparaît dans l’Empire comme un foudre de guerre ; il invente une tactique nouvelle qui déconcerte ses adversaires; en quelques mois, il s’empare de toute la Poméranie (1630). Les électeurs protestants de Brandebourg et de Saxe voudraient arracher des concessions à Ferdinand II, sans les devoir à un prince étranger : ils refusent d’ouvrir à Gustave leurs États et leurs forteresses dont il a besoin pour appuyer ses opérations offensives et assurer ses communications avec la Suède. Magdebourg, que les Impériaux assiègent, est perdue par ces hésitations, car Gustave-Adolphe ne peut la sauver, et Tilly la traite avec une épouvantable férocité (mai 1631). Ce grand désastre décide e^n les électeurs; Gustave- Adolphe, libre' de courir aux Impériaux, les bat k Breitenfeld, près de Leipzig (septembre). Tandis que les Saxons marchent sur Vienne par la Bohême, lui-même soulève ou soumet les provinces de l’ouest, les électorats ecclé-
siastiques, la Franconie et le Palatinat. Quand il a ainsi séparé les Espagnols des Impériaux, il se retourne contre ceux-ci, pour les attaquer au cœur même de leur puissance. Il s’empare de Donauwœrth, qui lui ouvre l’entrée de la Bavière ; il force le passage do Lech dans un combat d’artillerie où Tilly est blessé mortellement, et entre dans Munich (avril 1632); le duc Maximilien, caché dans ses châteaux, attend, sans espérance, le sort qu’il a fait subir au comte palatin,
Ferdinand II, menacé de voir les Suédois et les Saxons se réunir sous les murs de Vienne, se soumet à l’humiliation de recourir au général qu’il a chassé ; mais il ne triomphe des hésitations calculées de Waldstein qu’en lui cédant un commandement absolu. Grâce à sa réputation, qui a grandi encore dans la retraite, le célèbre général retrouve bientôt une armée : il chasse sans peine les Saxons de la Bohême, et marche ensuite à Gustave-Adolphe par Egra, où le duc Maximilien vient lui amener les débris de son armée. Les deux adversaires, sur qui l’Europe entière a les yeux, se rencontrent enfin à Nuremberg; ils restent six semaines en présence. Waldstein se lasse le premier et se relire sur la Saxe ; Gustave l’y suit. A Lutzen ils en viennent aux mains. Dès le commencement de l’action, le roi est frappé à mort; son meilleur élève, le duc Bernard de Saxe- Weimar, achève cependant la victoire (novembre 1632).
Les divisions qui éclatent entre les protestants et les Suédois la rendent inutile ; les Impériaux reprennent partout l’offensive, et Ferdinand II croit n’avoir plus besoin du général auquel il doit son trône, mais dont il redoute l’ambition : Waldstein est assassiné à Egra au moment où son astrologue lui promettait la couronne de Bohême (fév. 1634). Ses successeurs, Piccolomini, Galas, Jeanne Werth, triomphent avec son armée des Suédois et de Bernard, à Nordlingen (sept.). Ils leur tuent 12 000 hommes, leur en prennent 6000 avec le comte de Hom, un de leurs meilleurs généraux, et les rejettent partie sur le Rhin, partie vers la Poméranie, Les princes allemands renoncent encore une fois à la lutte ; le traité de Prague, accepté par l’électeur de Saxe, consacre avec quelques réserves Védit de restitution (mai 1635) .